Tragédie de Boumerdès : 25 morts et 44 blessés dans la chute d’un autocar dans un ravin

Par : Mohammed CHOUAKI

Un nouvel accident de bus particulièrement meurtrier a endeuillé l’Algérie ce vendredi 31 juillet 2026. Un autocar de transport de passagers a chuté dans un ravin sur la RN24, dans la Wilaya de Boumerdès, faisant au moins 25 morts et 44 blessés. Face à l’ampleur du drame, le Président Abdelmadjid TEBBOUE a décrété trois jours de Deuil National.

Un drame qui secoue Boumerdès

L’accident s’est produit vendredi matin, vers 10 heures, sur la route nationale 24 (RN24), un axe reliant plusieurs communes de la Wilaya de Boumerdès, à une cinquantaine de kilomètres à l’est d’Alger. Selon les premiers éléments communiqués par la Protection civile, l’autocar est sorti de la route pour une raison encore indéterminée avant de basculer dans un ravin, entraînant la mort de 25 personnes et blessant 44 autres.

Les équipes de secours dépêchées sur place ont engagé d’importantes opérations d’évacuation des victimes vers les hôpitaux de Boumerdès, Bordj Menaïel et Alger, où plusieurs blessés graves ont été admis en réanimation. Le bilan pourrait encore évoluer dans les prochaines heures, selon les autorités locales.

Un deuil national de trois jours

Dans un message de condoléances adressé à la nation, le Président Abdelmadjid TEBBOUNE a annoncé le décret d’un Deuil National de trois jours en hommage aux victimes de ce « tragique accident ». Le Chef de l’État a exprimé sa « profonde tristesse » et a ordonné l’ouverture d’une enquête approfondie pour déterminer les causes exactes du drame et identifier les éventuelles négligences.

« La route continue de trop endeuiller nos familles. Il est temps de passer des discours aux actes concrets », a déclaré une source proche du gouvernement, citée par plusieurs médias Algériens.

Une série noire qui s’allonge

L’accident de Boumerdès s’inscrit dans une série noire d’accidents de bus qui ont marqué l’Algérie ces deux dernières années :

• 15 août 2025 – Oued El Harrach, Alger : 18 morts et 25 blessés dans la chute d’un bus dans l’oued. Le véhicule était surchargé (45 passagers pour 27 places) et présentait des défaillances mécaniques graves.

• 6 décembre 2025 – Teballa, Béchar (Sud) : 14 morts et 34 blessés dans le renversement d’un bus sur la RN6.

• 25 juillet 2024 – Tlemcen (RN2) : 1 mort et 22 blessés dans une collision entre un bus et un camion-citerne.

Ces drames ont provoqué une prise de conscience politique forte, conduisant à l’adoption de mesures d’urgence, dont le retrait des bus de plus de 30 ans et l’examen d’un nouveau code de la route prévoyant des sanctions plus sévères.

Les axes routiers les plus dangereux

L’accident de Boumerdès met une nouvelle fois en lumière les risques élevés que concentrent certains axes routiers du Pays. Les Wilayas de Boumerdès et Bouira figurent parmi les zones les plus accidentogènes de l’axe Est–Ouest, en particulier sur la RN5 et l’autoroute Est–Ouest.

La Wilaya de Boumerdès compte plusieurs points noirs identifiés, dont les tronçons de Kedia El Kahla et Ouled Ouali, caractérisés par un manque de voies doubles, des virages dangereux et des ralentisseurs illégaux. Des travaux de réhabilitation sont en cours sur la RN5 (tronçon Thénia–Corso, 13 km) et la RN12 (Si Mustapha–Bordj Menaïel).  

Causes principales : un faisceau de facteurs

Les rapports officiels pointent un ensemble de causes récurrentes dans les accidents de bus graves :

• Facteur humain (96% des accidents) : Excès de vitesse (58% des accidents de bus), dépassements dangereux, non-respect des distances de sécurité, fatigue chronique des chauffeurs.

• Vétusté du parc de transport : Bus âgés, freins défectueux, contrôles techniques insuffisants ou falsifiés, comme révélé par l’accident d’El Harrach en août 2025.

• Infrastructures dégradées : Nids-de-poule, intersections dangereuses, absence de voies doubles, faible éclairage, surtout sur les routes secondaires et de Wilaya.

• Surcharge des véhicules : Pression économique incitant les exploitants à entasser des passagers au-delà des capacités homologuées.

Mesures annoncées : un virage décisif ?

Face à cette spirale meurtrière, les autorités ont annoncé plusieurs mesures structurelles :

• Retrait des bus de plus de 30 ans : Sur instruction du Président TEBBOUNE, tous les bus trentenaires doivent être retirés du parc national dans un délai de six mois (décision annoncée en août 2025).

• Nouveau code de la route : Un texte renforçant les sanctions et étendant la responsabilité aux auto-écoles, organismes de contrôle technique et gestionnaires de routes a été examiné en novembre 2025.

• Réhabilitation des points noirs : Travaux prioritaires sur les RN4, RN5, RN6, RN24 et l’autoroute Est–Ouest, avec identification systématique des tronçons à risque.

• Renforcement des contrôles : Multiplication des contrôles routiers, campagnes de sensibilisation et création d’un Conseil National de la Sécurité et de la Sûreté Routière.

Une tragédie nationale qui interpelle

L’accident de Boumerdès, avec ses 25 morts et 44 blessés, est l’un des plus meurtriers enregistrés en Algérie ces dernières années. Il illustre cruellement l’urgence d’une réforme profonde du secteur du transport routier de passagers, combinant renouvellement du parc, modernisation des infrastructures et application stricte des règles de sécurité.

Alors que les familles des victimes entament leur deuil, la question reste posée : ces mesures suffiront-elles à enrayer ce fléau qui endeuille chaque année des milliers de foyers Algériens ?

Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

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