
Par : Mohammed CHOUAKI
De Berlin à Riyad, de Séoul au Vatican, l’Algérie s’impose, en ce début d’année 2026, comme l’un des carrefours diplomatiques les plus actifs du Sud global. Sous l’impulsion du Président Abdelmadjid TEBBOUNE, Alger déroule un agenda international d’une rare intensité, mêlant reconquête économique, affirmation régionale et réhabilitation morale. Après des années de réserve, le pays retrouve le ton et le souffle d’une diplomatie d’équilibre entre fidélité à ses principes et ouverture assumée sur le Monde.
Un calendrier international à haute fréquence
La cadence est soutenue, presque chorégraphiée. Premier acte : Berlin. Le Président TEBBOUNE y sera reçu par son homologue Fédéral et le Chancelier Olaf Scholz, pour une visite placée sous le signe de la relance industrielle et énergétique. Hydrogène vert, coopération mécanique, innovation technologique les deux capitales veulent ancrer leur partenariat dans la durée.
À peine rentré, Alger s’apprête à dérouler le tapis rouge au Président Sud-Coréen Yoon Seok-yeol.
L’enjeu : l’investissement, la manufacture, la transition numérique. L’Algérie regarde la Corée du Sud comme un modèle d’industrialisation fulgurante et veut s’en inspirer dans sa propre trajectoire de diversification.
Mais le point culminant de ce premier semestre viendra de Riyad. La visite du Prince héritier Mohammed ben Salmane devrait sceller une série d’accords d’investissement de plusieurs milliards de Dollars et consolider un axe Arabo-Africain inédit. Entre Alger et Riyad se dessine un partenariat de stabilité, adossé à des valeurs communes : souveraineté, modernité et complémentarité.
Le retour du “centre Algérien”
Ces séquences diplomatiques ne relèvent pas du hasard. Elles traduisent un recentrage stratégique, une affirmation assumée : l’Algérie ne veut plus suivre, elle veut peser. Recevoir successivement des dirigeants venus d’univers aussi différents Europe, Asie, monde arabe, Saint-Siège, illustre la vitalité d’une diplomatie qui parle à tous sans exclusive.
Dans un monde fracturé, où la confiance s’effrite, Alger mise sur sa longue tradition d’ouverture et de dialogue.
Ce que certains analystes appellent désormais
le « centre Algérien » reprend forme : une diplomatie de constance, de médiation et de neutralité active, qui refuse l’alignement et revendique la souveraineté. Dans cette posture équilibrée, l’Algérie incarne à nouveau un espace de rassemblement plutôt que de confrontation.
L’économie, cœur battant de la politique étrangère
Cette renaissance diplomatique s’appuie sur un moteur désormais central : l’économie réelle. Les partenariats en cours avec l’Inde, dont la visite du Premier Ministre Narendra Modi marquera un tournant cette année, visent à relier le Monde Arabe, l’Afrique et l’Asie dans un vaste triangle de co-développement.
Le partenariat avec l’Italie, renforcé après le mois de Ramadan lors de la visite prévue de Giorgia Meloni, prolongera cette logique : bâtir un axe énergétique Euro-Africain de long terme. Quant à la relance du gazoduc TransSaharien Nigeria–Niger–Algérie (TSGP), elle repositionne Alger comme un maillon stratégique de la connectivité énergétique du continent.
Cette « diplomatie par les projets » traduit concrètement la vision de TEBBOUNE : transformer la souveraineté politique en attractivité économique et faire de la stabilité nationale une véritable monnaie d’influence.
Une portée spirituelle et symbolique
C’est aussi sur le terrain des valeurs qu’Alger renoue avec son héritage moral. L’annonce de la visite du Pape Léon XIV, prévue pour le deuxième trimestre 2026, portera un message fort. Le Vatican rend hommage à la tradition Algérienne de coexistence et de tolérance, forgée à travers des décennies de dialogue et de respect mutuel.
Ce rendez-vous historique, au-delà de sa dimension religieuse, conférera à la diplomatie Algérienne une profondeur spirituelle rare, dans un monde où la politique étrangère se réduit trop souvent à des équations de puissance.
Alger, nouveau carrefour du Sud global
De Berlin à Riyad, de New Delhi à Rome, d’Abuja à Séoul, la carte diplomatique de 2026 dessine une Algérie à la croisée des continents. Elle n’est plus périphérie : elle redevient pôle et passage. Dans le nouvel équilibre du Sud global, Alger assume un rôle discret mais structurant point de rayonnement, relais de confiance, facteur de stabilité.
Cette diplomatie ne cherche pas la lumière : elle cherche le poids. Et c’est peut-être là, dans cette assurance tranquille, que se joue le véritable retour de l’Algérie sur la scène Mondiale.

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