Jeux Méditerranéens de Tarente 2026 : le judo Algérien sauvé par l’or de Driss Messaoud Redouane, mais un bilan qui interroge

Par : Mohammed CHOUAKI

Comme cela pouvait être redouté, la Médaille d’Or de Driss Messaoud Redouane aura été l’unique récompense individuelle de l’Algérie en judo à Tarente, malgré la participation d’une douzaine d’athlètes. Une performance individuelle remarquable, certes, mais qui soulève surtout de nombreuses interrogations sur la préparation et la stratégie du judo Algérien.

Dris, seul sur le Podium

Le judoka Algérien Driss Messaoud Redouane a décroché, vendredi, le titre Olympique Méditerranéen dans la catégorie des moins de 73 kg, en battant en finale le Marocain Hassan Doukali sur le score sans appel de 100-0, son adversaire ayant écopé de trois pénalités. Le Podium de la catégorie a été complété par le Kosovar Akil Gjakova et le Slovène Martin Hojak, tous deux Médaillés de Bronze.

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Ce sacre confirme la stature de l’athlète Oranais, déjà triple Champion d’Afrique en titre (2022, 2023, 2024) et déjà Médaillé d’Or à domicile lors des Jeux Méditerranéens d’Oran-2022. Il offre à l’Algérie sa deuxième Médaille d’Or de ces Jeux, après celle glanée en lutte libre par Abdelkrim Ferqat dans la catégorie des 60 kg.

Une Razzia de septièmes places

En dehors de ce titre, le bilan du reste de la délégation est nettement plus terne. Chez les messieurs, Younes Ben Laribi (-60 kg), Kais Moudetere (-66 kg), Abdesselam Belbelhout (-81 kg) et Oussama Kabri (-90 kg) ont tous terminé au pied du podium, à la 7e place de leur catégorie respective, tandis que Zakaria Benatia (-100 kg) et Mohamed El Mehdi Lili (+100 kg) se sont classés 5es.

Chez les dames, le constat est similaire : Rahma Ghalima (-48 kg), Lycia Anaïs Guebli (-52 kg), Amina Berrahoual (-57 kg) et Dyhia Benchallal (+78 kg) ont, elles aussi, achevé leur parcours à la 7e place, sans qu’aucune judokate Algérienne ne parvienne à se hisser sur le podium individuel.

L’élimination en quarts de finale par équipes

L’épreuve par équipes mixtes, disputée dimanche, n’a pas permis de sauver la mise. L’équipe d’Algérie s’est inclinée en quarts de finale face à la Slovénie sur le score de 4 combats à 2, la défaite décisive de Lycia Anaïs Guebli face à la Slovène Ana Skrabl dans la catégorie des moins de 57 kg ayant scellé la qualification slovène pour les demi-finales.

Une préparation qui n’a pas produit les effets escomptés

Ce résultat interpelle d’autant plus que la Fédération Algérienne de Judo (FAJ) avait pourtant mis les moyens en amont de l’échéance. La sélection nationale, forte de douze judokas (sept messieurs et cinq dames) encadrés par le duo d’entraîneurs Ilies Saker et Abdessamad Mazari, avait effectué un stage international à Valence, en Espagne, du 18 au 22 août, multipliant les séances d’opposition face à l’élite Mondiale en guise de répétition générale.

En début d’année, le Président de la FAJ, Yacine Sillini, avait insisté sur la mobilisation de tous les moyens nécessaires — infrastructures, encadrement technique et médical — pour permettre à l’Algérie de s’imposer parmi les nations majeures du judo Africain et Méditerranéen. La fédération avait par ailleurs déjà fait l’objet de critiques plus tôt dans la saison pour son silence et son absence lors de plusieurs compétitions organisées sous l’égide de la Fédération Internationale de Judo.

Au terme de cette échéance, la FAJ a préféré saluer les efforts consentis par les athlètes, présentant ces résultats comme une étape supplémentaire dans leur progression et une occasion de tirer les enseignements nécessaires pour la suite.

Un repli net par rapport aux standards de la discipline

L’accumulation de places de septième et de cinquième, loin des standards habituels de la discipline, contraste avec le palmarès historique du judo Algérien aux Jeux Méditerranéens, où il figure, à égalité avec la natation, au troisième rang des sports les plus pourvoyeurs de titres pour l’Algérie toutes éditions confondues, avec sept sacres, derrière l’athlétisme (33 titres) et la boxe (22). À Tarente, la discipline n’aura donc rapporté qu’une seule breloque, quand la lutte, elle, a bouclé sa participation avec sept médailles.

Au classement général provisoire de ces Jeux Méditerranéens, l’Algérie occupe la 12e place avec 3 Médailles d’Or, 5 en Argent et 12 en Bronze, soit 20 Podiums au total. Un bilan honorable pour la délégation dans son ensemble, mais qui met d’autant plus en lumière la contre-performance collective du judo, appelé, à l’approche des grandes échéances Continentales et Mondiales à venir, à revoir en profondeur sa méthode de préparation.

Sources : APS – El Khabar – Le Soir d’Algerie – En Nahar Online – La Voie d’Algerie – L’Algerie Aujourd’hui – Wikipédia

Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

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