Hommage à mon ami Abderazak Bouhara, treize ans déjà

Par : Abdelkader Reguig

Treize ans ont passé. Treize ans depuis que tu nous as quittés, en ce 10 février 2013, à Alger. Mais le temps n’a rien effacé, Abderazak. Il n’a fait que rendre plus précieux le souvenir de ta stature, de ta dignité et de ton amitié. Aujourd’hui, je veux me souvenir de l’homme d’État, du Moudjahid, mais surtout de l’ami que le destin, à deux reprises, a placé à mes côtés dans les instances supérieures de la nation.

Je me souviens de tout. De notre première rencontre, en 1985. Toi, membre éminent du Secrétariat Permanent du Parti du FLN, tu avais eu ce geste qui te ressemblait tant : celui de l’humilité et de la grandeur. Alors que d’autres se seraient tenus à distance, tu avais été le premier à descendre pour venir me féliciter, à la suite de mon élection au Bureau National en tant que Secrétaire National chargé du Bureau Sectoriel des Ingénieurs de l’Union Nationale des Ingénieurs, Architectes et Scientifiques Algériens (UNIASA). Ce geste, je ne l’ai jamais oublié. Il était le reflet de l’homme que tu étais : un dirigeant proche, accessible, qui reconnaissait la valeur des autres sans jamais de condescendance.

Le destin a voulu que nos chemins se croisent à nouveau. Lors du 6e congrès du Parti FLN, nous nous sommes retrouvés élus ensemble au Comité Central. C’était une fierté partagée, une consécration pour nous deux, mais surtout le début d’une confiance mutuelle qui ne s’est jamais démentie.

Des années plus tard, en 2007, alors que je renouvelais mon mandat au Conseil de la Nation, le destin, une fois encore, joua son rôle. Tu fus ainsi désigné Sénateur au tiers Présidentiel. Nous voilà de nouveau réunis, dans cette haute assemblée.

Un homme d’Etat

Deux fois, la vie nous aura placés côte à côte dans les instances suprêmes de l’État. Étrange destinée, qui faisait que celui qui était venu me féliciter avec tant de simplicité en 1985 devenait, plus de vingt ans après, un collègue et un compagnon de route dans la noble mission de servir notre pays.

Mais derrière le haut responsable, derrière le Ministre de la Santé, le Wali d’Alger, l’Ambassadeur à Hanoï ou le Lieutenant-Colonel de l’ALN, il y avait l’homme. L’homme de Collo, né en décembre 1934, nourri par l’école du scoutisme et les idéaux de la Révolution.

Un moudjahid de la première heure

Je te revois, Abderazak, avec ta richesse d’expérience, cette autorité naturelle forgée par ton parcours exceptionnel : « tu fus le premier officier à porter la première tenue militaire Algérienne, en tant qu’aide de camp du Président Ben Bella, lors de son premier voyage à New York», Officier sur le Canal de Suez en 1967, diplomate en poste à Paris et Moscou. Tu avais traversé les épreuves de l’Histoire, des djebels de notre guerre de Libération aux Rizières du Vietnam, un pays dont tu avais partagé les souffrances sous les bombardements.

Tu étais aussi l’intellectuel, l’auteur de ces livres précieux, Les Viviers de la Libération et du Djebel aux Rizières, où tu alliais l’expérience du terrain à une profonde réflexion sur la guerre, la libération et la symbiose nécessaire entre un peuple et ceux qui le mènent au combat.

Aujourd’hui, je veux saluer en toi le Moudjahid intègre, le dirigeant exemplaire et, surtout, l’ami fidèle. Ce qui nous liait, c’était cette estime réciproque et cette même conception du service de l’État : un engagement désintéressé, une loyauté sans faille et un amour profond pour l’Algérie.

Treize années ont passé, Abderazak, mais ta mémoire est plus vivante que jamais. Je garde précieusement le souvenir de nos rencontres, de nos échanges, de cette complicité née dans les allées du pouvoir, loin des intrigues, dans le seul respect de l’homme et de son parcours.

Repose en paix, mon ami. Tu resteras à jamais gravé dans mon cœur et dans l’histoire de notre pays.

Par : Abdelkader Reguig – Oran

Contact: orarexe@gmail.com

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