Quand « l’amour du pays » devient un acte de résistance : le cri de Robert De Niro face au pari Iranien de Trump

Quand « l’amour du pays » devient un acte de résistance : le cri de Robert De Niro face au pari Iranien de Trump

Par : Abdelkader REGUIG

Quand un pays s’apprête à déclencher une guerre et que ceux qui s’y opposent sont traités d’« anti-patriotes », le vrai patriotisme se cache souvent dans la bouche de ceux qui refusent de se taire.

Robert De Niro est sorti de son silence.

L’icône du cinéma Américain a choisi de critiquer ouvertement la politique du Président Trump au moment même où son administration envisage de reprendre massivement les opérations militaires contre l’Iran. Ses mots ne sont pas seulement la critique d’un dirigeant : ils sont la déclaration d’amour douloureuse d’un homme à un pays qu’il sent               « kidnappé ».

Pendant ce temps, les eaux du Moyen-Orient se remplissent d’une puissance militaire sans précédent. Selon infos Minutes et plusieurs médias, l’armée Américaine déploie trois groupes aéronavals dans la région, des milliers de Marines et de parachutistes sont en position, et des centaines de forces spéciales :dont des Rangers de l’armée et des Navy SEALs ,sont déjà arrivées sur zone.

Trump lui-même reconnaît qu’il envisage une frappe d’une ampleur supérieure à toutes les précédentes, affirmant que l’Iran « n’a pas encore assez souffert ».

Tout cela se déroule à un moment politique délicat : à quelques mois des élections de mi-mandat, le taux d’approbation de Trump est tombé autour de 35 %, et la mince majorité républicaine à la Chambre des représentants est menacée. Certains analystes estiment que le Président cherche à utiliser sa fenêtre de majorité au Congrès avant la fin de janvier et que sa carte politique ne change.

C’est précisément ce calcul politique que De Niro vise. Il sépare radicalement le      « patriotisme » de l’« obéissance aveugle » : « J’aime l’Amérique. C’est justement pour cela que je m’oppose fermement à la politique de Trump. » Il compare cette émotion tordue à celle     d’« une personne maltraitée qui dit aimer son bourreau », une métaphore douloureuse, mais qui décrit avec précision l’état psychologique de nombreux Américains aujourd’hui.

De Niro énumère tout ce qu’il ne peut plus accepter : les guerres stupides et inhumaines, les milliers d’innocents tués, les millions d’autres qui souffrent indirectement, les soins de santé arrachés à des millions de personnes pendant que l’argent enrichit les amis du clan Trump-Epstein, les milices masquées qui tirent sur des citoyens, la torture de voisins, les familles séparées. Sa conclusion est simple et sans appel : « Je ne peux pas aimer un pays dirigé par Donald Trump et un Congrès servile. »

La prise de parole de l’acteur n’est pas un événement isolé. Il soutient publiquement le « Comité pour le premier amendement » et appelle les Américains à « se lever, à faire entendre leur voix, à continuer à s’organiser ». Le nom même de ce comité résonne avec l’histoire : il rappelle la résistance de Hollywood face à la Liste noire au début de la Guerre froide. L’histoire semble se répéter d’une manière troublante.

Certains diront qu’un acteur n’a pas d’importance. Mais De Niro touche à une question centrale : quand un Gouvernement exige le silence de ses citoyens au nom du « patriotisme », le vrai patriotisme ne consiste-t-il pas précisément à refuser ce silence ?

Il y a une tragédie profonde dans sa déclaration : « J’ai aimé ce pays toute ma vie. » Ce n’est pas la colère d’un étranger, mais le chagrin d’un amoureux déçu. Il regrette l’Amérique qui a accueilli ses ancêtres immigrés, celle qui a offert à sa famille, à ses concitoyens et à lui-même tant de possibilités et de libertés extraordinaires. Il veut aimer son pays à nouveau. Il veut retrouver son pays.

Alors que trois porte-avions mettent le cap sur le Moyen-Orient, que les nuages de la guerre s’accumulent à nouveau et que la dissidence intérieure est étiquetée            « anti-patriotique », De Niro a choisi de se lever. Ses mots nous rappellent une vérité essentielle : parfois, le plus profond des amours se manifeste par la plus ferme des oppositions. Et un pays véritablement grand devrait pouvoir supporter un tel amour.

« La paix par l’annihilation »

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