Le Président Algérien Abdelmadjid TEBBOUNE a dénoncé le « colonialisme de peuplement inique » et « hideux »

Par : Mohammed CHOUAKI

Dans un message à l’occasion de la fête de la Victoire du 19 mars, commémorant le cessez-le-feu de 1962.

Contexte historique

Ce discours marque le 64e anniversaire des accords d’Évian (signés le 18 mars 1962), qui ont mis fin à 132 ans de colonisation Française et à sept ans et demi de guerre d’indépendance, une victoire « Arrosée de fleuves de sang » selon TEBBOUNE. Il s’inscrit dans une tradition de rappels annuels des sacrifices des martyrs, avec une référence à la révolution du 1er Novembre 1954.

Points clés du message

• TEBBOUNE qualifie le colonialisme de « dénué de toute valeur humaine », marqué par « les massacres, la destruction et le pillage », et incarnant « les pires formes d’exactions et de barbarie ».

• Il affirme que ce système a « tremblé face à la force de la vérité » et aux « lois de l’univers » favorisant les peuples aspirant à la liberté.

• L’Algérie poursuit aujourd’hui l’œuvre des libérateurs via un « projet de développement stratégique », renforçant sa souveraineté économique dans un contexte instable.

Implications actuelles

Ce discours ravive les tensions mémorielles Franco-Algériennes, sans nommer explicitement la France mais dans un contexte clair de commémoration. Il souligne la fidélité aux martyrs et la résilience nationale face aux défis contemporains.

Le colonialisme de peuplement en Algérie désigne la politique Française d’installation massive d’Européens sur les terres autochtones, initiée dès 1830 pour consolider la conquête militaire et économique.

Début de la conquête (1830-1848)

La France débarque à Sidi-Feredj en juin 1830, prenant Alger le 5 juillet et divisant l’Algérie en trois départements en 1848. Dès le début, les militaires se muent en colons pour ravitailler les troupes, rejoints par des paysans du Midi, Corses, Alsaciens-Lorrains et immigrants d’Espagne, d’Italie, de Malte, d’Allemagne et de Suisse. La conquête, violente, cause des famines et une baisse de la population musulmane de 3 à 2 millions entre 1830 et 1872, avec au moins 1 million de morts.

Mécanismes de peuplement

Les terres sont confisquées aux indigènes via des villages officiels, concessions étatiques et colonisation libre, refoulant les Algériens vers les hauts plateaux ou les villes. La population Européenne passe de 280 000 en 1872 à près d’un million en 1936, majoritairement Française après la loi de naturalisation de 1889 et aux trois quarts urbanisés. Cela instaure une dépossession foncière et identitaire, qualifiée d’épuration ethnique par certains.

Conséquences sociales et démographiques

Les Algériens, paupérisés, entrent en salariat agricole ou émigrent en métropole post-1914, tandis que les Européens contrôlent plus de 3 millions d’hectares en 1939. Cette inégalité fonde les tensions menant à la guerre d’indépendance (1954-1962).

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