
Par : Mohammed CHOUAKI
Après avoir mobilisé ses entreprises et ses compétences pour la réalisation de grandes stations de dessalement, l’Algérie veut renforcer l’intégration locale des équipements nécessaires à leur fonctionnement. Les discussions engagées avec le groupe Saoudien Abunayyan Holding dessinent une nouvelle étape : faire du programme de sécurisation de l’approvisionnement en eau un moteur de développement industriel.
Le Ministre d’État, Ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a reçu lundi 14 septembre à Alger le Président Exécutif d’Abunayyan Holding, Turki bin Saeed Al Amri, pour examiner les possibilités de partenariat et d’investissement industriel, notamment dans les équipements de dessalement de l’eau de mer. Cette rencontre s’inscrit dans le prolongement d’échanges consacrés à la contribution du groupe au programme national de dessalement et au renforcement de sa présence industrielle en Algérie.
L’enjeu dépasse désormais la seule construction d’infrastructures. Il s’agit de développer, autour des stations, des capacités locales de production, de services techniques et de formation susceptibles de soutenir leur exploitation dans la durée.
De la maîtrise des chantiers à l’intégration industrielle
La mobilisation des compétences nationales a déjà constitué un tournant dans la réalisation des grandes stations. Lors de l’inauguration de celle de Cap Blanc, en février 2025, le Président-Directeur Général de Sonatrach avait indiqué que les cinq usines du programme d’urgence avaient été construites avec des compétences « 100 % Algériennes », tout en précisant que l’intégration des produits nationaux atteignait 30 %.
Cette distinction est essentielle : réaliser une station avec des équipes Algériennes ne signifie pas encore fabriquer localement l’ensemble de ses équipements. Le défi industriel consiste précisément à prolonger le savoir-faire acquis sur les chantiers par une maîtrise croissante des composants, des opérations techniques et des services nécessaires au fonctionnement des installations.
Un centre d’assemblage et de maintenance envisagé
Au cours de l’entretien, le Dirigeant d’Abunayyan Holding a exprimé le souhait de créer en Algérie un centre industriel spécialisé dans l’assemblage et la maintenance des équipements et matériels de dessalement. Cette structure aurait vocation à accompagner les projets et à fournir des services techniques et logistiques à l’échelle locale, selon le communiqué du Ministère.
Une telle implantation pourrait rapprocher les moyens d’intervention des installations et favoriser le développement d’un tissu de sous-traitance. Son intérêt se mesurerait toutefois à la profondeur des activités réellement implantées : l’assemblage peut constituer une première étape, mais l’ambition industrielle suppose aussi un transfert de savoir-faire et une progression de la valeur ajoutée créée sur place.
La formation au cœur du partenariat
Le groupe Saoudien a également fait part de sa volonté d’implanter une filiale de l’Académie de l’énergie et de l’eau en Algérie, afin de transmettre des connaissances et de développer les capacités de gestion et d’exploitation des stations. Cette proposition est présentée comme complémentaire aux efforts de transfert technologique et de localisation de l’industrie des membranes et des équipements de base.
La formation représente, dans cette perspective, davantage qu’un volet d’accompagnement. Elle serait l’une des conditions permettant de transformer un partenariat commercial en acquisition durable de compétences, au bénéfice des ingénieurs, techniciens et équipes d’exploitation.
Des intentions à traduire en réalisations
Mohamed Arkab a salué des initiatives conformes aux orientations Gouvernementales en matière d’intégration nationale, de localisation des industries et de création d’emplois durables. Il a également exprimé la disponibilité du secteur, à travers Algerian Desalination Company et les structures sous tutelle, à faciliter la concrétisation de ces projets.
À ce stade, le compte rendu fait état de propositions et d’une volonté d’investissement, sans annoncer de contrat signé, de montant engagé ou de calendrier de réalisation. La prochaine étape sera donc celle des engagements opérationnels : définir les activités à implanter, les partenaires industriels et les objectifs d’intégration.
L’orientation est néanmoins claire : ne plus considérer le dessalement uniquement comme une réponse au besoin d’eau, mais aussi comme une occasion de construire une filière industrielle. Après la maîtrise des chantiers, c’est celle d’une part croissante des équipements et des technologies qui doit donner toute sa portée à cette ambition.
Sources : Algérie Eco – Communiqué Ministériel repris par Algérie Patriotique – APS
Par : Mohammed CHOUAKI – Lille
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