
Par : Abdelkader REGUIG
Le Président Algérien Abdelmadjid TEBBOUNE a accordé, ce samedi 3 octobre 2026 à 21h, une entrevue périodique aux représentants de la presse nationale, diffusée sur les chaînes de télévision et de radio nationales. Derrière les annonces économiques et les dossiers sécuritaires, un fil conducteur traverse l’ensemble de son intervention : la souveraineté. Et cette souveraineté, l’Algérie la doit d’abord à un principe fondateur, celui du non-alignement.
Le non-alignement, une doctrine vivante
Le chef de l’État a réaffirmé une diplomatie souveraine et équilibrée, déclarant que l’Algérie ne renoncera à ses relations d’amitié et de partenariat ni avec la Russie, ni avec les États-Unis, ni avec la Chine. Une phrase qui, à première vue, peut sembler banale. Elle ne l’est pas.
Car ce que dit le Président, c’est que l’Algérie discute avec Washington, Moscou et Pékin en même temps. Que Washington lui-même qualifie l’Algérie de partenaire essentiel. Que le dialogue stratégique, la coopération diplomatique, économique et sécuritaire se poursuivent avec les trois capitales. Que le Ministère Algérien des Affaires Etrangères confirme des liens constants et forts avec la Russie et la Chine.
L’Algérie n’est pas d’accord sur tout avec chacun de ses interlocuteurs. Tout le monde le sait. Pourtant, elle parle. Pourtant, elle est écoutée. Pas debout dans l’entrée : assise à la table, au même niveau que tous les autres.
Choisir selon ses intérêts, pas selon ses humeurs
C’est là toute la différence entre une diplomatie d’alignement et une diplomatie de non-alignement. L’Algérie ne choisit pas ses interlocuteurs selon ses sentiments ou ses préférences. Elle choisit selon ses intérêts.
Ceux qui voudraient qu’elle ferme sa porte ne défendent pas sa dignité. Ils veulent son isolement. L’Algérie ne mendie rien à personne. Elle ne se soumet à aucune puissance. Elle n’a pas besoin de s’aligner sur qui que ce soit pour exister, ni de payer pour obtenir une reconnaissance que son nom lui donne déjà. Elle n’a pas à acheter son accès, ni à vendre sa parole pour être acceptée. Elle n’a pas non plus besoin de se placer sous la protection de quelqu’un pour exister sur la scène internationale.
Elle parle à tout le monde sur un pied d’égalité et de respect mutuel. C’est cela, sa vraie force. Et c’est précisément cela que certains ne parviennent pas à digérer.
Le Niger : responsabilité régionale, pas alignement
Le Président a révélé que l’Algérie avait envoyé des avions militaires au Niger pour parer à une tentative de déstabilisation, tout en précisant que le pays avait refusé de participer à une opération militaire étrangère visant à libérer l’ancien président Mohamed Bazoum.
La distinction est capitale. Aider un pays voisin à défendre son intégrité face à une tentative de déstabilisation relève de la responsabilité régionale. Participer à une opération de changement de régime pilotée de l’extérieur relève d’une tout autre logique. L’Algérie n’a pas varié sur son principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des États. Elle ne l’a pas fait au Niger, elle ne le fera pas ailleurs.
L’économie au service de l’indépendance
Sur le plan intérieur, le Président a abordé la question du pouvoir d’achat et des prix agricoles, indiquant que la plupart des agriculteurs ne sont pas responsables de la hausse des prix, tout en affirmant que l’État reste déterminé à préserver le pouvoir d’achat des citoyens et à sanctionner les véritables responsables.
Il a également contredit certaines prévisions du Fonds Monétaire International, estimant que les réserves de change à l’horizon 2031 seront élevées grâce aux efforts de diversification hors hydrocarbures. Ce point mérite d’être souligné, car il relie directement l’économie à la doctrine : la diversification n’est pas seulement un objectif de développement, c’est un gage d’indépendance. Un pays qui dépend d’une seule ressource dépend, de fait, de ceux qui l’achètent. Un pays qui diversifie son économie diversifie aussi ses partenaires, et donc sa liberté de mouvement.
Le Président a par ailleurs souligné les avancées de la numérisation pour contrer les manœuvres nuisibles à l’économie, un chantier qui touche à la fois la transparence et l’efficacité de l’appareil étatique.
Ce que cela dit de l’Algérie
Il y a une cohérence dans tout cela. Une cohérence qui remonte à 1962 et que chaque génération est appelée à préserver. L’Algérie n’a pas besoin de s’aligner sur qui que ce soit pour exister. Elle n’a pas besoin de se placer sous protection pour peser. Elle n’a pas besoin de payer pour obtenir une reconnaissance que son histoire lui a déjà donnée.
C’est cela, le non-alignement aujourd’hui. Non pas le refus du monde, mais la volonté d’y occuper une place qui ne nécessite aucun abaissement. Une place à la table, pas dans l’antichambre.
Et si certains ont du mal à l’accepter, c’est peut-être parce qu’ils n’ont pas encore compris que l’Algérie ne demande la permission à personne pour exister.
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Par : Abdelkader REGUIG
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