Biens mal acquis : Paris et Alger ouvrent le dossier

Par : la rédaction   

Après des années de blocage judiciaire et diplomatique, le dossier des biens mal acquis connaît un tournant décisif. Lors de sa visite à Alger du 18 mai 2026, le Ministre Français de la Justice Gérald Darmanin a confirmé que plus d’une centaine de demandes d’Algérie visent à récupérer des biens saisis et confisqués issus de la corruption d’anciens responsables Algériens.

Une nouvelle dynamique de coopération judiciaire

La visite de Darmanin, accompagné de Magistrats spécialisés dans la criminalité financière, marque l’ouverture d’un « nouveau chapitre de la coopération judiciaire » entre les deux pays Méditerranéens.

L’Ambassadeur de France à Alger, Stéphane Romatet, a souligné que cette coopération sur les biens mal acquis et l’extradition d’ex-responsables recherchés par la justice Algérienne connaîtra « prochainement une nouvelle dynamique ».

Le procureur national financier Français a travaillé « en toute indépendance » avec ses homologues Algériens, selon le Ministre Français.

Une invitation à Paris pour approfondir le dossier

Les autorités judiciaires Algériennes ont été invitées à venir à Paris début juin pour « approfondir ce dossier » et porter devant la justice Française les dossiers de saisies et confiscations concernant d’anciens responsables Algériens. Cette rencontre permettra de concrétiser les procédures de restitution au peuple Algérien.

Le contexte : des demandes restées sans réponse

Ce rapprochement intervient après que le Président TEBBOUNE avait remercié la Suisse et l’Espagne pour leur coopération dans ce dossier le 6 avril 2026, tandis que 61 commissions rogatoires adressées à la France étaient restées sans réponse, selon un communiqué de la Présidence Algérienne.

Parmi les affaires pendantes, la plus connue reste celle de l’ancien Ministre Algérien de l’Industrie Abdeslam Bouchouareb, que la justice Française a refusé d’extrader.

Une centaine de personnalités visées

Les enquêtes déclenchées à partir d’Alger ciblent selon les sources une centaine de personnalités de l’ancien régime de Bouteflika. La justice Algérienne a sollicité l’entraide judiciaire Française afin d’établir le patrimoine réel de ces ressortissants Algériens établis en France.

Ce dossier s’inscrit dans le processus engagé par le Chef de l’État Abdelmadjid TEBBOUNE visant à récupérer les biens mal acquis pour les rendre au peuple Algérien.

Un climat diplomatique en voie de normalisation

Ce rapprochement judiciaire coïncide avec un climat diplomatique moins tendu entre Paris et Alger, après plusieurs années de tensions et la crise de juillet 2024 qui avait provoqué une paralysie totale des relations. La présence du patron du Parquet National Financier Français donne la mesure de l’importance accordée aux questions de grande délinquance financière, de blanchiment et de saisie de biens criminels.

Les deux pays souhaitent désormais porter devant la justice Française ces dossiers de saisies et de confiscations « avec la coopération de la justice Française », a précisé Darmanin.

Par : la Rédaction – Lille

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