
Par : Mohammed CHOUAKI
La Russie, par la voix de son Ministre des Affaires Etrangères Sergueï Lavrov, a menacé mercredi 10 février 2026 de prendre des « contre-mesures » de nature militaire si les Occidentaux militarisaient le Groenland. Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions accrues en Arctique, avec des déploiements récents de petits contingents Européens sur ce territoire Danois et les ambitions répétées du Président Américain Donald Trump pour y accroître l’influence des États-Unis.
Lavrov s’est exprimé devant le Parlement Russe, affirmant que toute création de capacités militaires au Groenland visant la Russie entraînerait des réponses « adéquates, y compris de nature militaro-technique ». Il a critiqué le traitement des Groenlandais par le Danemark et renvoyé les négociations sur la souveraineté aux États-Unis, au Danemark et au Groenland eux-mêmes.
L’OTAN planifie depuis début février une mission pour renforcer la sécurité arctique, tandis que Trump, réélu en 2024, a évoqué en janvier à Davos un « cadre » de négociation avec son Secrétaire Général Mark Rutte, sans détails publics.
Le Danemark et le Groenland rejettent toute cession de souveraineté.
Le Groenland, avec ses ressources et sa position stratégique, cristallise les rivalités Russie-Etats-Unis-Chine en Arctique. Moscou perçoit ces mouvements comme une menace directe, potentiellement liée à l’expiration des accords de contrôle d’armements nucléaires. Cette escalade verbale s’inscrit dans une rhétorique plus large de confrontation post-2025.
Récemment, plusieurs pays Européens ont déployé de petits contingents de troupes au Groenland dans le cadre de l’exercice OTAN “Arctic Endurance”, lancé début janvier 2026 pour renforcer la présence alliée en Arctique face aux tensions avec la Russie et les revendications Américaines.
Pays impliqués :
• France :
Premier contingent de chasseurs alpins arrivé mi-janvier (environ 5 à 15 soldats), suivi de renforts terrestres, aériens et navals annoncés par Emmanuel Macron.
• Allemagne :
Équipe de reconnaissance de la Bundeswehr (13 membres) déployée à Nuuk du 15 au 18 janvier.
• Suède et Norvège :
Soldats présents dès les premiers jours pour des missions de reconnaissance et d’exploration.
• Royaume-Uni, Pays-Bas, Finlande :
Déploiements limités (1 à quelques unités par pays) pour préparer des exercices futurs.
Détails opérationnels
Ces missions, à l’invitation du Danemark (hôte principal), impliquent des dizaines de soldats au total à Nuuk, axées sur la surveillance maritime, les infrastructures critiques et l’entraînement arctique. Elles s’inscrivent après l’échec des discussions États-Unis-Danemark en janvier, sans lien direct avec la menace russe de février. Des rotations et exercices plus larges sont prévus tout au long de 2026.
Les États-Unis n’ont pas publié de réaction officielle détaillée ou critique au déploiement limité de troupes Européennes au Groenland début 2026, dans le cadre de l’exercice OTAN “Arctic Endurance”. Ce silence apparent reflète une tolérance stratégique, les États-Unis étant déjà présents via la base de Thulé (Pituffik Space Base) et les ambitions affichées de Donald Trump pour une influence accrue sur l’île.
Contexte Américain
Washington priorise ses propres négociations avec le Danemark, relancées en janvier 2026 après l’échec initial, visant un “cadre” d’acquisition ou de partenariat économique sans militarisation immédiate.
Les déploiements Européens (France, Allemagne, etc.) sont vus comme complémentaires à l’OTAN, dont les USA sont le pilier arctique, plutôt que comme une concurrence directe.
Enjeux pour Trump
Le Président Trump, focalisé sur la “souveraineté Groenlandaise” évoquée à Davos, perçoit ces mouvements alliés comme un soutien indirect face à la Russie et à la Chine, sans menacer ses plans miniers et stratégiques. Aucune escalade verbale n’a été notée à ce jour, malgré les menaces Russes récentes.

Views: 5