Zinedine Zidane, une icône mondiale aux racines Algériennes : entre héritage oublié et renaissance contemporaine

Lorsqu’on évoque le nom de Zinédine Zidane, le monde entier reconnaît immédiatement l’icône planétaire du football, le génie technique qui a illuminé les terrains, le champion du monde 1998 devenu entraîneur d’exception. Mais pour nous, Algériens, «Zizou» représente bien plus qu’une simple légende sportive : il incarne ce lien puissant et complexe qui unit deux rives de la Méditerranée, une synthèse vivante de nos histoires entremêlées.
Les gloires oubliées : nos pionniers des années 1950-60
Pourtant, avant que Zidane ne marque de son empreinte l’histoire du football, d’autres avaient déjà tracé la voie. Des noms comme Rachid Mekhloufi (né en 1936 à Sétif) brillèrent dans le ciel footballistique français dès les années 1950. Attaquant talentueux de l’AS Saint-Étienne, international Français puis algérien, il fut l’un de ces pionniers qui démontrèrent l’exceptionnel vivier de talent que représentait déjà l’Algérie.
Dans cette même période, Raymond Kopa (né Kopaszewski), premier Français à remporter le Ballon d’Or en 1958, illustrait cette génération de joueurs aux origines diverses qui enrichissaient le football français. Bien que né en France, sa trajectoire rappelle ces parcours transnationaux qui préfiguraient déjà l’ère Zidane.


Quant à Alfredo Di Stéfano, double Ballon d’Or (1957, 1959) et légende du Real Madrid, son excellence absolue montrait le niveau que pouvaient atteindre les joueurs issus de la diaspora. Ces figures, aujourd’hui parfois méconnues des jeunes générations, formaient pourtant l’avant-garde de ce que Zidane allait incarner avec une dimension médiatique inédite.

Zidane : une double appartenance assumée et apaisée

Ce qui rend Zinédine Zidane si particulier dans le cœur des Algériens, c’est la manière dont il a toujours assumé ses racines sans ambiguïté. « Je pense tout le temps à mes racines », a-t-il confié, évoquant cette « mixité » comme «quelque chose de génial » qui « vous enrichit». Ces mots résonnent profondément pour des millions de personnes partageant cette double culture.
Malgré les contraintes d’une célébrité mondiale qui limite ses déplacements en Algérie, Zidane entretient ce lien avec authenticité, notamment à travers son père qui «ne peut pas se passer de ces retours au pays ». Aujourd’hui, cette transmission se poursuit de la plus belle des manières : son fils Luca Zidane porte désormais le maillot de l’équipe nationale algérienne, participant à la CAN 2025, sous le regard fier de son père présent dans les tribunes.

La renaissance Algérienne : de Benzema à l’équipe Nationale

Le rapport entre l’Algérie et ses gloires footballistiques diasporiques connaît aujourd’hui un nouveau chapitre avec Karim Benzema. Le Ballon d’Or 2022, bien qu’ayant choisi de représenter l’équipe de France, n’a jamais coupé le lien avec ses origines. Son récent message de soutien à l’équipe nationale algérienne lors de la CAN 2025 – « On va tout gagner, Inchallah… allons-y tous ensemble, vive l’Algérie» – a électrisé les supporters.
Ce geste symbolique, comme l’engagement de Luca Zidane, illustre une évolution significative : une génération qui assume pleinement cette double appartenance sans la vivre comme un conflit, mais comme une richesse complémentaire.

Les Verts en quête de gloire

Aujourd’hui, l’équipe nationale algérienne, portée par ce souffle historique et les encouragements de ses icônes mondiales, affronte la CAN 2025 avec ambition. Qualifiée pour les quarts de finale après un huitième de finale remporté, elle incarne cette Algérie moderne qui regarde vers l’avenir sans oublier son passé.
Les soutiens de Zidane et Benzema ne sont pas de simples gestes protocolaires. Ils représentent la boucle qui se referme entre les pionniers des années 1950-60 et la reconnaissance actuelle de l’excellence Algérienne dans le football mondial.
Ils rappellent que derrière chaque joueur aux origines algériennes qui brille sur la scène internationale, il y a une histoire, une fierté partagée, et un lien indéfectible avec la terre des ancêtres.
Alors que nos Verts préparent leur quart de finale, ils portent avec eux non seulement les espoirs d’un peuple, mais aussi l’héritage de toutes ces légendes qui ont pavé la voie. De Mekhloufi à Zidane, de Kopa à Benzema, en passant par les héros nationaux comme Mahrez, c’est toute une tradition d’excellence footballistique qui trouve aujourd’hui une reconnaissance et une continuité.
L’Algérie footballistique n’est plus seulement celle qui produit des talents; elle est devenue celle dont les enfants, où qu’ils soient dans le monde, continuent de porter fièrement l’étendard, créant ainsi un pont permanent entre la patrie d’origine et les réussites internationales. Une histoire qui continue de s’écrire, un héritage qui se transmet, une fierté qui rassemble.

A la 3 -ème la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) Inchallah.

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