Gazoduc Transsaharien Nigeria‑Algérie : la date de mise en service se précise en 2027

Par : Mohammed CHOUAKI

Le projet du Gazoduc Transsaharien Nigeria‑Algérie, longtemps figé dans les études et les promesses, franchit enfin la ligne de départ avec la confirmation d’un calendrier de construction s’étalant sur 2026, pour une mise en service opérationnelle visée autour de 2027. Cette infrastructure stratégique, qui reliera Warri au réseau Gazifique Algérien puis à la Méditerranée, consolide le rôle de l’Algérie comme hub énergétique entre l’Afrique de l’Ouest et l’Europe, tout en redéfinissant la carte du Gaz sur le continent.

Un calendrier aux contours clairs

Après des années d’atermoiements et de réunions trilatérales, Alger, Abuja et Niamey ont finally aligné les agendas. Les autorités Algériennes ont annoncé le lancement de la phase de construction à compter de 2026, avec le début des travaux du tronçon traversant le Niger juste après le mois de Ramadan 2026. Cette étape technique marque la fin du stade de financement et d’ingénierie pour basculer dans la réalisation concrète. Sur la base de ce calendrier, la mise en service opérationnelle du Gazoduc est alignée autour de 2027, conformément aux annonces répétées par les Ministères de l’Énergie des trois pays et les opérateurs nationaux.

Une infrastructure aux dimensions continentales

Le Gazoduc Transsaharien Nigeria‑Algérie, connu sous le sigle TSGP (Trans‑Sahara Gas Pipeline), doit couvrir environ 4 128 kilomètres : près de 2 310 km en Algérie, 1 037 km au Nigeria et 841 km au Niger. Partant des champs Gaziers du Delta du Niger à Warri, il empruntera une trajectoire essentiellement Nord‑Sud dans le Nigeria, puis traversera le Niger avant de rejoindre le réseau Algérien via le Sud Saharien. Le tronçon Algérien, le plus long, reliera la frontière Nigérienne au système de Gazoducs existant desservant les terminaux d’exportation Méditerranéens et, potentiellement, les Gazoducs vers l’Europe.

Des capacités de transport et des enjeux commerciaux

Le projet vise à transporter jusqu’à 30 Milliards de m³ de Gaz par an, ce qui représente une capacité comparable à plusieurs grands Gazoducs internationaux. Pour le Nigeria, second réservoir de Gaz Africain, il s’agit d’une sortie industrielle massive vers des marchés réglementés et plus stables, en Europe notamment.

Pour l’Algérie, ce flot complémentaire renforce le rôle de « Hub » entre l’Afrique de l’Ouest et l’Europe, en particulier dans un contexte où l’Union Européenne cherche à diversifier ses sources de Gaz, au-delà de la Russie et du Gaz liquéfié. Le Niger, quant à lui, passe d’acteur de transit à partenaire énergétique, avec des redevances prévisibles et un levier pour négocier des investissements connexes (stations‑gaz, projets industriels, énergie).

Enjeux sécuritaires, géopolitiques et environnementaux

Le tracé Transsaharien traverse des zones sensibles, exposées à l’insécurité et au terrorisme, ce qui impose des normes de sécurité élevées et des dispositifs de surveillance pérennes. Les partenaires insistent sur la « coopération sécuritaire » comme pilier du projet, mais la réalité reste fragile à l’aune des dynamiques au Sahel et au Nord‑Nigeria. Par ailleurs, le TSGP s’inscrit dans une dynamique de souveraineté énergétique Africaine, présentée par les trois pays comme symbole de solidarité régionale face aux fluctuations des prix Mondiaux. Sur le plan environnemental, le Gaz reste un fossile, mais il est souvent présenté comme un « Pont » vers les énergies renouvelables, tout en posant la question des fuites et de la durée de vie de l’infrastructure.

Conclusion

Le Gazoduc Transsaharien Nigeria‑Algérie, annoncé à une mise en service autour de 2027, n’est plus seulement un projet de papier, mais un axe de transformation stratégique pour trois géants énergétiques Africains. Il pourrait bouleverser la carte du Gaz en Afrique de l’Ouest et en Méditerranée, en faisant de l’Algérie le pivot entre le Nigeria Gazier et les marchés Européens. Pourtant, la réussite dépendra autant de la maîtrise technique des 4 000 km de conduite que de la capacité des trois États à stabiliser leurs arrière-gardes, sécuriser le tracé et rendre le Gaz Transsaharien politiquement et économiquement viable sur le long terme.

Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

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