
Par : Mohammed CHOUAKI
Oran – Alger, 27 mars 2026 – Ce vendredi matin, au départ de la gare d’Oran, un train affiché comme « rapide » vers Alger a pris la voie, avec à son bord des dizaines de familles, des enfants en bas âge et des bébés. À l’arrivée à la gare d’Agha, après 5 heures et 54 minutes de parcours, beaucoup d’usagers se sont posé la même question : peut‑on encore parler de train “rapide” ?
Un trajet de 450 km en près de 6 heures
Le train Oran–Alger, qualifié officiellement de « rapide », est parti d’Oran à 08h05 pour arriver à la gare d’Agha (Alger) à 13h58. Sur une distance d’environ 450 km, le temps de parcours réel s’élève donc à presque 6 heures, alors que le service est censé répondre aux attentes d’un trajet accéléré entre les deux chefs‑lieux.
Les horaires relevés par les voyageurs montrent un découpage lourd du trajet :
• Oran – Oued Tlelat: 25 minutes
• Oran – Mohammadia: 51 minutes
• Oran – Relizane: 1h23 minutes
• Oran – Chlef: 2h31 minutes
• Oran – Aïn Defla : 3h15 minutes
À cela s’ajoute un arrêt de 39 minutes à Hassaynia, un petit village, avec portes fermées et aucune information claire communiquée aux passagers. Une partie significative des voyageurs était composée de familles avec des enfants, parfois en bas âge, exposées à une attente longue et inconfortable.
Un “rapide” qui dessert 7 gares
Ce train, présenté comme express, dessert 7 gares sur son parcours, ce qui contribue à allonger considérablement le temps de trajet. Pour les usagers, cette configuration contredit la promesse implicite d’un service rapide, confortable et adapté aux besoins des déplacements entre Oran et Alger, capitale économique et administrative du pays.
À l’heure où la SNTF dispose de matériels modernes et de lignes aménagées, les usagers attendent au minimum une cohérence entre la qualification du service et la réalité du temps de transport. Un “rapide” faisant 450 km en près de 6 heures, avec un arrêt long dans un village isolé, pose légitimement la question de la pertinence du tarif payé pour ce type de trajet.
Réclamation et appel à la responsabilité des autorités
un usager de la ligne Oran–Alger, ayant vécu ce trajet le 27 mars 2026, a adressé une lettre d’intention et de réclamation à la fois au Ministère des Transports et au Directeur Général de la SNTF, dénonçant la soi‑disant rapidité du service et la lenteur concrète du trajet. Il appelle à une révision des horaires, à une transparence sur les raisons des arrêts et à une cohérence des tarifs avec la qualité réelle du service.
Les usagers ne demandent pas le luxe, mais un service ferroviaire digne et crédible : un horaire réellement rapide entre Oran et Alger, des arrêts justifiés et annoncés, et une tarification en phase avec la durée et le confort du voyage. Tant que le train Oran–Alger continuera à mettre près de 6 heures pour un trajet censé être express, la notion de “rapide” restera une promesse rompue, au détriment de la confiance des citoyens dans le transport ferroviaire.

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