Aucune colonisation n’est éternelle : Le Polisario triomphera  

Par : Mohammed CHOUAKI

Cette requête semble refléter un slogan ou une affirmation pro-Polisario sur le conflit au Sahara Occidental, où le Front Polisario revendique l’indépendance face à ce qu’il qualifie d’occupation Marocaine, en opposition à l’idée d’une colonisation éternelle.

Contexte historique

Le Sahara Occidental fut une colonie Espagnole de 1884 à 1975, avec une résistance nomade précoce. Le Front Polisario, créé en 1973, lança une lutte armée contre l’Espagne, puis contre le Maroc et la Mauritanie après les accords de Madrid (1975), qui partitionnèrent le territoire sans autodétermination.

Statut actuel

Le conflit perdure depuis 50 ans, avec le Polisario contrôlant environ 20-25% du territoire à l’est du mur Marocain, tandis que le Maroc administre le reste et promet une autonomie sous sa souveraineté.

La RASD (République Arabe Sahraouie Démocratique) est reconnue par certains pays Africains et de la Ligue Arabe, mais pas par l’ONU, qui appelle à un référendum d’autodétermination non tenu.

Évolutions récentes

En octobre 2025, la résolution 2797 du Conseil de sécurité ONU a renforcé l’initiative Marocaine d’autonomie comme seule base crédible, marginalisant le Polisario, perçu par certains comme en impasse stratégique et lié à des risques sécuritaires au Sahel. Des sources pro-Polisario insistent sur sa légitimité comme mouvement de décolonisation.

En 2026, le Front Polisario n’a enregistré aucune avancée militaire, diplomatique ou territoriale significative, mais plutôt des reculs dans un contexte de négociations sous pression internationale.

Négociations de Madrid

Les 8-9 février 2026, une réunion secrète à l’Ambassade Américaine de Madrid a réuni Maroc, Algérie, Mauritanie et Polisario. Une “Feuille de route de Madrid 2026” a été validée, prévoyant un comité technique permanent sur le plan d’autonomie Marocain (40 pages détaillées) et un round à Washington en mai ; le Polisario y a été marginalisé, contraint à des discussions techniques sans influence réelle.

Reculs diplomatiques

Le Polisario a retiré sa candidature au Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine pour 2026-2028, perdant un levier régional. La résolution ONU 2797 (octobre 2025) a consacré le plan Marocain comme “seule base crédible”, rejetée par Alger et le Polisario mais soutenue par 120 pays.

Activités internes

En janvier, Brahim Ghali a présidé une réunion à Chahid El-Hafedh pour le programme gouvernemental 2026, axé sur coordination interne face à un “moment sensible”, sans gains concrets rapportés. Le mouvement reste isolé, avec fractures internes et dépendance Algérienne soulignées.

En 2026, sous pression diplomatique intense, le Front Polisario pourrait envisager des concessions limitées dans les négociations à venir, notamment autour de la “Feuille de route de Madrid”, sans abandonner formellement son objectif d’indépendance.

Acceptation conditionnelle de l’autonomie

Le Polisario a signalé une ouverture au plan d’autonomie Marocain (proposé en 2007 et renforcé par la résolution ONU 2797 de 2025) s’il est soumis à un référendum validant les trois options internationales :

indépendance, intégration ou association libre. Cela représenterait un recul tactique, acceptant potentiellement une autonomie élargie sous souveraineté Marocaine si choisie par référendum, comme déclaré par son Ministre des Affaires Etrangères Mohamed Yeslem Beissat.

Compromis institutionnels

Des discussions à Madrid (février 2026) et prévues à Washington (mai 2026) évoquent un partage du pouvoir régional entre Sahraouis Marocains, représentants Polisario et résidents Marocains, incluant gestion dévolue en éducation, santé et culture. Cela impliquerait pour le Polisario de renoncer à un contrôle exclusif des territoires est du mur, en échange de garanties sécuritaires et économiques partielles.

Limites rouges persistantes

Malgré ces signaux, le Polisario rejette toute légitimation de l’“occupation Marocaine” sans autodétermination préalable, refusant négociations préfixées excluant l’indépendance. Son retrait de candidatures à l’UA et isolement croissant pourraient forcer des concessions pragmatiques, mais fractures internes et dépendance Algérienne freinent un accord total.

La proposition élargie du Front Polisario, soumise à l’ONU en octobre 2025, intègre les trois options classiques prévues par le droit international pour l’autodétermination du peuple Sahraoui via un référendum supervisé par l’ONU et l’Union Africaine.

Les trois options détaillées

• Indépendance : Proclamation d’une souveraineté totale pour la République Arabe Sahraouie démocratique (RASD), avec retrait Marocain des territoires contestés.

• Intégration : Annexion complète du Sahara Occidental au Maroc, avec citoyenneté et droits égaux pour les Sahraouis.

• Pacte d’association libre : Autonomie large sous souveraineté Marocaine (similaire au plan d’autonomie Marocain de 2007), avec gestion dévolue des affaires locales et relations bilatérales stratégiques.

Cadre et implications

Cette approche, qualifiée de “bonne volonté” par Brahim Ghali, vise des négociations directes sans préalables, le Polisario s’engageant à accepter le choix majoritaire du référendum pour restaurer la paix régionale. Elle répond aux résolutions ONU (comme 2756 de 2024) tout en maintenant l’indépendance comme option viable, malgré les pressions pour privilégier l’autonomie Marocaine.

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