L’élimination de l’équipe nationale Algérienne de la Coupe d’Afrique des Nations a déclenché une vague de réactions. Si le débat sportif est légitime, une fracture semble s’être créée entre une analyse technique et des interprétations qui dépassent le cadre du terrain.
Sur le plan sportif, le bilan est contrasté mais non dénué de mérite. Les Verts ont dominé leur groupe de qualification et l’ont remporté avec autorité. Cette première place n’était pas un dû ; elle est le fruit d’un travail collectif et d’une détermination dont il faut leur savoir gré. Le match contre le Congo en a été une parfaite illustration : face à une équipe solide et physique, les Algériens ont fait preuve de caractère pour arracher une victoire précieuse. Ces moments rappellent la trempe d’une équipe qui sait se transcender.
Le match décisif contre le Nigeria, cependant, reste au cœur de la controverse. Si la performance des Super Eagles mérite reconnaissance, l’arbitrage a, indéniablement, influencé le cours de la rencontre. L’absence de sifflet sur une action de penalty évidente en faveur de l’Algérie, ainsi qu’un déséquilibre dans la distribution des cartons, ont suscité une profonde frustration. Ces décisions, perçues comme des erreurs lourdes de conséquence, ont cassé l’élan algérien à un moment clé et alimentent, depuis, un sentiment d’injustice chez de nombreux supporters.
Ce sentiment est d’autant plus vif qu’il résonne avec une perception plus large : celle que l’Algérie, par son histoire, son poids politique et son rayonnement, suscite parfois des réactions complexes dans son environnement régional. Certains y voient une hostilité qui se glisserait jusque dans les stades. Il est crucial de distinguer ici la critique sportive, nécessaire et saine, d’un possible dénigrement systématique, qui serait lui, stérile.
Pour autant, il serait réducteur de résumer l’élimination à un seul facteur externe. La beauté et la cruauté du football résident dans cet équilibre fragile entre la performance, la chance et les aléas du jeu. L’équipe nationale, malgré son talent, a peut-être aussi connu des ratés tactiques ou techniques à des moments décisifs. Une analyse complète doit pouvoir embrasser ces différents aspects sans se renfermer dans un récit unique.
La véritable force des Verts et de leur public réside dans cette capacité à porter un regard à la fois fier et lucide. Fier, car cette équipe possède une histoire glorieuse et un potentiel indéniable, soutenu par l’un des publics les plus passionnés du continent. Lucide, car reconnaître ses propres limites est le premier pas vers l’amélioration.
En conclusion, le parcours algérien à cette CAN laisse un goût d’inachevé. Entre la fierté d’un parcours de qualification irréprochable, la déception d’une élimination précoce et les questions légitimes sur les conditions de cette élimination, le débat est ouvert. Peut-être que la leçon à retenir est que l’avenir des Verts se construira, comme toujours, sur le terrain, par le travail et la persévérance, en tirant les enseignements de toutes les expériences, y compris les plus amères. L’essentiel est que la passion qui les entoure reste un moteur pour la reconstruction, et non un poison.
Que l’avenir réserve à l’Algérie les succès que son football mérite.
Leila GUIRI – Lille


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