
Par : Mohammed CHOUAKI
C’est la position de Pedro Sánchez, le Premier Ministre Espagnol, qui a publiquement dénoncé les attaques conjointes des États‑Unis et d’Israël contre l’Iran en février‑mars 2026.
Ce que Sánchez a dit exactement
Sánchez a déclaré que « nous sommes contre ce désastre » et qu’il rejette « cette catastrophe » constituée par ces frappes Américano‑Israéliennes, les qualifiant de dangereuses, injustifiées et susceptibles de déclencher une guerre prolongée au Moyen‑Orient. Il a souligné qu’il est possible de critiquer le régime Iranien tout en étant opposé à une intervention militaire extérieure hors du droit international.
La position de l’Espagne
L’Espagne, sous l’autorité de Sanchez, a condamné l’offensive et refusé d’autoriser l’utilisation de ses bases militaires (Rota, Morón) pour appuyer ces attaques, ce qui a provoqué des tensions avec Washington et des menaces de représailles commerciales de la part de Donald Trump. Madrid a par ailleurs appelé à une désescalade immédiate, au respect du droit international et à la reprise de la voie diplomatique.
Pedro Sánchez refuse aux États‑Unis d’utiliser deux bases militaires Espagnoles situées en Andalousie :
• La base navale de Rota (Huelva), utilisée conjointement par la marine Américaine et la marine Espagnole, notamment pour des opérations navales et de ravitaillement.
• La base aérienne de Morón de la Frontera (Séville), utilisée conjointement comme base aérienne et de soutien logistique pour l’aviation Américaine en Europe.
Madrid affirme que ces installations ne seront pas employées pour des opérations contraires aux accords bilatéraux avec Washington ou à la Charte des Nations Unies, ce qui a entraîné le retrait de plusieurs avions Américains stationnés sur ces sites.
L’Espagne condamne les attaques Américano- Israéliennes contre l’Iran principalement au nom du respect du droit international et pour éviter une guerre prolongée au Moyen‑Orient, tout en se démarquant d’une implication militaire directe depuis son territoire. Plusieurs raisons expliquent cette position clairement opposée aux frappes :
Non‑respect du droit international
Le gouvernement Espagnol qualifie l’opération de « action militaire unilatérale » menée sans mandat des Nations Unies ni accord préalable de l’ONU, ce qui la situe hors du cadre de la Charte des Nations Unies. Madrid insiste sur la nécessité du « plein respect du droit international » et dénonce une escalade qui rendrait l’ordre international plus « incertain et hostile ».
Refus d’une nouvelle guerre au Moyen‑Orient
Pedro Sánchez explique que le monde ne peut pas se permettre une nouvelle guerre prolongée et dévastatrice dans la région, redoutant une extension du conflit à d’autres pays et une crise humanitaire accrue.
L’Espagne appelle à une « désescalade immédiate » et à la reprise du dialogue pour une solution politique durable, plutôt que la voie militaire.
Positionnement diplomatique et sécurité de ses ressortissants
Madrid utilise aussi cette condamnation pour affirmer une certaine autonomie face à Washington, tout en maintenant une communication avec les pays Arabes et du Golfe, dans une logique de médiation et de réduction de la tension. Cette ligne s’accompagne d’une protection consulaire des près de 160 ressortissants Espagnols en Iran, avec la recommandation explicite de quitter le pays pour minimiser les risques.
Les pays Européens ne sont pas unanimes sur les frappes Américano‑Israéliennes contre l’Iran, mais on distingue globalement trois lignes : une grande prudence des grands États‑membres de l’UE, une opposition claire de certains (comme l’Espagne), et une graduelle mise en ordre de défense commune avec Washington après les ripostes Iraniennes.
La position des « trois grands » (France, Allemagne, Royaume‑Uni)
France, Allemagne et Royaume‑Uni ont condamné les attaques Iraniennes contre Israël et les bases Occidentales dans le Golfe, tout en se démarquant de l’offensive Américano‑Israélienne initiale. Dans un communiqué commun, Paris, Berlin et Londres ont souligné qu’ils n’avaient pas participé aux frappes contre l’Iran, mais indiqué qu’ils étaient prêts à soutenir des actions défensives « proportionnées » pour détruire les capacités de l’Iran à lancer des missiles et des drones.
Position de l’Union Européenne dans son ensemble
La Commission Européenne et le Conseil de l’UE ont jugé l’évolution « très préoccupante », appelant à la retenue, au respect du droit international et à la désescalade. Lors d’un conseil extraordinaire des Ministres des Affaires Etrangères, la majorité des capitales a critiqué l’escalade Iranienne mais s’est montrée mal à l’aise avec l’intervention militaire unilatérale des États‑Unis et d’Israël, sans pour autant désigner explicitement Washington et Téhéran comme responsables à part égale.
Autres pays Européens et fractures
• Espagne : Pedro Sánchez a rejeté « l’action militaire unilatérale » des États‑Unis et d’Israël, qualifiée de « catastrophe », et refuse l’usage de ses bases (Rota, Morón) pour l’opération.
• Norvège : Le Ministre des Affaires étrangères a jugé l’attaque « contraire au droit international », estimant qu’on ne peut parler de « frappe préventive » sans menace imminente.
• Italie : Le gouvernement a adopté une ligne prudente, en insistant sur la nécessité de désamorcer la crise par la diplomatie plutôt que par la guerre.
En résumé, l’Europe se retrouve partagée entre une critique timide des frappes Américano‑Israéliennes, une forte condamnation des ripostes iraniennes, et une recentralisation progressive autour de la défense commune avec les États‑Unis pour protéger ses intérêts dans la région.

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