
Par : Mohammed CHOUAKI
La Chine intensifie ses investissements en Algérie, voyant en elle un hub stratégique pour ses ambitions en Afrique du Nord et en Méditerranée. Ce partenariat, ancré dans des accords bilatéraux solides, dépasse les échanges commerciaux pour viser une industrialisation partagée et des infrastructures majeures.
Un partenariat stratégique renforcé
Les relations Sino-Algériennes ont connu un essor marqué depuis la signature du deuxième Plan quinquennal de coopération stratégique globale (2022-2026), cosigné par les Ministres des Affaires Etrangères Ramtane Lamamra et Wang Yi. Ce cadre a favorisé des projets emblématiques comme la Grande Mosquée d’Alger, le stade Olympique d’Oran et le port d’El Hamdania, où les entreprises Chinoises dominent le BTP.
En 2026, l’Ambassadeur Chinois Dong Guangli a qualifié cette année d’étape charnière, alignant le 15e Plan quinquennal Chinois sur la vision de la “Nouvelle Algérie”. Pékin mise sur 4,5 milliards de dollars d’investissements, notamment dans le fer de Gara Djebilet et un corridor ferroviaire de 950 km, avec transfert de technologies.
Alger, porte d’entrée vers l’Afrique et l’Europe
L’Algérie attire la Chine comme contrepoids aux barrières occidentales, servant de plateforme pour les Nouvelles Routes de la Soie. Sa position géographique en fait un point clé pour l’initiative “Belt and Road”, avec des opportunités dans l’énergie, l’automobile et les technologies.
Les ventes d’armes Chinoises, comme des corvettes, diversifient les approvisionnements Algériens, réduisant la dépendance à la Russie. Pékin y voit un centre opérationnel entre l’Europe et l’Asie, tandis qu’Alger accélère sa diversification économique via la ZLECAf.
Perspectives d’un partenariat “nouvelle génération”
En 2026, la coopération s’étend à l’hydrogène vert et aux industries locales, transformant l’Algérie en hub Afrique-Méditerranée. Ce duo Pékin-Alger promet un modèle gagnant-gagnant, malgré les défis de la dette et de la concurrence Européenne.
Les principaux projets d’investissement Chinois en Algérie se concentrent sur l’industrie, les infrastructures et les mines, avec un volume total dépassant les 5 milliards de dollars pour une quarantaine de projets enregistrés.
Projets miniers et sidérurgie
• Usine sidérurgique à Msila par Jingdong Steel (plus de 500 millions USD).
• Complexe de traitement du minerai de fer de Gara Djebilet à Béchar par CWE, MCC et FERAL (1 milliard USD).
• Lignes minières Ouest et Est, en progression avancée.
Industrie automobile et ferroviaire
• Usine de montage Jetour à Batna (105 millions USD, 270 000 véhicules/an, 1 000 emplois).
• Complexe ferroviaire SNTF-GENERTEC CNTIC (CRRC) pour conception et fabrication d’équipements.
• Huit accords signés en avril 2025 (automobile, motos, voies ferrées, agriculture) pour plus de 2 milliards USD.
Infrastructures et numérique
• Centre national des prestations numériques.
• Grands chantiers BTP : autoroute Est-Ouest, logements, télécoms.
Ces investissements, majoritairement directs (22 sur 42 projets), visent l’industrialisation et le transfert technologique, avec une accélération en 2025-2026.
Les progrès du projet minier de Gara Djebilet, l’un des plus grands gisements de fer au monde (3,5 milliards de tonnes), sont avancés en ce début 2026, avec un lancement d’exploitation prévu dès le premier trimestre.
Exploitation et extraction
Plus de 400 000 tonnes de minerai brut ont déjà été extraites dans la zone Ouest depuis juillet 2025, avec six unités de traitement primaire progressant rapidement. Une opération de tir à l’explosif majeure a eu lieu fin 2025, marquant une étape historique.
La première unité de traitement (concassage, criblage, séparation à sec) sera opérationnelle en avril 2026, produisant 4 millions de tonnes de concentré par an, extensible à 10 millions d’ici 2032 via le partenariat Feraal (Sonarem)-Tosyali.
Infrastructure clé
La ligne ferroviaire de 950 km reliant Gara Djebilet à Béchar entrera en service en janvier 2026, résolvant le défi logistique majeur et acheminant le minerai vers les usines de Béchar et Oran.
Partenariats et perspectives
Des entreprises chinoises (CWE, MCC) et d’autres (USA, Inde) collaborent sur le traitement et la réduction du phosphore, avec financements en attente d’approbation. L’exploitation reste majoritairement Algérienne, visant l’autosuffisance sidérurgique.
Par : Mohammed CHOUAKI – Lille
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