
Par : Mohammed CHOUAKI
Le Ministre Allemand des Affaires Etrangères, Johann Wadephul, a entamé lundi une visite de travail à Alger, un mois seulement après le déplacement du Président Abdelmadjid TEBBOUNE à Berlin.
C’est une visite à haute portée économique et politique que celle qu’effectue, depuis lundi 31 août, le Chef de la Diplomatie Allemande, Johann Wadephul. Et ce un mois seulement après la visite du Président de la République, Abdelmadjid TEBBOUNE, à Berlin en juillet dernier. Cette étape Algéroise s’inscrit dans une tournée Maghrébine qui a débuté par la Tunisie, où le Ministre Allemand a d’abord été reçu par le Président Kaïs Saïed avant de rallier Alger en fin de journée.
Une visite dans le sillage du sommet de Berlin
Ce déplacement n’est pas un simple rendez-vous protocolaire. Il constitue le prolongement direct des entretiens tenus à Berlin en juillet, lorsque le Président TEBBOUNE, accompagné du Ministre Ahmed Attaf, avait rencontré le Chancelier Allemand Friedrich Merz. Les deux pays avaient alors adopté une « Déclaration conjointe sur un agenda stratégique pour le partenariat bilatéral », dont la visite de Johann Wadephul vise précisément à concrétiser les orientations ; Ministère Fédéral Allemand des Affaires Etrangères). Un forum économique Algéro-Allemand s’était par ailleurs tenu en juillet, dont les accords et contrats de partenariat doivent désormais entrer en application.
C’est la quatrième fois depuis sa prise de fonction que Johann Wadephul rencontre ses homologues Tunisien et Algérien, signe de la fréquence inhabituelle des échanges entre Berlin et Alger depuis l’arrivée du chancelier Merz au pouvoir.
Un programme dense entre consultations politiques et rendez-vous économiques
Arrivé à Alger lundi en soirée, Johann Wadephul a d’abord été reçu par Ahmed Attaf, Ministre d’État, Ministre des Affaires Etrangères, de la Communauté Nationale à l’Etranger et des Affaires Africaines, au siège du Ministère. Les deux Chefs de la diplomatie ont mené un entretien en tête-à-tête, suivi d’une séance de travail élargie aux deux délégations.
Mardi 1er septembre, le Ministre Allemand a poursuivi son séjour avec une rencontre matinale consacrée aux hydrocarbures avec Mohamed Arkab, Ministre d’État, Ministre de l’Énergie et des Mines, avant un entretien politique avec le Président Abdelmadjid TEBBOUNE. Une table ronde avec des représentants d’entreprises Algériennes et Allemandes, ainsi qu’un échange consacré au secteur des start-up et de la robotique, complétaient le programme ; diplomatie allemande).
Selon Berlin, cet accueil au plus haut niveau de l’État constitue une marque de considération particulière réservée à un Chef de la diplomatie.
L’énergie, pivot central des discussions
Le dossier énergétique a occupé une place centrale dans les échanges. Johann Wadephul a indiqué vouloir négocier avec Mohamed Arkab des contrats de fourniture de gaz à long terme pour l’Allemagne, présentant l’Algérie comme « une source de gaz supplémentaire et fiable », importante pour les stocks Allemands. Le Ministre a souligné que l’Algérie est déjà « l’un des principaux fournisseurs de gaz de l’Union Européenne », un rôle renforcé depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine et les sanctions Européennes visant les approvisionnements russes
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Au-delà du gaz, c’est l’hydrogène vert qui structure désormais la relation bilatérale. L’Algérie ambitionne de couvrir jusqu’à 10 % de la consommation Européenne en hydrogène à l’horizon 2040, un objectif adossé au projet d’infrastructure « SoutH2 Corridor », destiné à relier l’Afrique du Nord à l’Allemagne via l’Italie et l’Autriche ; diplomatie Allemande). Wadephul a jugé que le potentiel Algérien pour cette production sera « énorme » et que l’importance du pays comme partenaire énergétique de l’Allemagne — nouée depuis 2015 et réaffirmée lors de la visite de TEBBOUNE en juillet — ne fera que croître.
Diversifier au-delà des hydrocarbures : mines, industrie et start-up
Les entretiens Algéro-Allemands ont également porté sur l’élargissement de la coopération à l’industrie, aux transports, aux énergies renouvelables et à l’industrie pharmaceutique, identifiés comme secteurs prioritaires par les deux parties. Berlin met en avant son expertise technologique pour l’extraction et la transformation locale de minerais stratégiques — fer, phosphate, zinc, plomb — tandis que la partie Algérienne cherche à dépasser le simple schéma d’importation d’équipements au profit de la co-production, du transfert de savoir-faire et de contrats d’approvisionnement bancables.
Le secteur des start-ups n’a pas été oublié : le Gouvernement Algérien, qui mise depuis 2019 sur leur promotion, a servi de vitrine, notamment dans le domaine de la robotique, que le Ministre Allemand a pu observer directement. Les deux Gouvernements se sont par ailleurs engagés à activer les mécanismes de coopération bilatérale, à renforcer le cadre juridique des investissements et à resserrer les liens entre leurs milieux d’affaires.
Une dimension régionale et sécuritaire
Les échanges Algéro-Allemands ont abordé les développements au Moyen-Orient et dans la région du Sahel, ainsi que les perspectives de coopération Euro-Méditerranéenne. Sur son volet Tunisien de la tournée, le Chef de la diplomatie Allemande avait insisté sur la nécessité de traiter à la source les causes de la migration en provenance des pays du Sahel — instabilité et fragilité économique — tout en appelant à combattre les réseaux de passeurs, un objectif que Berlin dit poursuivre conjointement avec Tunis et Alger. Johann Wadephul a résumé sa vision de la relation en affirmant : « Nous partageons avec la Tunisie et l’Algérie des intérêts centraux en matière d’économie et de politique de sécurité (…). Ensemble, nous sommes en mesure de faire de la Méditerranée un espace de puissance entre nos continents ».
Ce que cette visite dit de la relation Algéro-Allemande
En se rendant à Alger accompagné d’une importante délégation d’affaires, Johann Wadephul confirme la volonté de Berlin de diversifier ses sources d’approvisionnement énergétique tout en consolidant un partenariat industriel de long terme avec l’Algérie, présentée comme un pôle énergétique et industriel incontournable en Méditerranée. Pour Alger, cette séquence diplomatique — qui fait suite au déplacement Présidentiel de juillet — traduit une stratégie assumée : transformer le statut de fournisseur d’hydrocarbures en position de partenaire industriel intégré, misant sur le gaz, l’hydrogène vert, les mines et l’innovation technologique pour peser davantage dans la relation avec la première économie Européenne.
Sources : justinfodz.com – Deutschlandfunk – diplo – Aps – Anews – Dpa – NAMPA
Par : Mohammed CHOUAKI – Lille
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