Trois soldats condamnés au Cameroun pour le massacre de civils en 2020

Par : Mohammed CHOUAKI

Trois soldats Camerounais ont été condamnés par le tribunal militaire de Yaoundé pour leur implication dans le massacre de Ngarbuh, survenu le 14 février 2020 dans la région du Nord-Ouest, en pleine crise Anglophone.

Le 14 février 2020, des militaires, assistés de miliciens, ont attaqué les villages de Ngarbuh I et III, tuant au moins 21 ou 22 civils, dont des enfants, des femmes enceintes et des personnes âgées, tout en incendiant des habitations.

L’armée avait initialement nié les faits, les qualifiant d’“accident malheureux”, avant de les reconnaître sous pression internationale.

Le 19 février 2026, soit six ans après les faits, le verdict a été rendu contre quatre accusés : Haranga Gilbert et Tata Nfor Maxwell (alias Bullet) à 10 ans de prison ferme chacun, Baba Guida à 8 ans, et Sanding Cyrille à 5 ans ; Tata Nfor a été jugé par défaut et reste en fuite.

Les chefs d’accusation incluent coaction de meurtre, violation de consigne, incendies, destructions et violences sur femme enceinte.

Les avocats des victimes qualifient les peines de “légères” ou “caresses dans le sens du poil”, regrettant l’absence de poursuites contre la hiérarchie et l’absence de réparations pour les familles, qui ont subi des menaces.

Ce jugement marque un précédent rare pour des crimes commis par des militaires dans ce conflit, bien que jugé incomplet.

Les réactions internationales au verdict du 19 février 2026 concernant les condamnations de soldats camerounais pour le massacre de Ngarbuh restent limitées et peu documentées dans les sources récentes disponibles.

Les médias internationaux comme la BBC ont rapporté le jugement, soulignant les critiques des avocats des victimes sur la légèreté des peines (5 à 10 ans), sans mentionner de déclarations officielles d’États ou d’organisations internationales majeures telles que l’ONU, l’UE, les États-Unis, la France ou l’Union Africaine.

Human Rights Watch, qui avait salué une condamnation antérieure en 2020 (10 ans pour d’autres militaires), n’a pas encore réagi publiquement à ce nouveau verdict selon les informations actuelles.

Aucune réaction formelle n’émerge des gouvernements Occidentaux ou Africains dans les rapports immédiats post-verdict, contrastant avec la pression internationale de 2020 qui avait forcé l’armée camerounaise à reconnaître les faits.

Cela reflète peut-être un désintérêt croissant pour la crise anglophone au Cameroun, malgré les appels persistants à la justice pour crimes de guerre.

Aucune réaction officielle de l’Union Africaine (UA) au verdict du 19 février 2026 condamnant trois soldats Camerounais pour le massacre de Ngarbuh n’a été rapportée dans les sources disponibles à ce jour.

L’UA, via son Conseil de paix et de sécurité ou sa Commission, n’a émis aucun communiqué, déclaration ou commentaire public sur ce jugement, malgré son rôle habituel dans la surveillance des conflits et des droits humains en Afrique. Cela s’inscrit dans un contexte plus large où l’organisation est critiquée pour son inaction ou son manque de fermeté sur les crises internes aux États membres, comme la crise Anglophone au Cameroun.

Contrairement à ses interventions rapides sur les coups d’État (suspensions immédiates de pays comme le Niger ou le Mali), l’UA reste discrète sur les crimes commis par des forces gouvernementales, évitant souvent de confronter directement Yaoundé. Human Rights Watch note ce manque de volonté politique persistante en 2024-2025 sur les atrocités civiles.

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