
Par : Abdelkader REGUIG
En ce mois d’août 2026, l’Algérie a été le théâtre d’un événement sans précédent dans l’histoire de la Sûreté Nationale. Les services de police ont démantelé un réseau criminel transnational et saisi plus de 10 Millions de capsules de Prégabaline et 33 kilogrammes de cocaïne lors d’une seule opération.
Ce n’est pas un simple fait divers. C’est la preuve tangible d’une attaque méthodique contre notre pays. Une guerre larvée, menée par des puissances étrangères et des cartels internationaux, dont l’objectif est clair : détruire l’Algérie en ciblant sa ressource la plus précieuse, sa jeunesse.
Faut-il rappeler qu’en Algérie, la menace est aujourd’hui très concrète avec la prolifération des psychotropes : plus de 44 Millions de comprimés ont été saisis en 2025, et leur consommation toucherait même les cours d’école.
L’opération d’août 2026 : Un démantèlement historique
L’enquête, ouverte en janvier 2026, a permis de remonter la piste d’un réseau international structuré. Selon les informations fournies par la police, des narcotrafiquants Marocains dirigeaient cette activité illicite depuis le Maroc, en s’appuyant sur des membres du réseau basés à Dubaï pour la gestion et le transfert de fonds, ainsi que sur des complices en France.
« Sur le terrain, une lacune majeure persiste : l’acquisition de biens immobiliers, de terres agricoles et de véhicules de luxe échappe largement au contrôle du fisc. Bien que des saisies aient été réalisées, elles ne s’accompagnent pas d’un suivi fiscal à la hauteur des enjeux. »
Les 25 individus sur les 50 que compte le réseau ont été interpellés en flagrant délit et placés en détention provisoire. Les autres sont toujours en fuite.
Les origines du poison : Une géographie du trafic
Pour comprendre l’ampleur du phénomène, il faut analyser l’origine de ces substances qui inondent nos quartiers.
La cocaïne : L’or blanc venu d’Amérique du Sud
La cocaïne saisie provient des trois nations andines : la Colombie, le Pérou et la Bolivie, qui concentrent plus de 98% des cultures Mondiales de feuille de coca. La Colombie, à elle seule, est à l’origine de près de 70% de la production Mondiale. Le produit transite ensuite par des routes complexes avant d’atteindre l’Algérie, souvent via des laboratoires de
« finition » clandestins sont ainsi régulièrement démantelés aux Pays-Bas en Belgique ou en Espagne. Des chimistes véreux transforment cette pâte en produit fini destiné à la consommation.
Le cannabis : La résine Marocaine qui franchit nos frontières
Notre voisin, le Maroc, reste selon les données de l’ONUDC, le plus gros producteur et exportateur Mondial de résine de cannabis (kif ou haschich). La production avec des volumes annuels estimés entre 2 500 et 3 000 tonnes. Les saisies de kif traité sont régulières le long de nos frontières occidentales, illustrant la porosité de ces frontières face aux flux de drogue.
La Prégabaline : Le fléau des « capsules » fabriqué à l’autre bout du monde
La Prégabaline, connue sous les noms de « Saroukh » ou « El Halwa », est un médicament Antiépileptique détourné pour ses effets euphorisants. Sa fabrication est dominée par des géants pharmaceutiques basés en Inde, premier producteur Mondial, et en Chine, deuxième fournisseur de matières premières. L’Algérie, qui possède une industrie pharmaceutique locale capable de produire des génériques sous haute surveillance, est donc confrontée à un trafic massif de contrefaçons ou de produits détournés de leurs circuits légaux, importés illégalement.
L’arsenal des passeurs : La mer, la terre et les airs
Face à la professionnalisation croissante des réseaux de trafiquants, nos services de sécurité doivent impérativement disposer de moyens renforcés pour adapter leurs méthodes et rester à la hauteur.
-Les « Go-Fast » maritimes : Ces embarcations ultra-rapides, équipées de deux à quatre moteurs hors-bord surpuissants, peuvent atteindre des vitesses de 40 à plus de 60 nœuds (1N=1,85 km). Leurs coques légères et sombres sont conçues pour échapper aux radars.
-Les « Phantom » pour migrants : Un autre modèle, destiné au transport de migrants clandestins vers l’Espagne et l’Italie, est utilisé pour des liaisons éclair.
Ces vedettes peuvent entasser 50 à 60 migrants et débarquer en quelques secondes sur les plages Européennes.
-La voie terrestre et aérienne : Le trafic s’effectue aussi par le sud, par des convois terrestres, et de plus en plus par drones, pour acheminer la marchandise.
Un appel à la lutte implacable
Cette situation n’est plus tolérable. Si l’Algérie a mis en place un cadre réglementaire strict et une législation sévère, il est impératif de renforcer la lutte sur tous les fronts :
– Législation implacable : Des lois doivent être votées pour infliger des peines exemplaires aux trafiquants et aux passeurs, qui se jouent de la vie de milliers de jeunes.
-Coopération internationale sur la drogue : La lutte contre ces réseaux nécessite une coordination accrue avec les pays frontaliers.
–« La clé de la protection de la jeunesse réside dans l’anticipation et la pédagogie. En renforçant la sensibilisation dès le banc de l’école et au sein des mosquées, nous offrons à nos jeunes le bouclier nécessaire pour résister à ce danger. »
L’opération d’août 2026 est une victoire, mais la guerre continue. L’Algérie doit faire face, unie et déterminée, à ceux qui veulent affaiblir sa jeunesse par le poison de la drogue. Notre avenir en dépend.
Par : Abdelkader REGUIG
Contact: orarexe@gmail.com
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