
Par : Mohammed CHOUAKI
L’Union Européenne cherche à sécuriser davantage de Gaz et de GNL Algériens, et la visite du commissaire Européen à l’Énergie à Alger ce jeudi s’inscrit clairement dans cette stratégie de réorientation énergétique.
Le Commissaire Européen à l’Énergie, le Danois Dan Jørgensen, est dépêché à Alger pour discuter avec les autorités Algériennes, notamment le Ministre de l’Énergie et des Mines, Mohamed Arkab. L’objectif affiché est d’accélérer et de consolider l’approvisionnement de l’UE en gaz et en GNL Algériens, dans le cadre de la diversification post‑gaz Russe.
Pourquoi le GNL Algérien devient stratégique pour l’UE
1 L’Algérie est déjà un fournisseur majeur de Gaz de l’UE (Gazoducs Transmed et Medgaz, plus GNL), et Bruxelles la présente comme un « partenaire très important » appelé à le devenir encore plus.
2. L’UE veut réduire sa dépendance au Gaz Russe tout en évitant de la remplacer par une dépendance excessive au GNL Américain, qui représente environ 60% des importations Européennes de GNL au 3ᵉ trimestre 2025.
3. Dans cette logique, l’Algérie se retrouve en « pole position » parmi les fournisseurs jugés fiables et politiquement acceptables (ni États‑Unis ni Russie), notamment pour le GNL acheminé par mer et regazéifié dans les terminaux Européens.
Enjeux politiques et géopolitiques
Cette visite se déroule dans un contexte où l’UE vise la fin de ses importations de Gaz Russe à l’horizon 2027 et réorganise toute son architecture d’approvisionnement. Dan Jørgensen lui‑même avertit du risque de « remplacer une dépendance par une autre », ce qui explique la recherche d’un équilibre entre plusieurs fournisseurs (Algérie, Canada, Qatar, Afrique du Nord, etc.).
Pour Alger, la séquence est l’occasion de se positionner comme fournisseur fiable et partenaire stratégique, tout en valorisant ses investissements annoncés dans les énergies dites vertes (près de 60 milliards de dollars sur les prochaines années).
Pour Bruxelles, miser sur le GNL Algérien, c’est tenter de desserrer l’étau entre Moscou et Washington, tout en gardant une marge de manœuvre dans la transition énergétique.
L’Algérie est un fournisseur clé de GNL pour l’UE, avec des volumes significatifs mais en légère baisse ces dernières années en raison de la conjoncture du marché Européen.
Volumes récents vers l’UE
En 2024, l’Algérie a exporté 6,84 millions de tonnes de GNL vers l’Union Européenne, représentant 8,1% des importations totales de GNL de l’UE (sur 84,8 millions de tonnes importées au total). Cela la place au quatrième rang des fournisseurs, derrière les États-Unis (36,58 Mt), la Russie (17,36 Mt) et le Qatar (10,56 Mt).
Les principaux importateurs Européens sont la Turquie (4,05 Mt), la France (3,26 Mt), l’Espagne (1,66 Mt) et l’Italie (1,39 Mt).
Tendances 2025
• Au 3e trimestre 2025, les exportations algériennes ont atteint 1,39 million de tonnes, soit environ 6% des importations de GNL de l’UE (23,53 Mt au total pour ce trimestre).
• Au premier semestre 2025, le volume s’élevait à 2,69 Mt, en recul par rapport à 3,66 Mt en 2024 (même période).
• L’UE a absorbé 95% des exportations totales de GNL algérien en 2025 (environ 3,14 Mt cités dans un contexte récent).
Contexte global
Les exportations totales de GNL Algérien ont été de 11,62 Mt en 2024 (baisse de 13,6% vs 2023), avec l’Europe comme destination dominante. L’Algérie dispose d’une capacité de production de 25,5 Mt/an et vise à doubler ses exportations à moyen terme, dans un marché où elle est leader africain. Ces chiffres soulignent sa position stratégique pour la diversification énergétique européenne.
Les principaux clients Européens du GNL Algérien sont dominés par la Turquie, la France, l’Espagne et l’Italie, qui absorbent la majorité des exportations vers le continent.
Classement des clients en 2024
Voici les principaux importateurs Européens de GNL Algérien pour l’année 2024, basés sur les volumes annuels :
Ces cinq pays ont représenté environ 95% des exportations totales de GNL algérien vers l’Europe cette année-là.
Tendances récentes (2025)
• Au premier semestre 2025, la Turquie (2,17 Mt) et la France (1,56 Mt) restaient en tête, suivies par l’Italie et l’Espagne (0,95 Mt chacune).
• En 2025 globalement, la Turquie a importé 3,14 Mt, confirmant sa position de leader Européen.
• La France domine au sein de l’UE stricto sensu, grâce à des contrats stables et des terminaux comme Fos Cavaou.
Ces flux soulignent le rôle pivot de l’Algérie pour la sécurité énergétique Sud-Européenne


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