
Par : Mohammed CHOUAKI
Chems-Eddine Hafiz est un avocat Franco-Algérien devenu une figure centrale de l’Islam institutionnel en France depuis sa prise de fonction comme Recteur de la Grande Mosquée de Paris en janvier 2020, où il se positionne comme artisan de passerelles entre l’Algérie, la France et la communauté Musulmane.
Parcours et carrière
• Né en Algérie, il devient d’abord avocat à la Cour d’Alger, puis s’inscrit au barreau de Paris où il se spécialise en droit international des affaires et en droit pénal, en particulier sur les relations économiques entre le Maghreb, les pays Arabes et la France.
• En 2001, il fonde l’Association des avocats Algériens de France, devenue en 2008 l’Association Euro-Maghreb des avocats de droit d’affaires (AEMADA), pour mettre sa compétence au service du rapprochement juridique et économique entre la France et l’Algérie, dont il est aujourd’hui Président d’honneur.
• En 2003, il est élu vice‑Président de la Société des Habous, structure propriétaire de la Grande Mosquée de Paris, puis devient recteur de la Grande Mosquée de Paris en 2020.
Rôle à la Grande Mosquée de Paris
• Comme recteur, il affiche l’objectif de « redonner tout son rayonnement » à la Grande Mosquée de Paris, de renforcer sa visibilité nationale et de promouvoir un Islam pleinement inscrit dans la République, sans ambiguïté sur le respect des lois Françaises.
• Il rappelle que la Grande Mosquée a historiquement un lien fort avec l’Algérie, qui la soutient financièrement depuis les années 1980 « en accord total avec l’État Français », et qu’il entend poursuivre ce modèle en assumant cette dimension historique et institutionnelle.
• Il se présente comme gestionnaire d’une institution religieuse mais aussi culturelle et diplomatique, parlant de « passerelles vertueuses entre la France et l’Algérie » et défendant un discours de modération, de tolérance et de lutte contre l’extrémisme.
Relations avec l’Algérie et le Président TEBBOUNE
• Chems‑Eddine Hafiz s’inscrit clairement dans la continuité des recteurs historiquement proches des autorités Algériennes, expliquant que ses prédécesseurs ont toujours été reçus par les Présidents Algériens et que sa propre relation avec Abdelmadjid TEBBOUNE relève de cette tradition institutionnelle.
• Il reconnaît entretenir des rapports suivis avec le Président TEBBOUNE et plusieurs membres du Gouvernement Algérien, parlant de projets communs destinés à consolider les liens entre la Grande Mosquée de Paris et l’Algérie, et à protéger ce qu’il appelle une relation « historique ».
• Dans des entretiens sur la diplomatie Franco‑Algérienne, il rapporte de manière très personnelle la confiance initiale de TEBBOUNE dans Emmanuel Macron, puis sa profonde déception après la reconnaissance par Paris de la Marocanité du Sahara Occidental, décrivant une « relation claire et simple » voulue par TEBBOUNE mais selon lui trahie par des promesses non tenues du côté Français.
Relations avec les autorités Françaises
• La Grande Mosquée de Paris est, depuis sa création dans les années 1920, un interlocuteur officiel de l’État Français pour l’organisation du culte Musulman, et Chems‑Eddine Hafiz s’inscrit pleinement dans cette tradition de dialogue avec le Ministère de l’Intérieur et les autorités politiques.
• Il a pris part aux grandes consultations lancées par l’État sur l’organisation de l’Islam de France, dans la lignée des travaux engagés dès les années 1990–2000, et se prononce pour un Islam « sans équivoque au sein de la République », c’est‑à‑dire clairement séparé des courants extrémistes et respectueux de la laïcité.
• Il revendique une ligne de coopération avec Paris tout en défendant le maintien des liens financiers et symboliques avec l’Algérie, position qui suscite aussi des critiques dans une partie de la classe politique Française qui accuse la mosquée d’être trop alignée sur Alger.
Image, critiques et défense de son action
• Ses opposants, notamment certains médias Marocains et une partie de la presse Française, le décrivent comme un « agent d’influence » du régime Algérien à la tête de la Grande Mosquée de Paris, lui reprochant d’avoir politisé l’institution et d’en faire un relais de la diplomatie d’Alger plutôt qu’un pur lieu de spiritualité.
• Chems‑Eddine Hafiz répond à ces accusations en parlant de « cabale scandaleuse et infondée » et en mettant en avant la transparence des accords conclus avec l’Algérie, publiés sur le site de la Mosquée, ainsi que son souci de bâtir des relations équilibrées et bénéfiques entre les deux rives de la Méditerranée.
• Il insiste sur le fait que sa gestion vise à moderniser l’institution, à sécuriser ses financements, à renforcer son rôle de référence religieuse contre le radicalisme, et à faire de la Grande Mosquée de Paris un acteur de paix civile au service des Musulmans de France et du vivre‑ensemble.
Chems-Eddine Hafiz, recteur de la Grande Mosquée de Paris, porte des projets concrets visant à adapter l’Islam aux valeurs républicaines Françaises, en promouvant un discours religieux compatible avec la laïcité et en formant des Imams locaux.
Adaptation de l’islam à la France
• Il a lancé en 2023 un groupe de réflexion interreligieux et international (avec Al-Azhar et Zitouna) pour produire un glossaire expliquant les notions Musulmanes souvent mal comprises en France, ainsi qu’une « Charte de Paris » adoptée par les autorités Musulmanes Européennes et Mondiales d’ici mi-2025.
• En février 2026, la Grande Mosquée publie le guide « Musulmans en Occident », fruit de consultations sur les points de crispation (voile, mariage mixte, apostasie), pour concilier pratique islamique et société laïque Française : « expliquer l’Islam à la République et la République aux Musulmans ».
Formation des imams et contre-discours
• Extension des centres de formation d’imams de la Grande Mosquée à plusieurs villes Françaises, dont l’inauguration imminente d’un nouveau site à Vitry-sur-Seine pour offrir des conditions optimales et former des guides spirituels ancrés dans le contexte républicain.
• Engagement d’un « contre-discours religieux » mené par les imams sur les réseaux sociaux et en banlieue, pour vivifier l’Islam tolérant, ouvert et humaniste en harmonie avec la laïcité.
Initiatives culturelles et sociales
• Cycle de conférences en 2025 pour le 120e anniversaire de la loi de 1905 sur la laïcité, participation à la Fête de la musique avec chants religieux traditionnels, et organisation de journées comme celle du 25 novembre 2024 contre les violences faites aux femmes (en partenariat avec l’ONU).
• Soutien à la Charte des principes de l’Islam de France (2021), conditionnant les financements au respect de l’égalité hommes-femmes, et appel à des politiques d’inclusion contre la stigmatisation des Musulmans.
Ces projets s’inscrivent dans une vision d’un « Islam de France » structuré, pacifié et intégré, avec des avancées récentes en 2025-2026.
Épreuve personnelle récente
Au cours du mois de Mars 2026, Chems-Eddine Hafiz a traversé une immense épreuve avec la perte tragique de son fils, un deuil qui émeut profondément la communauté Musulmane de France et tous ceux qui suivent son action.
Dans cette douleur intime, nous présentons au Recteur nos condoléances les plus sincères et attristées, priant pour que Dieu accueille l’âme de son enfant dans Sa miséricorde infinie et apporte consolation à sa famille.
Qu’Allah les soutiennes dans cette épreuve et leur donne la force de la surmonter, entourés de l’affection de leurs proches.
Inna Lillahi Wa Inna Ilayhi Raji’un.

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