ANP et nouvel ordre Mondial : Souveraineté Technologique, Guerre Cognitive et Résilience Stratégique

Par : Abdelkader Reguig

Une vigilance constante dans un Monde en rupture

Sur la scène sécuritaire Algérienne, le Général d’Armée Saïd Chanegriha, Ministre délégué auprès du Ministre de la Défense Nationale et Chef d’État-Major de l’Armée Nationale Populaire (ANP), incarne une présence active et déterminée. Fidèle à la politique du Haut Commandement, il veille personnellement à la sécurisation des frontières, à la stabilité intérieure et à la lutte contre les menaces persistantes que sont le terrorisme et le trafic de stupéfiants.

Mais dans un contexte géopolitique en pleine accélération, où les équilibres Mondiaux se recomposent brutalement, le Général de Corps d’Armée Saïd Chanegriha a affirmé, ce jeudi, que l’émergence d’un nouvel ordre Mondial – multipolaire, instable et conflictuel – impose à l’Algérie un renforcement continu de ses capacités géostratégiques et systémiques.

Désormais, c’est la science et la technologie qui deviennent les piliers du devenir de l’ANP.

Un monde en recomposition : les pays du Sud face à leur destin

Présidant l’ouverture des travaux de la 19e session du Conseil d’Orientation de l’École Supérieure de Guerre, le Général Chanegriha a souligné une réalité brutale : les transformations actuelles des équilibres internationaux préparent l’émergence d’un nouvel ordre Mondial, confrontant les pays du Sud à des choix stratégiques complexes. Autrefois périphériques, ces pays deviennent désormais des acteurs ou des enjeux centraux des rivalités entre grandes puissances.

Selon lui, la place d’une nation ne se mesure plus aux gloires du passé, ni à sa seule histoire diplomatique. Elle se joue désormais sur plusieurs fronts simultanés : la capacité à renforcer en continu ses fondements géostratégiques, c’est-à-dire son positionnement, ses alliances et ses ressources ; la puissance populaire et économique comme socle de résilience ; l’adaptation permanente du système de défense face à des menaces hybrides et technologiques ; et surtout, le développement endogène des capacités scientifiques et technologiques, condition sine qua non de toute souveraineté réelle.

Proactivité et résilience : les trois impératifs de l’ANP

Dans un monde instable et turbulent, marqué par la multiplication des crises – énergétiques, alimentaires, sécuritaires, informationnelles – le Général a dégagé trois impératifs stratégiques pour l’ANP.

-Le premier est la proactivité dans la planification, c’est-à-dire la capacité à anticiper les ruptures pour ne plus réagir dans l’urgence.

-Le deuxième est la flexibilité dans la décision, afin de s’adapter en temps réel à des situations mouvantes.

-Le troisième est la mobilisation de toutes les ressources nationales, qu’elles soient humaines, industrielles, technologiques ou cognitives.

Ces leviers constituent, selon lui, la garantie essentielle pour que l’Algérie demeure un acteur présent, influent et respecté sur la scène régionale et internationale.

L’ANP en mutation technologique : cap sur l’autonomie stratégique

Sous la conduite du Président de la République, Abdelmadjid TEBBOUNE, Chef suprême des forces armées et Ministre de la Défense Nationale, l’ANP poursuit une adaptation systémique de son outil de défense. Cette transformation repose sur quatre axes majeurs pour le futur très proche.

-Le premier axe est le développement technologique des systèmes d’armes, qui couvre aussi bien les drones, les missiles, les blindés connectés, la détection avancée que la guerre électronique.

-Le deuxième axe est la qualification des ressources humaines, à travers une formation aux systèmes complexes, le développement d’une culture scientifique et l’adaptation aux outils du futur.

-Le troisième axe est la consolidation des chaînes d’approvisionnement nationales, afin de réduire la dépendance extérieure et d’assurer une résilience logistique.

-Le quatrième axe est la localisation stratégique des industries de défense, par le transfert de technologie, la production locale et une maintenance souveraine.

L’objectif est clair : passer d’une armée équipée à une armée technologiquement souveraine, capable de concevoir, maintenir et faire évoluer ses propres capacités.

La guerre cognitive : un nouveau champ de bataille

Parallèlement à cette mutation technologique, l’ANP investit un domaine tout aussi décisif : la guerre cognitive. Il ne s’agit plus seulement de protéger le territoire physique, mais aussi l’espace mental et informationnel de la nation.

Face à la prolifération des fake news, des manipulations numériques et des campagnes de désinformation ciblant l’Algérie, l’ANP œuvre sur plusieurs fronts. Elle vise d’abord à instaurer une conscience sociétale protégée, critique face aux récits hostiles. L’ANP se coordonne avec le système médiatique national pour démanteler la propagande ennemie. Elle s’attache à révéler les mécanismes de manipulation, qu’il s’agisse de bot farms, d’ingérences étrangères ou de relais locaux. Enfin, elle contribue à l’élaboration d’un récit national unificateur, cohérent et résilient, au service des intérêts vitaux de l’État.

Cette guerre de l’information est désormais considérée comme une dimension à part entière de la défense nationale, au même titre que les frontières terrestres ou l’espace aérien.

Futur très proche :quelles perspectives pour l’ANP ?

À l’horizon 2025-2030, la vision portée par le Général Chanegriha dessine une ANP profondément transformée. L’intégration accrue de l’intelligence artificielle dans la planification et le renseignement deviendra une réalité opérationnelle. La cyberdéfense, tant offensive que défensive, sera érigée en priorité permanente.

L’autonomie énergétique des bases militaires, grâce au solaire, à l’hydrogène ou aux micro-réseaux, renforcera la résilience logistique. La coordination interarmées en temps réel via des systèmes de commandement unifiés permettra une réactivité sans précédent. Enfin, une coopération technologique sélective sera développée avec des partenaires du Sud, dans une logique non alignée mais résolument pragmatique.

L’ANP ne se contente plus de suivre les évolutions mondiales : elle entend les anticiper et les adapter à son génie propre, dans le cadre d’une souveraineté stratégique assumée.

Une armée-pilier pour une Algérie émergente

Le discours du Général Chanegriha ne relève pas de la simple déclaration d’intention. Il trace une feuille de route systémique pour une ANP résolument tournée vers l’avenir, alliant rigueur scientifique dans l’approche des menaces, souveraineté technologique comme bouclier et levier de puissance, et résilience cognitive pour protéger la mémoire et l’unité nationales.

Dans un monde où les règles du jeu changent brutalement, l’Algérie mise sur son armée non plus comme un simple outil de défense, mais comme un pilier central de l’émergence nationale. Une vision claire, exigeante et résolument moderne.

Par : Abdelkader REGUIG – Oran

Contact : orarexe@gmail.com

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