
Par : Mohammed CHOUAKI
Le titre renvoie à une tribune récente du SG de l’Organisation Africaine des Producteurs de Pétrole (APPO), Farid Ghezali, qui présente le Gazoduc transsaharien comme un levier pour faire passer l’Afrique du statut de simple « réservoir de gaz » à celui de stratège de l’architecture énergétique mondiale.
Sens de la formule « l’Afrique sera l’architecte »
• L’idée centrale est que le TSGP (Nigeria–Niger–Algérie) doit permettre aux États Africains de participer à la conception des règles du jeu énergétique (contrats, prix, infrastructures, financements), et non seulement d’alimenter des pipelines vers l’Europe.
• Ghezali parle de souveraineté énergétique Panafricaine : optimisation de la production, diversification des marchés, renforcement des institutions financières Africaines (fonds souverains communs), et montée en gamme technologique pour que les décisions clés soient prises depuis le continent.
Rôle du Gazoduc Transsaharien
• Le TSGP est un projet de plus de 4 000 km, reliant le gaz Nigérian à l’Algérie puis à l’Europe, avec une capacité visée d’environ 30 milliards de m³ par an.
• Il est présenté comme une infrastructure « structurante » : d’un côté, il offre à l’Europe une nouvelle route d’approvisionnement post-crise Russo‑Européenne; de l’autre, il donne aux trois pays et, par extension, à l’Afrique, un pouvoir de négociation accru dans les discussions avec l’UE.
Calendrier et état d’avancement
• Algérie, Nigeria et Niger ont signé en 2025 des accords pour relancer et accélérer le projet, dont une mise à jour d’étude de faisabilité confiée à Penspen, avec un coût global estimé autour de 13 milliards de dollars.
• Les autorités évoquent une phase I opérationnelle à l’horizon 2029, tandis que les annonces récentes parlent du lancement des travaux et d’un rôle central de Sonatrach sur le tronçon algérien.
Dimension géopolitique
• Pour l’Europe, ce Gazoduc s’inscrit dans la stratégie de diversification des sources d’approvisionnement afin de réduire la dépendance au gaz russe et au GNL Américain.
• Pour les pays Africains, il devient une « arme stratégique » dans la renégociation des partenariats avec l’UE : volume significatif, projet jugé techniquement et économiquement viable, et possibilité de peser davantage dans la définition d’un partenariat réellement gagnant‑gagnant.
Vision Panafricaine
• L’APPO place ce gazoduc dans un ensemble plus large d’infrastructures (hubs GNL au Mozambique, Nigeria, Sénégal) pour créer une architecture énergétique continentale, plutôt qu’une juxtaposition de projets orientés uniquement vers l’export brut.
• C’est ce cadre qui justifie la formule : l’Afrique ne serait plus seulement « fournisseur » de molécules, mais « architecte » des flux, des normes et des institutions qui organisent le système énergétique Afro‑Européen
Après l’étude de faisabilité actualisée (mandatée en février 2025 à Penspen pour 6 mois), les étapes suivantes portent sur le financement, les accords contractuels et le lancement des travaux de construction, avec des annonces récentes confirmant une accélération.
Étapes immédiates post-étude
• Mobilisation des financements : Boucler l’enveloppe de 13 milliards USD, avec soutien technique de la Banque Africaine de développement (BAD), mais sans calendrier précis pour les fonds.
• Décisions politiques et accords finaux : Validation des gouvernements des trois pays (Algérie, Nigeria, Niger) sur le tracé révisé, les volumes (30 milliards m³/an), les stations de compression et les aspects légaux/environnementaux/sociaux.
Lancement des travaux de construction
• Tronçon Nigérien prioritaire : Annoncé par le Président TEBBOUNE le 16 février 2026, les procédures pratiques démarrent « immédiatement après le Ramadan » (fin mars 2026), avec Sonatrach en charge de la réalisation au Niger (1 000 km).
• Phases globales : 60% du tracé déjà posé (2 400 km, surtout Algérie/Nigeria) ; reste 1 800 km à construire (700 km Algérie, 1 000 km Niger, 100 km Nigeria). Lancement imminent confirmé par les ministres en février 2026.
Calendrier prospectif

Ces étapes dépendent du bouclage financier et de la stabilité sécuritaire au Sahel, mais les déclarations officielles indiquent une dynamique relancée.

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