Venezuela   –   En Colombie, l’espoir fragile des Vénézuéliens

Par : Mohammed CHOUAKI

À Cúcuta, en Colombie, de nombreux migrants vénézuéliens exilés attendent avec un espoir prudent une amélioration au Venezuela avant de songer à rentrer. Malgré la chute de Nicolás Maduro début janvier 2026, ils restent coincés dans des conditions précaires.

Situation actuelle.

Les Vénézuéliens, fuyant la crise depuis des années, vivent dans des quartiers pauvres comme La Fortaleza ou Trigal del Norte, avec des habitations rudimentaires au sol en terre battue. Franklin Petit, un aide-maçon de 55 ans, explique : « On attend que tout s’améliore pour rentrer », soulignant que le pays sans Maduro reste dans une situation similaire, nécessitant du temps pour se redresser.

Témoignages clés.

Luisana Serrano, ex-aide-soignante reconvertie en boulangère, confie que sa famille lui manque mais qu’elle garde espoir : « Le changement ne viendra pas du jour au lendemain, mais il arrivera ». Beaucoup, comme Imer Montes, voulaient atteindre les États-Unis mais manquent de ressources et craignent la faim ou les guérillas locales.

Contexte migratoire.

Près de 8 millions de Vénézuéliens ont fui ces dernières années, la Colombie accueillant la plus grande diaspora. À Cúcuta, zone frontalière minée par l’insécurité, ils survivent tant bien que mal malgré la misère ambiante, évitant de nommer certaines organisations par peur de représailles.

Les quartiers de La Fortaleza et Trigal Del Norte, situés à Cúcuta en Colombie près de la frontière Vénézuélienne, abritent des migrants Vénézuéliens dans des conditions de vie extrêmement précaires. Ces zones marginales sont marquées par la pauvreté extrême malgré un accueil colombien relatif.

Logements et habitat.

Les habitations sont des maisons de fortune avec des sols en terre battue, souvent construites de manière rudimentaire. Les familles y vivent entassées, confrontées à un manque criant d’infrastructures de base comme l’eau courante ou l’électricité stable.

Insécurité et environnement.

Proches du Catatumbo, ces quartiers jouxtent des zones de cultures illicites de coca et de laboratoires clandestins disputés par l’ELN, des dissidents des FARC et le gang vénézuélien Tren de Aragua. La peur des violences et des représailles empêche beaucoup de s’exprimer librement.

Quotidien et survie.

Malgré la misère – faim, manque et emplois précaires comme la couture ou le commerce informel –, les migrants apprécient l’accès à l’école pour leurs enfants, impossible au Venezuela. L’espoir d’un retour reste fragile, la joie post-Maduro s’estompant face à ces réalités.

Les migrants Vénézuéliens se dirigent vers Cúcuta, ville frontalière colombienne, principalement pour fuir la grave crise économique, politique et humanitaire au Venezuela.

Crise économique et hyperinflation.

L’hyperinflation galopante et les pénuries alimentaires ont rendu la vie impossible : un salaire minimum ne permettait même pas d’acheter un kilo de farine, poussant des familles entières à traverser le pont Simón-Bolívar avec peu de moyens.

Instabilité politique et violence.

Sous Nicolás Maduro (jusqu’à sa chute en janvier 2026), la répression, les manifestations sanglantes et les menaces de groupes armés ont accéléré l’exode, avec près de 8 millions de Vénézuéliens fuyant à l’étranger.

Proximité et opportunités immédiates.

Cúcuta offre un accès facile via la frontière poreuse, des emplois précaires (travail au noir, commerce informel) et un change favorable (1 dollar = 100 000 bolivars), malgré le chômage local élevé et les risques liés aux torchas illégaux.

Depuis la chute de Nicolás Maduro en janvier 2026, suite à son enlèvement par les forces Américaines, le Venezuela connaît une transition fragile marquée par une stabilité sous tutelle Américaine, avec Delcy Rodríguez investie Présidente par intérim.

Changements politiques.

Delcy Rodríguez maintient une rhétorique chaviste tout en coopérant avec Washington sous la pression de Donald Trump, qui contrôle partiellement les ventes de pétrole et supervise les réformes. Une amnistie générale a libéré environ 687 prisonniers politiques, et la prison de l’Hélicoïde a été fermée, bien que la peur persiste et que la répression soit recalibrée de manière tactique.

Situation économique.

L’économie reste exsangue avec une inflation élevée et des difficultés d’approvisionnement, malgré un assouplissement des sanctions Américaines et une ouverture pétrolière pour attirer des investissements (estimés à 150 milliards de dollars nécessaires). Les salaires publics symboliques sont payés, mais la population peine à se nourrir, et Trump a pris en charge une partie des revenus pétroliers pour stabiliser l’État.

Réactions et incertitudes.

Les alliés traditionnels comme la Russie et la Chine ont condamné l’intervention mais se distancient, tandis que les Vénézuéliens expriment une fatigue post-crise sans joie durable. Aucune date d’élections n’est fixée, et le pouvoir chaviste semble se maintenir sous influence américaine pour éviter un chaos plus grand.

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