La guerre en Iran renforce la cohésion de la base populaire de la République Islamique

Par : Mohammed CHOUAKI

En Iran, la guerre en cours semble effectivement renforcer la cohésion de la base populaire de la République Islamique, transformant l’adversité extérieure en un facteur d’unité idéologique et nationale.

Contexte du conflit

La guerre a débuté fin février 2026 avec des frappes Américano-Israéliennes, tuant notamment l’ancien Guide Suprême Ali Khamenei le 28 février. Au lieu de fracturer le régime, ces attaques ont soudé son socle fidèle, estimé à plusieurs millions de personnes sur 92 millions d’habitants, dans une “lutte existentielle”.

Manifestations de cohésion

Lors de la Journée Mondiale de Qods le 13 mars à Téhéran, malgré les bombes, des foules massives ont défilé avec des figures clés comme Ali Larijani, Massoud Pezeshkian et Gholam-Hossein Mohseni-Ejei. Des témoignages, comme celui d’Ali via Télégram, soulignent une détermination accrue : “L’agression étrangère nous rend plus fermes”, même chez certains critiques économiques qui se rallient à la défense nationale.

Mécanismes sous-jacents

Le régime s’appuie sur un système de rentes liant loyauté politique à des privilèges économiques, renforcé par un narratif historique de résistance aux humiliations passées (dynasties Qadjar et Pahlavi). Même une répression sanglante en janvier (7 000 civils tués selon HRANA) n’a pas érodé cette base, qui voit dans la guerre une restauration de la dignité nationale.

Limites et perspectives

Israël cible bassidjis et infrastructures pour affaiblir sans aliéner les civils, mais cela unifie les Iraniens, y compris les opposants, dans un ralliement nationaliste rare. Des voix critiques persistent sur l’économie et les réformes, mais le régime sort potentiellement renforcer, comme lors de la guerre Iran-Irak.

Les opposants Monarchistes Iraniens, menés par le Prince Reza Pahlavi depuis l’exil, affichent des réactions mitigées à la guerre en cours contre les États-Unis et Israël, oscillant entre opportunisme et prudence nationaliste.

Soutien à l’effort de guerre

Malgré leur hostilité viscérale au régime Islamique, de nombreux Monarchistes ont publiquement appelé à soutenir l’armée Iranienne face aux frappes étrangères, voyant dans l’invasion un risque de Balkanisation du pays. Reza Pahlavi a déclaré sur X le 1er mars : “L’Iran n’est pas l’ennemi ; c’est le régime qui l’a mis à genoux. Mais aujourd’hui, tous les Iraniens doivent se dresser contre l’agresseur extérieur.”

Critique du régime persistant

Ils accusent la République Islamique d’avoir provoqué le conflit par son bellicisme (soutien au Hamas, Houthis, Hezbollah), mais refusent toute alliance avec les “impérialistes” Américains ou Israéliens, craignant un chaos post-régime pire que le statu quo. Des figures comme l’avocat Monarchiste Amir Khadir dénoncent sur Facebook : “Certains appuient la guerre pour détruire l’Iran ; nous disons non au régime, non à l’invasion.”

Stratégie opportuniste

La guerre offre une fenêtre pour mobiliser :

Manifestations pro-Pahlavi à Los Angeles et Paris ont grimpé de 20% depuis février, avec des slogans comme “Ni mollahs ni bombes”. Cependant, ils insistent sur une transition pacifique interne, rejetant tout scénario de “changement de régime” imposé de l’extérieur, à l’image des échecs Afghans ou Irakiens.

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