
Par : Dr Amina Salhi
Pendant des décennies, la puissance des États a été évaluée à travers leurs ressources énergétiques, leurs capacités industrielles ou leur influence économique. Pourtant, le XXIᵉ siècle fait émerger une nouvelle forme de richesse, plus discrète mais tout aussi stratégique : le Capital Alimentaire National**.
Ce Capital ne se limite pas à la quantité de nourriture produite. Il regroupe l’ensemble des ressources qui permettent à une nation de garantir durablement une alimentation sûre, de qualité et accessible à sa population. Il englobe les terres agricoles, les ressources en eau, les laboratoires, les compétences scientifiques, les systèmes de contrôle, la recherche, l’innovation, les infrastructures logistiques, la traçabilité des produits et la confiance des consommateurs.
À mes yeux, le moment est venu d’intégrer cette notion dans la réflexion stratégique nationale.
L’Algérie possède des atouts considérables : une diversité climatique, des terres agricoles à fort potentiel, des universités, des centres de recherche, des professionnels qualifiés et une volonté affirmée de renforcer la souveraineté alimentaire. Ces ressources existent. L’enjeu consiste désormais à les considérer comme un patrimoine stratégique qu’il convient de mesurer, de protéger et de développer.
Je propose d’ouvrir une réflexion sur la création d’un **Indice National du Capital Alimentaire**, qui permettrait d’évaluer régulièrement les forces et les marges de progression du système alimentaire Algérien.
Cet indice pourrait s’appuyer sur plusieurs dimensions :
* la qualité et la sécurité sanitaire des produits alimentaires ;
* la disponibilité des ressources en eau et leur utilisation durable ;
* les capacités nationales de recherche et d’innovation ;
* la performance des systèmes de contrôle et de traçabilité ;
* la résilience des filières agricoles et agroalimentaires ;
* la compétitivité des produits algériens sur les marchés internationaux.
Un tel outil ne servirait pas uniquement à produire des statistiques. Il constituerait un véritable instrument d’aide à la décision, permettant d’orienter les investissements, de renforcer les priorités scientifiques et d’évaluer les progrès accomplis.
Dans un monde marqué par les changements climatiques, les tensions géopolitiques et les nouvelles exigences sanitaires, les pays qui réussiront seront ceux qui auront investi dans leur capacité à produire une alimentation de qualité tout en protégeant leurs ressources naturelles et leurs compétences.
Le Capital Alimentaire National pourrait ainsi devenir un indicateur stratégique au même titre que les grands indicateurs économiques, parce qu’il traduit la capacité d’un pays à préserver sa santé publique, à soutenir son économie et à préparer son avenir.
L’Algérie a aujourd’hui l’opportunité de faire de cette vision un axe de réflexion pour les prochaines décennies. Investir dans le capital alimentaire national, ce n’est pas seulement renforcer l’agriculture ou l’industrie agroalimentaire. C’est investir dans la santé, la recherche, l’innovation, l’emploi, la confiance des citoyens et la souveraineté nationale.
Les grandes nations de demain ne seront pas seulement celles qui disposeront des ressources les plus abondantes. Elles seront celles qui sauront transformer leurs ressources alimentaires en un véritable avantage stratégique.
Le Capital Alimentaire National pourrait bien devenir l’une des clés de cette ambition.
Par : Dr Amina Salhi – Alger
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On a besoin une économie rurale ou agricole.quie représente l importance de l ‘agriculture dans l économie nationale