Le Mali à Alger : une victoire pour la stabilité du Sahel et un revers pour les ingérences étrangères

Par : Abdelkader REGUIG

La visite du Premier Ministre Malien, le Général de Division Abdoulaye Maïga, à Alger ce lundi 24 août 2026 marque un tournant décisif pour la stabilité de toute la région Sahélo-Saharienne.

Elle scelle la reprise d’un dialogue fraternel entre deux pays que tout lie et que rien ne saurait séparer durablement, et acte l’échec des tentatives de déstabilisation venues de l’extérieur. Le pari de la rupture entre Alger et Bamako, échafaudé par certains pays aux intentions troubles, a échoué. Nous nous en félicitons.

Un constat géographique et humain indiscutable

Si cette issue favorable doit beaucoup à la vision stratégique et au génie diplomatique du Président Abdelmadjid TEBBOUNE, ainsi qu’à la redoutable efficacité des services de sécurité de l’ANP, en particulier de la DGSI, elle n’aurait pu aboutir sans la solidarité agissante de nos frères Nigériens et Burkinabè. Toutefois, au-delà de ce succès opérationnel, c’est finalement la force des liens humains et l’ancrage géographique qui ont dicté le cours des événements.

L’Algérie appartient à cet ensemble géographique et humain qu’est le Sahel. Nous partageons les plus longues frontières avec le Mali (1 400 km) et le Niger (1000km). Des liens de sang et la prégnance de l’histoire, que les frontières héritées de la colonisation ignorent, unissent nos peuples. L’Algérie, pays pivot de cette sous-région, ne peut se permettre la moindre brouille avec ses voisins. Le Premier Ministre Malien l’a d’ailleurs parfaitement résumé : « le Mali et l’Algérie sont condamnés à cheminer ensemble ».

Un échec des manœuvres de déstabilisation étrangères

Ce rapprochement intervient après des mois de tensions, notamment suite à la dénonciation par Bamako de l’Accord d’Alger en janvier 2024. Des tensions habilement exploitées par des puissances étrangères désireuses de fragiliser l’axe Alger-Bamako. Aujourd’hui, ces manœuvres sont vouées à l’échec.

La visite du Chef du Gouvernement Malien, porteur d’un message du Président de la transition, le Général Assimi Goïta, acceptant de principe une visite officielle en Algérie, est la preuve que notre pays reste un interlocuteur incontournable. Fort de sa connaissance fine des dynamiques locales, l’Algérie reprend sa place de médiateur central au Sahel.

Vers une coopération économique et sécuritaire renouvelée

Ce réchauffement, dans la même dynamique que celle engagée avec le Niger, doit se concrétiser par une intégration économique renforcée. La Sonatrach, pionnière dans ce domaine, est déjà à pied d’œuvre, comme en témoigne l’examen du projet de création d’une raffinerie et d’un complexe pétrochimique à Dosso au Niger.

Le Mali doit aussi bénéficier de l’expertise amicale Algérienne dans le domaine énergétique, mais aussi sécuritaire. L’Algérie, qui a souffert de la machine de déstabilisation actionnée de l’extérieur et qui en connaît le prix, aidera ses frères du Sahel à se défaire du terrorisme qui mine leurs États.

Une vision intégrée pour l’avenir du Sahel

Cette première victoire diplomatique reste insuffisante et fragile tant que tous les États du Sahel ne se retrouvent pas dans un forum de coopération élargi à l’ensemble de la sous-région Sahélo-Saharienne. Nous avons compris que la diplomatie Algérienne s’y consacre et c’est la meilleure voie qu’elle ait à suivre. Il est essentiel d’élargir ce cadre à des pays comme le Nigeria, le Sénégal, le Tchad, la Mauritanie et le Burkina Faso, comme le souligne la stratégie de l’Union Africaine pour la région.

Dans le même sillage, il est dans l’intérêt de l’Algérie de résoudre la crise Libyenne et d’aider la Tunisie à exploiter son potentiel gazier et pétrolier. Le bassin de Ghadamès, confluent gazier et pétrolier aux frontières Orientales des trois pays, est tout indiqué pour raffermir une coopération bénéfique aux trois nations.

L’Algérie, rempart contre les ingérences

Ce rapprochement acte également la volonté de l’Algérie de s’opposer aux projets hégémoniques de certaines puissances étrangères. Les récentes révélations de la presse internationale, notamment du Financial Times, concernant des pratiques qualifiées de     « poussée impériale » en Afrique – prise de contrôle de ports, accaparement de terres agricoles, mainmise sur des gisements miniers, parfois par des moyens militaires – confortent pleinement l’analyse Algérienne.

Ces mêmes sources ont également fait état de transferts massifs et opaques de métaux précieux en provenance de la Banque Centrale Soudanaise, alimentant un marché parallèle évalué à plusieurs dizaines de Milliards de Dollars. Par ailleurs, le soutien logistique et militaire à certaines milices impliquées dans le conflit Soudanais, et dont les exactions ont été documentées, illustre parfaitement le rôle déstabilisateur que l’Algérie n’a cessé de dénoncer sur le continent.

Le repositionnement géopolitique de l’Algérie dans cette sous-région stratégique est la plus belle victoire de ces dernières années. Elle est le fruit d’une diplomatie patiente et d’une vision claire de l’avenir. La reprise du dialogue avec le Mali n’en est que la première étape. D’autres suivront bientôt, avec le Niger, le Burkina Faso, le Tchad et tous les pays du Sahel qui placent la coopération fraternelle et la stabilité au-dessus des ambitions étrangères.

« Les liens du sang sont plus forts que les traités d’encre ».(proverbe Arabe)

Contact: orarexe@gmail.com

Par : Abdelkader REGUIG

Auteur/autrice

Views: 35

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *