Le courage d’une voix Française : Villepin dénonce la « recolonisation » Américaine et éclaire les défis du Venezuela

L’ancien Premier Ministre Français, et candidat à la Présidentielle, Dominique de Villepin ose affronter la politique de Trump sur la scène mondiale, offrant une lecture critique qui résonne au Sud.

En tant qu’Algérien, habitué à lire les relations internationales à travers le prisme de l’histoire coloniale et de la lutte pour la souveraineté des peuples, l’intervention de Dominique de Villepin sur RTL ce 7 janvier 2026 a retenu toute mon attention.

Dans un paysage politique Français souvent timoré face aux puissants, le candidat à la Présidentielle a fait preuve d’un courage intellectuel et politique remarquable en s’attaquant frontalement à la politique étrangère de Donald Trump, notamment sur deux dossiers brûlants : l’influence Américaine globale et la crise Vénézuélienne.

Le fond de la critique de Villepin est aussi clair que percutant : sous Trump, les États-Unis sont perçus comme une puissance qui « recolonise un continent ». Cette formule, forte, n’est pas lancée à la légère.

Elle s’appuie sur un constat : le « soft power », cette influence patiemment construite par Washington sur un siècle, est en train de s’effondrer « du jour au lendemain ». Le discrédit est jeté, et l’image qui émerge, particulièrement dans le « Sud global » – une expression chère à ceux qui, comme nous en Algérie, observent les rapports Nord-Sud – est celle d’une puissance prédatrice. « Ce n’est pas la meilleure étiquette aujourd’hui », souligne-t-il justement, en rappelant la sensibilité aiguë au nationalisme et à l’ingérence en Amérique latine.

C’est ici que l’analyse de Villepin devient précieuse et dépasse la simple critique. En parlant du Venezuela, il évite l’écueil du manichéisme. Loin de tout angélisme envers le régime en place, il pose un diagnostic stratégique d’une lucidité froide.

« La partie la plus simple au Venezuela, c’est l’opération militaire. Mais l’opération politique est diablement plus compliquée. »

Cette phrase devrait être méditée par tous les faiseurs de guerre et partisans des interventions simplistes. Villepin met le doigt sur l’absence de stratégie politique claire de Washington après une éventuelle action de force. Le fait que les États-Unis semblent désormais « avoir décidé de composer avec le régime en place » illustre, selon lui, cette improvisation qui ne fait que compliquer la situation.

Son propos est ancré dans la réalité humaine du pays : sécuriser, stabiliser, et surtout « répondre à l’impatience des Vénézuéliens qui ont souffert pendant toutes ces années », avec ces 8 millions d’exilés qui attendent de rentrer. « La tâche est immense », répète-t-il, bien plus que de simplement « digérer » une action militaire. « Ce n’est pas gagné », conclut-il sobrement, à deux reprises, jetant une douche froide sur les fantasmes de solutions rapides par la force.

En tant qu’Algérien, cette analyse résonne profondément. Elle rappelle que la souveraineté des peuples, même face à des régimes contestés, est un principe cardinal. Elle souligne que les interventions extérieures, sans vision politique claire et sans considération pour les dynamiques locales, engendrent le chaos bien plus souvent que la démocratie. La mise en garde contre la « recolonisation » n’est pas qu’une métaphore ; c’est l’expression de la crainte de voir les vieux schémas de domination se perpétuer sous de nouvelles formes.

Dominique de Villepin, en prononçant ces mots sur une grande antenne française, a fait plus qu’une analyse géopolitique. Il a montré qu’il était possible, et nécessaire, pour un candidat Français à la plus haute fonction, d’affronter le pouvoir Américain sur le terrain des idées et des principes. Il a offert une voix à la complexité du monde, une voix qui refuse les raccourcis guerriers et qui reconnaît la dignité et la difficulté des peuples à décider de leur destin.

Dans un contexte international tendu, où les voix du Sud sont trop souvent ignorées ou méprisées, ce courage mérite d’être salué.

C’est le genre de discours qui force le respect bien au-delà des frontières de l’Hexagone, notamment sur les rives de la Méditerranée sud, où l’on connaît le prix de la liberté et le poids des ingérences.

Auteurs/autrices

Views: 0

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *