
Par : Mohammed CHOUAKI
De nouvelles dispositions réglementaires entrent en vigueur en Algérie, modifiant substantiellement le cadre juridique de la circulation routière, de l’immatriculation des véhicules et du permis de conduire.
Une réforme d’envergure
Ces changements s’inscrivent dans le cadre du décret exécutif n° 25‑169 du 22 juin 2025, modifiant et complétant le texte de 2004 fixant les règles de la circulation routière. Signé par le Premier Ministre Nadir Larbaoui, ce texte introduit de nouvelles règles en matière de mise en circulation, de revente et d’immatriculation des véhicules, ainsi qu’une nouvelle classification des permis de conduire.
Immatriculation : la « carte grise » devient « carte d’immatriculation »
Le vocabulaire administratif évolue : l’expression « carte grise » est officiellement remplacée par « carte d’immatriculation ». Désormais, le propriétaire d’un véhicule ou d’une remorque de plus de 500 kg mis en circulation pour la première fois doit déposer une demande d’immatriculation auprès du Wali de sa Wilaya, accompagnée d’un dossier complet. En cas de changement de propriétaire ou de modification des données, une nouvelle carte d’immatriculation doit être demandée.
Contrôle technique renforcé avant mise en circulation
Le contrôle technique devient obligatoire avant toute mise en circulation initiale d’un véhicule automobile, d’une remorque ou d’une semi‑remorque, alors qu’auparavant une simple déclaration auprès du Wali suffisait. Toute transformation notable d’un véhicule remettant en cause son état ou ses composants initiaux nécessite également un nouveau contrôle de conformité auprès des services des mines.
Permis de conduire : nouvelle classification et équivalences
Le décret établit une nouvelle classification des permis de conduire, avec des catégories A1 et A pour les motocyclettes selon la cylindrée, ainsi que les catégories B et B(E) pour les véhicules légers. De nouvelles équivalences entre catégories sont également introduites, permettant par exemple aux détenteurs d’un permis C de conduire des véhicules de catégorie C1. La durée de validité des permis est fixée à 10 ans pour les catégories A1, A, B, B(E) et F, et à 5 ans pour les catégories C1, C1(E), C, C(E), D et D(E).
Deux‑roues : assouplissement pour les permis B
Une mesure importante pour les conducteurs urbains : les détenteurs d’un permis de catégorie B peuvent désormais piloter des deux‑roues n’excédant pas 125 cm³, contre 80 cm³ auparavant. Par ailleurs, l’ABS n’est plus obligatoire pour les motocyclettes de 50 à 80 cm³, ce qui devrait rendre ces véhicules plus accessibles.
Sanctions et équipements de sécurité
Parallèlement, la loi n° 26‑09 de mai 2026 portant nouveau code de la route rend obligatoires certains équipements de sécurité (triangle, gilet, etc.), leur absence étant passible d’une amende forfaitaire de 4 000 DA. Le port de la ceinture de sécurité devient strictement obligatoire pour les passagers arrière, et le transport d’enfants de moins de 8 ans sur motocycles est interdit.
Enjeux pour les automobilistes et le marché
Ces réformes visent à moderniser le cadre réglementaire, renforcer la sécurité routière et harmoniser les pratiques avec les normes internationales. Pour les automobilistes, elles impliquent une meilleure traçabilité des véhicules, un contrôle technique plus rigoureux et une adaptation aux nouvelles règles de permis et d’équipements.
Sources : Radio Algérie, Algérie360, TSA, Autobip, Journal officiel.
Par : Mohammed CHOUAKI – Lille
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