Le Sénégal prépare quelques choses et ça fais peur

Par : Mohammed CHOUAKI

« le Sénégal prépare quelque chose… et ça fait peur ». En réalité, ce n’est pas un complot caché, mais la perception de réformes et de chantiers très ambivalents à la fois porteurs d’espoir et source d’inquiétude.

Ce que le Sénégal prépare réellement.

Le régime de Bassirou Diomaye Faye a déclaré 2026 « année de l’emploi et de l’économie sociale et solidaire », avec un budget record (plus de 7 400 milliards FCFA) tourné vers la relance des investissements publics.

L’État met l’accent sur :

• éducation et santé (enveloppes massives pour les hôpitaux, l’université et les lycées) ;

• infrastructures et eau (Grand transfert d’eau, routes, équipements pour les Jeux Olympiques de la Jeunesse à Dakar 2026) ;

• réformes institutionnelles (nouveau code électoral, révision constitutionnelle, Cour constitutionnelle, CENI, etc.).

Plusieurs raisons alimentent le malaise derrière ce « ça fait peur » :

• Une forte intensité de réformes (fiscales, budgétaires, institutionnelles) en peu de temps, ce qui crée de l’incertitude ;

• le passage d’une période d’austérité budgétaire à une explosion des dépenses d’investissement, avec un risque de pression accrue sur la dette ;

• des tensions sociales (jeune énorme pression démographique, chômage des jeunes, méfiance face aux promesses politiques après les années Macky Sall).

Ce qu’il faut en retenir.

« le Sénégal prépare quelque chose » signifie surtout un tournant politique‑économique marqué par une volonté de rupture avec le passé, beaucoup de projets publics et de réformes structurelles, mais aussi des inquiétudes légitimes sur comment tout cela sera financé et supporté socialement.

Le budget 2026 du Sénégal, annoncé comme un record à environ 7 400 milliards FCFA, marque un tournant ambitieux sous le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye, axé sur l’emploi, l’économie sociale et la relance des investissements publics.

Répartition principale.

Ce budget s’équilibre en recettes et dépenses autour de 7 400 milliards FCFA, avec une hausse significative des crédits d’investissement (environ 30-40% du total dédié aux infrastructures et secteurs sociaux). Les priorités incluent :
• Éducation et formation : plus de 1 000 milliards FCFA pour lycées, universités et programmes d’emploi jeune.

• Santé : investissements massifs dans hôpitaux et équipements, autour de 800-900 milliards FCFA.

• Infrastructures : routes, eau (Grand transfert d’eau du fleuve Gambie), et préparation des Jeux Olympiques de la Jeunesse 2026 à Dakar, pour près de 1 500 milliards FCFA.

• Économie sociale et solidaire : fonds pour PME, agriculture et chômage des jeunes.

Financement et risques.

Les recettes internes (impôts, douanes) devraient couvrir 60-70%, complétées par des prêts et dons extérieurs. Cela implique un recours accru à l’endettement, avec un déficit projeté et des pressions sur la dette publique (déjà autour de 70% du PIB). Les réformes fiscales visent à booster les recettes sans alourdir excessivement les ménages.

Contexte et débats.

Déclaré “année de l’accélération des réformes”, ce budget rompt avec l’austérité post-2024, mais suscite des craintes de surchauffe économique, d’inflation et de tensions sociales dues à la jeunesse nombreuse et au chômage élevé. L’Assemblée devrait l’examiner fin 2025 ou début 2026 pour adoption finale.

Le budget 2026 du Sénégal, d’environ 7 400 milliards FCFA, finance plusieurs projets structurants prioritaires pour l’emploi, les infrastructures et les services sociaux, sous l’impulsion du président Bassirou Diomaye Faye.

Infrastructures hydrauliques.

• Grand Transfert d’eau du fleuve Gambie : Un méga-projet pour alimenter Dakar et les régions en eau potable, avec des investissements massifs (estimés à plusieurs centaines de milliards FCFA) visant à résoudre les pénuries chroniques.

Transports et événements majeurs.

• Préparation des Jeux Olympiques de la Jeunesse 2026 à Dakar : Construction et rénovation d’infrastructures sportives, stades, routes d’accès et équipements logistiques, pour un coût total projeté autour de 1 000 milliards FCFA.

• Réseau routier et autoroutes : Extension des axes comme l’autoroute Ila Touba et modernisation des routes régionales pour booster la connectivité.

Éducation et santé.

• Construction de lycées et universités : Programme national pour 50 nouveaux lycées modernes et extension des campus universitaires, avec plus de 1 000 milliards FCFA alloués.

• Hôpitaux et centres de santé : Équipements high-tech pour hôpitaux régionaux et construction d’établissements dans les zones rurales.

Économie et agriculture.

• Fonds pour PME et économie sociale : Soutien aux petites entreprises et coopératives, avec focus sur l’emploi jeune et l’agriculture (irrigation, mécanisation).

Ces projets visent une rupture avec l’austérité antérieure, mais interrogent sur leur financement via dette et recettes fiscales.

Auteur/autrice

Views: 9

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *