
Par : Mohammed CHOUAKI
Une rencontre à Alger au cœur du rapprochement bilatéral
Le Président de la République, Abdelmadjid TEBBOUNE, a reçu lundi à Alger le Premier Ministre Malien et Chef du Gouvernement de transition, le Général de Division Abdoulaye Maïga, à la tête d’une importante délégation Malienne. Cette audience intervient dans un contexte marqué par la volonté affichée des deux pays de renouer le dialogue et de donner un nouvel élan à leurs relations bilatérales.
Abdoulaye Maïga effectue cette visite de travail à l’invitation de son homologue Algérien, Sifi Ghrieb. Au cours de son séjour, il doit également tenir des séances de travail avec les responsables Algériens afin d’examiner les moyens de consolider la coopération entre Alger et Bamako dans plusieurs secteurs d’intérêt commun.
Un message du Président Assimi Goïta
Le Premier Ministre Malien est porteur d’un message du Président de la Transition Malienne, le Général d’armée Assimi Goïta, destiné au Président Abdelmadjid TEBBOUNE. Cette démarche revêt une dimension politique particulière, puisqu’elle traduit la volonté des plus hautes autorités Maliennes de maintenir un canal direct avec Alger et de poursuivre les consultations entre les deux capitales.
La visite intervient après un entretien téléphonique entre les Premiers Ministres Algérien et Malien. Lors de cette conversation, les deux responsables avaient réaffirmé leur attachement aux relations de fraternité, de solidarité et de bon voisinage qui unissent les peuples Algérien et Malien. Ils avaient également exprimé leur volonté de relancer la coopération dans différents domaines.
Le dialogue comme priorité
Cette audience Présidentielle s’inscrit dans une dynamique de rapprochement engagée au cours des dernières semaines. Les autorités Algériennes et Maliennes ont souligné l’importance du dialogue, de la concertation et de la coopération pour dépasser les difficultés ayant affecté leurs relations.
Le Premier Ministre Malien avait récemment évoqué une « convergence totale de vues » entre le Président de la Transition, Assimi Goïta, et le Président Abdelmadjid TEBBOUNE, notamment sur les principes du respect de la souveraineté des États et de la non-ingérence dans les affaires intérieures.
Ces principes occupent une place centrale dans la diplomatie Algérienne, particulièrement lorsqu’il s’agit des crises régionales. Alger défend traditionnellement le règlement politique des différends, la préservation de l’unité des États et la recherche de solutions fondées sur le dialogue.
Le Sahel au centre des discussions
Les relations entre l’Algérie et le Mali revêtent une importance stratégique en raison de la proximité géographique des deux pays et de leur appartenance à l’espace Sahélien. La stabilité du Mali a des répercussions directes sur la sécurité des régions Méridionales de l’Algérie, notamment dans les zones frontalières.
Les discussions entre les deux délégations devraient ainsi porter sur les questions sécuritaires, la lutte contre le terrorisme, la criminalité transfrontalière, la circulation des personnes et le développement des régions frontalières. Les deux pays ont également exprimé leur souhait de renforcer la place du Sahel comme espace de coopération, d’échanges et de développement commun.
Pour Alger, la stabilité du Sahel ne peut être réduite à une réponse militaire. Elle nécessite également des politiques de développement, une meilleure coordination entre les États de la région et une prise en compte des réalités économiques et sociales qui favorisent l’instabilité.
Relancer la coopération économique
La visite d’Abdoulaye Maïga offre également l’occasion d’examiner les perspectives de coopération économique entre l’Algérie et le Mali. Les échanges commerciaux restent en deçà du potentiel offert par la proximité des deux pays, leurs liens historiques et les besoins importants du marché Malien.
Plusieurs secteurs pourraient être concernés par cette relance :
• L’agriculture et la sécurité alimentaire ;
• L’énergie et l’électrification ;
• Les infrastructures et les transports ;
• La santé et la formation professionnelle ;
• Les télécommunications ;
• Le commerce transfrontalier ;
• Les investissements dans les régions du Nord du Mali.
L’Algérie dispose d’une expérience susceptible d’intéresser le Mali dans les domaines de la formation, de la santé, de l’hydraulique et des services publics. De son côté, le Mali représente un espace important pour le développement des échanges Algériens avec l’Afrique de l’Ouest.
La dimension historique des relations
Alger et Bamako entretiennent des relations anciennes, fondées sur des liens historiques, humains et culturels. La frontière commune, les échanges entre les populations et l’héritage des relations Sahariennes ont contribué à maintenir des rapports étroits entre les deux pays.
Le Président TEBBOUNE a déjà insisté sur la profondeur des liens entre les deux peuples, rappelant que l’Algérie et le Mali sont des pays voisins depuis des siècles. Cette proximité constitue un atout pour reconstruire la confiance et créer les conditions d’une coopération plus régulière.
La question Touarègue et la situation dans le nord du Mali ont également constitué, au fil des années, des dossiers sensibles dans les relations entre Alger et Bamako. L’Algérie a historiquement joué un rôle de médiation dans la recherche d’un règlement politique de la crise Malienne, notamment à travers l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger.
Une normalisation progressive
La rencontre entre Abdelmadjid TEBBOUNE et Abdoulaye Maïga est perçue comme une étape importante dans le processus de normalisation des relations Algéro-Maliennes. Le retour des Ambassadeurs et la reprise progressive des contacts officiels ont ouvert la voie à une nouvelle phase de dialogue.
Cette évolution ne signifie toutefois pas que tous les différends ont été définitivement réglés. Les deux gouvernements devront encore traiter des questions de fond, notamment la coordination sécuritaire, la gestion des frontières, la situation dans le nord du Mali et les mécanismes de coopération économique.
La prudence demeure donc de mise. Le rapprochement actuel traduit surtout la volonté politique de rétablir la confiance et d’éviter que les tensions ne compromettent davantage les relations entre deux pays liés par l’histoire et la géographie.
Un signal politique pour la région
La réception du Premier Ministre Malien par le Président TEBBOUNE envoie un signal important à l’ensemble de la région. Elle montre que l’Algérie et le Mali souhaitent privilégier les canaux diplomatiques et les consultations directes pour gérer leurs désaccords.
Dans un Sahel confronté à l’instabilité politique, à la menace terroriste et aux difficultés économiques, le rétablissement d’un dialogue régulier entre Alger et Bamako peut contribuer à réduire les tensions et à favoriser une meilleure coordination régionale. La réussite de cette nouvelle étape dépendra toutefois de la capacité des deux parties à transformer les déclarations politiques en mesures concrètes dans les domaines sécuritaire, économique et diplomatique.
Sources : aps – mali24 – le courrier-d’Algérie – afrik
Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

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