Dominique de Villepin, l’héritier du gaullisme social : Chirac a-t-il préparé le dernier « Président des Français » ?

Par : Abdelkader Reguig

Il est une figure à part sur l’échiquier politique français. Poète, diplomate, homme d’action, Dominique de Villepin semble appartenir à une autre époque, celle où la politique se vivait comme un grand destin national. À l’heure où les commentaires ne jurent que par la communication et les sondages, beaucoup voient en lui le produit d’un autre âge, formé à la rude école d’un maître : Jacques Chirac.

Loin des querelles partisanes, une idée fait son chemin dans l’esprit des Français en quête de boussole : et si Dominique de Villepin était l’homme préparé, presque prédestiné, pour incarner à nouveau la fonction suprême ? Et si, en réalité, le dernier « Président de tous les Français » avait patiemment enrichi et armé celui qui pourrait redresser la grandeur de la France ?

« Comme ça, c’est l’exemple à suivre »: La rencontre avec le Général de Gaulle

Pour comprendre l’homme, il faut d’abord saisir ce qui l’a construit. Dans une rare confidence, Dominique de Villepin se souvient d’une scène qui a scellé sa vocation.

« Le Général de Gaulle, à quelques mètres de moi, à l’occasion de la communion d’un de ses petits-fils. Et quand j’ai vu cet homme, cet homme droit, je me suis dit : comme ça, c’est l’exemple à suivre. Ça, c’est un homme qui ne s’agenouille devant rien de méprisable. Voilà quelqu’un qui ne recule pas.»

Cette image du Général, droite et inflexible, est la matrice de la pensée villepiniste. C’est l’idée que la France « joue au-dessus de sa catégorie » parce qu’elle a un devoir, une obligation morale. Il s’agit du discours de Phnom Penh, quand de Gaulle dénonce l’ingérence américaine, c’est le courage de mettre fin à la guerre d’Algérie. C’est, pour reprendre ses mots, « un pays qui a le courage de se confronter avec lui-même ».

L’École Chirac : Un héritage politique et humain

Mais cette âme gaullienne, c’est Jacques Chirac qui l’a ancrée dans le réel. Pendant des années, à Matignon puis à l’Élysée, Dominique de Villepin a été le plus proche collaborateur du Président. Il n’a pas seulement appris la mécanique du pouvoir ; il a été imprégné d’une certaine idée de la France, rassembleuse et sociale.

Chirac, c’était l’homme du « pacte républicain », celui qui refusait la fracture sociale. De cette collaboration est né un homme politique apte à prendre les rênes du pays. Villepin a hérité de cette conviction profonde, qu’il exprime avec la vigueur qu’on lui connaît :

« Ne composez jamais avec l’extrémisme, le racisme, l’antisémitisme ou le rejet de l’autre. Dans notre histoire, l’extrémisme a déjà failli nous conduire à l’abîme. C’est un poison, il divise, il pervertit. »

Aujourd’hui, face à la montée des périls et à la banalisation des idées extrêmes, cette voix qui dit « non à l’extrémisme » résonne comme un appel au sursaut. Le « bon combat de la France, c’est celui de l’unité, celui de la cohésion. »

Un mandat pour remettre la France sur rail

Dominique de Villepin incarne une race de politiciens en voie de disparition : celle des hommes d’État pour qui l’honneur prime sur la carrière. Sa détermination, forgée au feu des crises internationales (son refus de la guerre en Irak à l’ONU en 2003 en est le symbole éclatant), et sa vision pour la France sont les outils avec lesquels il pourrait rebâtir une nation fragilisée.

« Oui, nos valeurs ont un sens. Oui, la France est riche de sa diversité. Oui, l’honneur de la politique c’est d’agir d’abord pour l’égalité des chances. C’est de permettre à chacun, à chaque jeune, d’avoir sa chance. Ce combat, malgré tous les obstacles. »

Voilà le programme en quelques phrases. Un programme qui ne vise pas les petits calculs électoraux, mais la refondation. Beaucoup de ceux qui l’observent en sont convaincus : un seul mandat lui suffirait pour « remettre sur rail » la grandeur française.

Alors que le pays cherche une figure providentielle capable de rassembler au-delà des clivages, le « fils spirituel » de Jacques Chirac, l’héritier du gaullisme social, se tient prêt. La question n’est plus de savoir s’il est apte, mais si la France est prête à entendre à nouveau ce langage de vérité et de grandeur.

Par : Abdelkader Reguig

Contact: orarexe@ gmail.com

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