La diplomate Anne Claire Legendre nommée à la tête de l’Institut du Monde Arabe

Par : Mohammed CHOUAKI

Anne-Claire Legendre, diplomate chevronnée, a été nommée le 17 février 2026 à la Présidence de l’Institut du Monde Arabe (IMA), succédant à Jack Lang qui a démissionné.

Cette élection unanime par le conseil d’administration, sur proposition de l’État Français via le Ministre Jean-Noël Barrot, marque une première : elle devient la première femme à diriger l’IMA depuis sa création en 1987. À 46 ans, Legendre était jusqu’alors conseillère Afrique du Nord et Moyen-Orient auprès du Président Emmanuel Macron depuis décembre 2023.

Parcours professionnel

Diplomate de carrière, elle a débuté à l’Ambassade de France au Yémen (2005-2006), puis travaillé sur les relations Franco-Algériennes au Quai d’Orsay. Parmi ses postes clés : mission aux Nations Unies à New York (2010-2013) sur le Moyen-Orient, conseillère au cabinet de Laurent Fabius, Consule Générale à New York (2016-2020), Ambassadrice au Koweït (2020-2021), et porte-parole du Ministère des Affaires Etrangères (2021-2023).

À l’approche du 40e anniversaire de l’IMA, sa Présidence vise une réforme ambitieuse : modernisation de la gouvernance, efficacité organisationnelle, assainissement financier et renforcement de la déontologie. Experte Arabisante reconnue pour sa connaissance du Maghreb et du Moyen-Orient, elle doit consolider le rôle de l’IMA dans le dialogue entre la France, l’Europe et le monde Arabe.

Anne-Claire Legendre hérite d’un Institut du Monde Arabe fragilisé par des crises financières récurrentes et des controverses de gouvernance, dans un contexte de démission de Jack Lang. Ses priorités immédiates incluent une réforme ambitieuse pour moderniser l’institution.

Crise financière souffre d’un déficit structurel chronique, avec des recettes d’exploitation inférieures aux subventions d’État (12,3 M€ annuels), tandis que les contributions des 22 pays Arabes partenaires sont irrégulières et insuffisantes. Une mission d’inspection et un audit financier ont été lancés pour évaluer la gestion et les ressources humaines, visant un rétablissement d’une trajectoire soutenable.

La modernisation de la gouvernance et une organisation plus efficace sont attendues, après des critiques de la Cour des comptes en 2024 sur des irrégularités, un manque de contrôle et des “baronnies” internes. Legendre doit renforcer la déontologie et restaurer la confiance publique, dans un contexte de copinage présumé sous l’ère Lang.

À l’approche du 40e anniversaire, l’institut doit élargir son audience au-delà de Paris, irriguer les territoires (comme l’extension à Tourcoing en attente de fonds) et renforcer le dialogue Franco-Arabe contemporain auprès des jeunes. Équilibrer les attentes de l’État Français, des partenaires Arabes et du public constitue un défi politique majeur.

Anne-Claire Legendre, nouvelle Présidente de l’Institut du Monde Arabe (IMA), a annoncé une feuille de route ambitieuse axée sur des réformes structurelles pour redresser l’institution à l’approche de son 40e anniversaire.

Elle met l’accent sur la modernisation de la gouvernance, une organisation plus lisible et efficace, ainsi que le rétablissement d’une trajectoire financière soutenable via une inspection en cours et une transparence accrue. Le renforcement des règles de déontologie vise à restaurer la confiance et la sérénité après les controverses liées à la présidence précédente.

L’IMA doit consolider son rôle unique de trait d’union culturel et diplomatique entre la France, l’Europe et le Monde Arabe contemporain, en favorisant la compréhension des réalités géopolitiques et culturelles. Legendre insiste sur l’extension du rayonnement au-delà de Paris, vers les territoires et les jeunes, tout en valorisant la “part d’arabité” dans l’identité Française pour renforcer la cohésion nationale.

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