Alliance des États du Sahel : Bamako consolide l’axe Mali–Burkina–Niger

Par : Mohammed CHOUAKI

Les Ministres des Affaires étrangères des Pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) se sont réunis à Bamako dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires persistants et une recomposition des alliances stratégiques. Cette rencontre illustre la volonté des trois Pays — le Mali, le Burkina Faso et le Niger — de renforcer leur coopération politique, diplomatique et sécuritaire face aux enjeux communs.

Au cœur des discussions figurait la consolidation de l’AES en tant que cadre structurant de coordination régionale. Les Chefs de la diplomatie ont réaffirmé leur engagement à approfondir l’intégration entre leurs États, notamment dans les domaines de la défense, de la lutte contre le terrorisme et du développement économique.

Cette réunion intervient alors que les trois pays poursuivent leur processus de distanciation vis-à-vis de certaines organisations régionales, notamment la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Dans ce contexte, l’AES apparaît comme une alternative stratégique visant à redéfinir les équilibres régionaux et à affirmer une souveraineté politique revendiquée.

Les échanges ont également porté sur la coordination des positions diplomatiques sur la scène internationale. Les Ministres ont insisté sur la nécessité de parler d’une seule voix face aux partenaires étrangers et de défendre les intérêts communs de la région Sahélienne dans les forums internationaux.

Sur le plan sécuritaire, la lutte contre les groupes armés reste une priorité absolue. Les responsables ont évoqué le renforcement des mécanismes conjoints, notamment à travers des opérations coordonnées et le partage de renseignements. L’objectif affiché est de mieux contenir la menace terroriste qui continue de déstabiliser une large partie du Sahel.

Par ailleurs, la réunion de Bamako a permis d’aborder les perspectives économiques de l’alliance. Les Ministres ont souligné l’importance de développer des projets communs dans les infrastructures, l’énergie et les échanges commerciaux afin de réduire la dépendance extérieure et stimuler la croissance régionale.

En toile de fond, cette rencontre confirme l’émergence progressive de l’AES comme un acteur régional à part entière. Si de nombreux défis restent à relever, les pays membres semblent déterminés à inscrire leur coopération dans la durée et à construire un cadre autonome adapté à leurs réalités politiques et sécuritaires.

Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

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