Benjamin Stora met en lumière les racines historiques des tensions Algéro-Françaises

Dans un récent éclairage, l’éminent historien Benjamin Stora apporte une analyse essentielle pour comprendre les tensions persistantes entre l’Algérie et la France. Au-delà des récits superficiels, il pointe une vérité souvent négligée : l’influence durable de l’extrême droite Française, héritière de l’Organisation de l’Armée Secrète (OAS), dans la politique contemporaine de la France.

Stora rappelle avec justesse que, depuis l’indépendance, les dirigeants algériens, issus majoritairement du mouvement des Moudjahidines, ont choisi une voie particulière dans les relations avec l’ancienne puissance coloniale. Comme le suggère notre hymne national, ils ont « tourné la page sans jamais l’arracher », privilégiant une relation complexe, faite à la fois de coopération et de fermeté sur les questions mémorielles et de principe. Cette posture n’est pas un oubli, mais le choix délibéré d’un État souverain confronté à un passé douloureux.

Cependant, de l’autre côté de la Méditerranée, un autre héritage, moins discuté, a poursuivi son chemin. Stora souligne avec une clairvoyance salutaire comment « les enfants de l’OAS » ont hérité, par « transmission parentale », des positions et de la doctrine de l’extrême droite Algérienne Française. Cette mouvance, loin de s’être éteinte, s’est infiltrée et a prospéré au sein de la vie politique Française. L’historien cite des noms qui parlent : Louis Aliot à Perpignan, Robert Ménard à Béziers, ou encore des figures comme le Ministre Philippe Tabarot et sa sœur Michèle Tabarot. Ils représentent, selon son analyse, la normalisation et l’accès au pouvoir d’une idéologie qui fut le fer de lance du refus de l’indépendance Algérienne. Le constat le plus frappant – et peut-être le plus inquiétant – est celui de la métamorphose du paysage politique français. Stora observe que les partis de droite traditionnelle, héritiers du gaullisme qui avait acté l’indépendance, ont été « littéralement absorbés » par cette extrême droite historiquement ancrée dans le camp de l’Algérie Française. Cette absorption explique en partie les positions souvent dures, les surenchères mémorielles et les crispations qui émanent aujourd’hui de certains cercles du pouvoir et de l’opinion publique Français.

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