
Par : Mohammed CHOUAKI
La tentative de coup d’État manquée dans la nuit du 28 au 29 août à Niamey n’était qu’une séquence d’un plan plus vaste visant à renverser le régime du Général Abdourahamane Tiani. Deux Chefs rebelles, un parrain Libyen et un financement Émirati : retour sur les coulisses d’une opération de déstabilisation toujours en cours selon plusieurs sources.
Une mutinerie, séquence d’un plan plus vaste
Selon des informations rapportées par L’Algérie Aujourd’hui, la tentative de coup d’État du 28 au 29 août à la base 101 de Niamey a été préparée de longue date et ne constitue qu’un élément d’une stratégie plus large de déstabilisation. Les clés de cette opération seraient entre les mains de la rébellion menée par Moussa Kouani, Chef du Mouvement Patriotique pour la Liberté et la Justice (MPLJ), dont les troupes sont déjà pointées du doigt pour les attaques contre un pipeline en février 2026 et contre des camps militaires du nord-est du pays.
L’objectif : pousser les soldats Nigériens à se révolter contre leur hiérarchie. Le harcèlement des forces armées et le ciblage de sites stratégiques ont fini par excéder certains éléments des forces spéciales, à l’origine de la mutinerie. Le plan resterait actif, avec une vaste campagne de recrutement menée sur les réseaux sociaux, en Arabe, en Français et en Tamachaq, appelant la population à « rétablir la justice ». Le MPLJ opère principalement depuis le territoire Tchadien, ce que N’Djaména dément.
Deux Chefs rebelles, un même parrain Libyen
Le plan s’appuierait également sur un second Chef de guerre, Mahmoud Salah (ou Mahmoud Moussa), commandant du Front Patriotique de Libération (FPL), libéré par le clan Haftar qui le détenait depuis son arrestation dans le sud Libyen. Sa libération serait liée à celle, par Niamey, d’un opposant à Khalifa Haftar. Ancien collaborateur de l’ONG Française Pro médiation, Mahmoud Moussa avait créé le FPL après le coup d’État contre le Président Mohamed Bazoum, avec pour objectif de le rétablir dans ses fonctions.
Cette lecture rejoint les constats d’Africa Intelligence, qui décrit Saddam Haftar, vice-commandant des forces de l’Est Libyen, comme le pivot d’une stratégie régionale visant à affaiblir la junte de Niamey en coordination avec le Président Tchadien Mahamat Idriss Déby. Haftar aurait notamment Libéré, fin juin, l’opposant Nigérien Mahmoud Saleh en échange de citoyens Libyens détenus au Niger, en lui proposant de reprendre les armes contre le Conseil Militaire Nigérien.
Financement Émirati, « bénédiction » Française
Toujours selon L’Algérie Aujourd’hui, Mahmoud Moussa disposerait, grâce au soutien de Saddam Haftar, des moyens de constituer une force de mille hommes entraînés dans des camps du sud Libyen, financée et équipée par les Émirats Arabes Unis, avec la « bénédiction » d’une France qui fournirait le renseignement. Niamey soupçonne Paris d’activer des groupes armés disposant de bases arrière au Bénin, en Côte d’Ivoire et désormais au Tchad, depuis le rapprochement de N’Djaména avec Paris.
Ce récit fait écho au témoignage du Capitaine Nigérien Roger Gabriel, recueilli par Algérie Patriotique, qui affirme avoir reçu dans la nuit du putsch avorté des appels en provenance de France, de Dubaï et de Belgique, ainsi que des messages annonçant l’arrivée de renforts étrangers coordonnés, selon lui, avec les forces spéciales Françaises et présentés comme disposant de « tous les feux verts » au niveau régional.
Niamey sur ses gardes
La Confédération des États du Sahel (AES) a affirmé avoir mis en échec cette tentative de déstabilisation, tout en pointant la « trahison » d’un groupe de soldats Nigériens. Après les attaques contre l’aéroport de Niamey en janvier puis en juin 2026, et la mutinerie de la base 101 fin août, une opération de plus grande ampleur serait désormais en préparation, selon les mêmes sources. Le Général Tiani avait prévenu, dans une intervention télévisée, que « les ennemis du Niger ne vont pas s’arrêter d’essayer de nous frapper, parce que nous leur avons fait mal avec nos décisions souveraines ».
Par : Mohammed CHOUAKI – Lille
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