
Par : Mohammed CHOUAKI
Le cyclone Gezani a frappé Madagascar la semaine dernière, faisant au moins 59 morts selon le dernier bilan officiel du Bureau national de gestion des risques et catastrophes (BNGRC).
Ce tollé s’alourdit par rapport aux chiffres précédents (43 morts rapportés initialement), avec 15 personnes toujours portées disparues, 804 blessés et 16 428 déplacés. Au total, 423 986 personnes sont affectées, principalement dans la région de Toamasina (nord-est), deuxième ville du pays comptant environ 400 000 habitants.
Les rafales ont atteint 250 à 270 km/h, détruisant 25 000 cases, inondant 27 000 autres et endommageant plus de 200 salles de classe. Les rues de Toamasina restent submergées par des eaux boueuses, avec pénuries d’eau et d’électricité (seulement 5% d’approvisionnement).
C’est le deuxième cyclone en moins d’un mois après Fytia (14 morts, 31 000 déplacés). Gezani a traversé le canal du Mozambique, causant 4 morts au sud du pays (Inhambane), et pourrait frapper à nouveau le sud-ouest de Madagascar ce lundi.
La Chine offre 100 millions de yuans (environ 12 millions d’euros) en aide non remboursable, tandis que la France envoie vivres, secouristes et pompiers depuis La Réunion. Le PAM alerte sur la précarité humanitaire sur place.
Les efforts d’aide humanitaire après le cyclone Gezani à Madagascar mobilisent plusieurs acteurs internationaux et locaux pour répondre aux besoins urgents en santé, eau, abris et reconstruction.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a débloqué 250 000 dollars (environ 1,1 milliard d’ariary) pour acheter médicaments essentiels et matériels médicaux, visant à prévenir les épidémies liées aux inondations dans les zones sinistrées comme Toamasina. La Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) a accordé 1 million de dollars pour soutenir la reconstruction et les opérations d’urgence.
La Suisse déploie huit experts du Corps Suisse d’aide humanitaire, plus deux tonnes de matériel (modules d’eau potable pour 10 000 personnes et kits de purification de puits), avec une enveloppe d’un million de francs Suisses. L’ONU, via OCHA et l’OIM, coordonne les évaluations et a alloué 5 millions de dollars du Fonds central d’intervention d’urgence (CERF) ; des équipes d’urgence sont sur place à Toamasina.
La Chine a signé un accord de coopération pour la reconstruction post-cyclones (avec Fytia), tandis que la France envoie vivres, experts et pompiers depuis La Réunion. Des ONG comme Médecins du Monde, Humanité & Inclusion et l’Alliance Urgences (incluant CARE et Action Contre la Faim) fournissent aide immédiate malgré les défis d’accès et de sécurité.
Les besoins humanitaires prioritaires après le cyclone Gezani à Madagascar portent principalement sur l’accès à l’eau potable, les abris d’urgence et les soins médicaux pour prévenir les épidémies.
Les évaluations rapides de l’OIM et d’ONG comme Action contre la Faim soulignent des lacunes critiques en abris d’urgence (plus de 25 000 maisons détruites), eau potable et assainissement, ainsi qu’aide alimentaire pour 423 000 personnes affectées, surtout à Toamasina. Les soins de santé sont urgents en raison des inondations favorisant les maladies, avec des structures sanitaires endommagées et pénuries d’électricité.
La protection des vulnérables (enfants, handicapés) et le soutien psychologique sont prioritaires, comme le note Handicap International, avec des kits d’hygiène et aides financières pour la reconstruction. L’accès aux zones sinistrées reste difficile (routes coupées, communications rompues), amplifiant les besoins en logistique et coordination via OCHA
Les zones les plus touchées par le cyclone Gezani à Madagascar, hors Toamasina (Tamatave), se concentrent dans plusieurs districts de l’est et du centre-est du pays, avec des dégâts massifs dans les régions d’Atsinanana et voisines.
• Région Atsinanana : Au-delà de Toamasina, le district de Toamasina II a subi les pertes les plus lourdes (29 des 31 premiers décès rapportés), avec une destruction estimée à 90% des habitations et infrastructures.
• Analanjirofo et Alaotra Mangoro : Ces régions orientales ont vu des milliers de sinistrés, avec inondations et habitations détruites ; Ambatondrazaka (Alaotra Mangoro) compte au moins 2 morts et des dégâts majeurs.
• Analamanga : Affectée en périphérie, avec des impacts sur Antananarivo (courses suspendues) et routes coupées, bien que moins dévastée que l’est.
Huit districts au total (sur quatre régions) sont sinistrés, avec 17 628 maisons détruites, 36 807 endommagées et plus de 250 000 personnes affectées hors capitale. Ces zones rurales souffrent particulièrement d’inondations persistantes et d’isolement

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