Mise au point du Recteur de la Grande Mosquée de Paris au sujet du 1 er jour de ramadan 2026

Par : Mohammed CHOUAKI

La Grande Mosquée de Paris, sous l’autorité de son recteur Chems-eddine Hafiz, a officiellement annoncé le début du Ramadan 2026 (1447 H) pour le mercredi 18 février 2026 en France.

La commission religieuse s’est réunie le mardi 17 février 2026 lors de la traditionnelle Nuit du doute, combinant observations lunaires et calculs astronomiques, conformément à la tradition malékite préservée par la mosquée.

Cette date marque une surprise par rapport aux prévisions initiales du CFCM, qui penchait pour le jeudi 19 février sur la base de calculs scientifiques stricts.

Le recteur Hafiz a signé le communiqué, soulignant l’unité des musulmans et invitant à la générosité en ce mois sacré.

Plusieurs fédérations musulmanes affiliées à la Grande Mosquée ont confirmé le 18 février, alignées sur l’Arabie Saoudite, tandis que le CFCM et d’autres instances comme la Turquie optaient pour le 19.

Le jeûne débute dès l’aube (Fajr, vers 6h18 à Paris) jusqu’au coucher du soleil (Maghreb, vers 18h19).

Cette “mise au point” du Recteur Hafiz recadre le débat en réaffirmant la légitimité de la méthode mixte (vision et science) pour l’islam de France.

Communiqué de la Grande Mosquée de Paris

Mise au point du Recteur de la Grande Mosquée de Paris

La Grande Mosquée de Paris a pris connaissance de la mise au point publiée à propos du début du mois béni de Ramadan 2026 – 1447 H. Elle souhaite, avec sérénité et dans un esprit d’apaisement, rappeler quelques principes essentiels.

Le début du mois de Ramadan n’est pas le fruit d’un « choix » institutionnel ou humain. Dans la tradition musulmane, il résulte avant tout de la constatation du nouveau croissant lunaire, conformément à l’enseignement prophétique : « Jeûnez à sa vision et rompez à sa vision. »

Les institutions n’établissent pas le mois sacré : elles annoncent ce que détermine le cycle lunaire, selon la méthode qu’elles estiment conforme à leurs références juridiques et théologiques.

Depuis près d’un siècle, la Grande Mosquée de Paris assure cette annonce pour les grands moments du calendrier cultuel. Cela ne signifie pas qu’elle représente toutes les sensibilités des musulmans de France, mais que, de manière constante, celles-ci lui ont reconnu la légitimité d’annoncer les repères majeurs de la vie religieuse, dans un souci de stabilité et d’apaisement. La question n’est donc pas celle d’une compétition de représentativité, mais celle de la sérénité des fidèles qui ont majoritairement suivi cette annonce, signe d’une confiance construite dans la durée.

La diversité des méthodes d’appréciation du calendrier lunaire existe depuis toujours dans le monde musulman. Elle relève d’écoles juridiques différentes et d’efforts d’interprétation reconnus par la tradition savante. Nul ne peut prétendre détenir à lui seul une certitude absolue en ce domaine.

Il n’appartient pas davantage à une instance Française de mettre en doute les décisions prises par les autorités religieuses d’autres pays musulmans. Les commissions savantes qui y siègent s’appuient sur leurs propres critères et sur leur responsabilité devant leurs fidèles.

Suggérer qu’un pays aurait entamé le jeûne en contradiction avec toute possibilité d’observation reviendrait, implicitement, à mettre en cause la sincérité ou la rigueur de ces autorités religieuses.

Une telle lecture serait théologiquement délicate. La pluralité des avis, lorsqu’elle repose sur des fondements sérieux, fait partie de la tradition islamique et doit être respectée.

L’unité, enfin, ne se décrète pas. Elle ne consiste pas à demander à tous de se ranger, en toute circonstance, derrière une instance particulière, ni à réduire la diversité des responsabilités religieuses à une seule expression. Elle se construit par une concertation réelle, par la prise en compte de la réalité vécue par les fidèles et par une parole mutuellement respectueuse qui n’assimile pas toute divergence à une volonté de division. Dans la tradition musulmane, la pluralité des avis a toujours coexisté avec la recherche de la concorde des cœurs.

La Grande Mosquée de Paris ne s’érige ni en arbitre des autres nations musulmanes ni en concurrente d’autres instances françaises. Sa seule boussole demeure la tranquillité des croyants, l’unité spirituelle et la continuité du culte. Elle continuera d’assumer cette responsabilité dans l’esprit qui a toujours été le sien : celui d’un repère cultuel au service de tous, sans exclusive et sans polémique.

Après ces jours d’incompréhensions, l’essentiel est désormais ailleurs : dans la prière, le jeûne, la solidarité et l’élévation spirituelle.

La Grande Mosquée de Paris appelle chacun à clore ces débats et à vivre ce mois béni dans la fraternité, la dignité et l’apaisement.

Qu’Allah accepte le jeûne et les prières de tous.

Chems-eddine Hafiz

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