L’Espagne défie ouvertement le Maroc : Finale du Mondial 2030.

Par : Sofiane CHERFI

Le Président de la Fédération Royale Espagnole de Football (RFEF), Rafael Louzán, a de nouveau revendiqué pour l’Espagne l’organisation de la finale de la Coupe du monde 2030, lors d’une visite à Ceuta le vendredi 4 septembre. Une sortie qui relance frontalement la rivalité avec le Maroc, coorganisateur du tournoi, à moins de quatre ans du coup d’envoi.

Une sortie appuyée depuis Ceuta

En déplacement dans l’enclave Espagnole aux côtés du sélectionneur national Luis de la Fuente et du Président de la ville autonome, Juan Jesús Vivas, Rafael Louzán a martelé qu’il n’y avait « aucune explication logique » à ce que l’Espagne, « double championne du Monde et actuellement numéro un Mondial en masculin comme en féminin », ne soit pas l’hôte de la finale, selon des propos relayés par la radio COPE. « Où va-t-elle se jouer si ce n’est en Espagne ? », a-t-il lancé, tout en assurant vouloir laisser « à la FIFA le soin de prendre cette décision » et en exprimant « tout le respect et l’affection » dus aux autres membres de la candidature.

Le dirigeant a néanmoins refusé de désigner un stade précis, évoquant plusieurs villes Espagnoles encore « à confirmer » — dont Valence et Vigo, que la RFEF souhaite intégrer — et des enceintes toujours en travaux.

Une candidature à « trois continents, six pays »

Rafael Louzán a rappelé que le Mondial 2030 marquera le centenaire de la première édition, disputée en 1930 en Uruguay, et qu’il rassemble aujourd’hui six pays sur trois continents : Espagne, Portugal, Maroc, Argentine, Uruguay et Paraguay, ces trois derniers accueillant les matches inauguraux. Le projet est né en 2018 d’une initiative conjointe Hispano-Portugaise, avant que le Maroc ne rejoigne la candidature en 2023 ; le trio a été officiellement désigné par la FIFA en décembre 2024. Louzán a d’ailleurs insisté sur le poids organisationnel Espagnol, évalué selon lui à « 55 % » du dossier commun.

Un bras de fer qui dure depuis des mois

Cette déclaration s’inscrit dans une escalade verbale entamée dès janvier, lorsque Louzán avait affirmé que              « l’Espagne va diriger ce Mondial 2030 et c’est ici que se jouera la finale », provoquant une réaction indignée dans la presse Marocaine. Le média Le360, proche de l’entourage royal, avait dénoncé une tentative d’« ériger l’Espagne en référence organisatrice » à coups de « pression » et de                  « déclarations unilatérales », tandis que Yabiladi titrait que Louzán voulait              « imposer la finale à l’Espagne ». Face à ces attaques, le Président de la Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF), Fouzi Lekjaa, a maintenu un ton plus mesuré, rappelant à plusieurs reprises qu’« aucune décision n’a été prise à ce jour concernant la répartition des matches », celle-ci relevant exclusivement des « concertations entre les trois pays organisateurs et la FIFA ».

Le ton est toutefois monté d’un cran cet été : en août, Lekjaa a explicitement souhaité voir se disputer « le Maroc contre l’Espagne à Casablanca », une déclaration jugée provocatrice par la RFEF et les autorités Espagnoles.

Bernabéu contre Hassan II, la bataille des stades

Au cœur de la dispute, deux enceintes symboles. Madrid met en avant le Santiago-Bernabéu (85 000 places), récemment rénové, tandis que le Maroc construit à Benslimane, près de Casablanca, le futur stade Hassan II, annoncé à 115 000 places pour un budget de cinq Milliards de Dirhams, ce qui en ferait le plus grand stade de Football au Monde à sa livraison prévue fin 2027. Cet argument de capacité et de spectacle architectural est devenu la pièce maîtresse du dossier Marocain pour arracher la finale aux deux stades Espagnols historiquement favoris, Bernabéu et Camp Nou.

L’affaire a pris une tournure plus sensible début août, lorsque le Times et RMC Sport ont rapporté que le Président de la FIFA, Gianni Infantino, aurait suggéré à la FRMF un soutien à sa réélection en 2027 en échange de l’attribution de la finale au Maroc — une information formellement démentie par la FIFA, qui a qualifié ces accusations de « fausses et trompeuses » et réaffirmé qu’aucun choix n’était arrêté.

Une rivalité qui déborde le terrain sportif

La presse Espagnole souligne que cette querelle sportive s’ajoute à un contexte bilatéral déjà tendu, marqué notamment par la crise migratoire à Ceuta évoquée par Louzán lui-même lors de sa visite. Le Quotidien La Vanguardia observe que la compétition pour la finale, censée au départ symboliser un rapprochement entre les deux rives de la Méditerranée, alimente désormais tout autant la possibilité d’une détente que celle d’une   « spirale ultranationaliste ».

La FIFA n’a fixé aucun calendrier officiel pour trancher le choix du pays et du stade hôtes de la finale, promettant une décision « en temps voulu », après concertation entre l’Espagne, le Portugal, le Maroc et l’instance mondiale.

Sources : Ultima hora – Copé – Elindependiente – Lavozdegalicia – Wikipédia – Ouest-France –  Lebreil     

Par : Sofiane CHERFI – Villeneuve d’Ascq

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