
Par : Mohammed CHOUAKI
L’Algérie consolide ses efforts pour récupérer les fonds et biens détournés transférés à l’Etranger en s’appuyant sur une coopération accrue avec l’Union Européenne. Dans le cadre de sa vaste campagne de lutte contre la corruption, l’État Algérien a multiplié les demandes d’entraide judiciaire et les commissions rogatoires auprès de plusieurs pays membres de l’UE, visant à identifier, geler et restituer les avoirs issus de détournements et de blanchiment d’argent. Cette démarche s’inscrit dans une stratégie à la fois diplomatique et juridique, soutenue par des engagements publics de l’Europe à renforcer la coopération en matière de restitution des « biens mal acquis ».
L’UE, à travers son Haut‑Représentant Josep Borrell et la Commission Européenne, a affirmé sa volonté de travailler avec Alger sur ce dossier, en insistant sur l’importance du respect des procédures légales internationales. L’Union inscrit la lutte contre la corruption et le blanchiment d’argent parmi ses priorités, ce qui facilite la mise en place de canaux de coopération technique, notamment dans la formation des juges, procureurs et experts Algériens.
Les autorités Algériennes, quant à elles, soulignent que la majorité des pays Européens affichent une volonté de coopérer, dans la mesure où les demandes sont couvertes par des cadres juridiques solides et des preuves documentées.
Sur le terrain, les résultats restent progressifs mais visibles. Entre 2024 et 2025, plusieurs juridictions Européennes ont opéré des gelés d’avoir et autorisé des premières restitutions, portant sur des biens immobiliers et des comptes bancaires liés à des personnalités politico‑économiques et leurs proches. Toutefois, l’ampleur de ces retours reste inférieure à l’estimation officielle avancée par Alger, qui parle de plusieurs dizaines de Milliards de Dollars de fonds détournés à l’échelle Mondiale. Les défis persistent, notamment en matière de lourdeur des procédures judiciaires, de différences législatives entre pays et de complexité des schémas de dissimulation financière.
En parallèle, l’Algérie déploie une nouvelle approche reposant sur des procédures alternatives de restitution, qui permettent de contourner certains blocages contentieux. Cette stratégie vise à accélérer les procédures et à renforcer la pression diplomatique sur les pays qui abritent des actifs détournés, tout en maintenant le cap sur une reconstruction de l’image financière et institutionnelle du pays.
À moyen terme, la coopération avec l’UE constitue un levier essentiel pour Alger, non seulement pour récupérer des fonds, mais aussi pour consolider un cadre juridique international plus contraignant en matière de transparence et de lutte contre la corruption.
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