
Par Abdelkader REGUIG
Il aura fallu une année de détention et une mise en scène médiatique digne des plus grandes superproductions pour que le monde découvre ce que les Algériens savent depuis longtemps : Boualem Sansal n’est pas un écrivain, c’est un mercenaire de la plume. Son dernier livre, « La Légende », s’effondre en librairie, emportant avec lui le rêve doré de ses éditeurs.
L’Algérie n’a pas besoin de leçons de morale, encore moins de celles dispensées par un homme qui a passé sa vie à cracher dans la soupe qui l’a nourri. Pendant que Boualem Sansal, 76 ans, rentrait en France auréolé d’une grâce que l’Allemagne s’est empressée de négocier, l’Algérie, elle, continuait de marcher, fière et droite. Fière d’un passé glorieux, d’une Révolution qui a fait trembler les empires, d’une diplomatie qui n’a jamais plié face aux puissants.
C’est ce même pays qui, bien avant que les grandes nations ne daignent ouvrir les yeux, a soutenu les combats justes. C’est l’Algérie qui a porté la voix de l’Afrique du Sud contre l’apartheid quand l’Occident fermait les yeux. C’est l’Algérie qui n’a jamais reconnu les chimères séparatistes, du Sahara Occidental à Taïwan, parce qu’elle sait, mieux que quiconque, ce que l’intégrité territoriale signifie pour un peuple sorti des cendres du colonialisme. C’est cette Algérie-là que Sansal a tenté de salir, pensant que ses mots, payés au prix fort par la machine Bolloré, auraient raison de notre unité nationale.
Mais le peuple Algérien n’est pas dupe. Et les chiffres parlent : le 20 août, Nielsen BookData annonce 48 000 exemplaires vendus sur un tirage initial de 150 000. Un échec retentissant. Un désastre pour Grasset et Hachette Livre qui avaient pourtant sorti le chéquier : un à-valoir de 1 Million d’Euros. Un Million pour ce récit bâclé, « écrit en quarante jours » comme on crache une insulte. Un Million pour une légende que l’auteur voulait imposer, mais que les lecteurs, eux, ont refusé d’acheter.
De l’Or en barre pour un pamphlet brouillon
Sansal pensait que la polémique suffirait à faire oublier la vacuité de son œuvre. Il a joué la carte du martyr, de l’écrivain persécuté, du Don Quichotte moderne. Mais Don Quichotte se battait contre des moulins ; Sansal, lui, s’est attaqué à un peuple entier, à une nation qui a toujours été du bon côté de l’Histoire. Sauf que le peuple Algérien, contrairement aux moulins de la Manche, sait répondre. Et il a répondu par le silence. Par l’indifférence. Par le désamour.
Les critiques les plus honnêtes, même celles favorables à sa cause, le reconnaissent : le livre est confus, brouillon, hâtif. La rage y supplante l’intelligence, le ressentiment y tue la littérature. Mais comment pourrait-il en être autrement quand on écrit sous la dictée de la haine ? Quand on transforme une procédure judiciaire légitime – l’Algérie a des lois et elle les applique, y compris contre ceux qui menacent sa sûreté – en une « année noire dans les geôles algériennes » ?
Le peuple Français a tranché
L’éditeur, lui, a rempli son contrat. Les plateaux télé, les dossiers de presse, les interviews fleuves, tout y est passé. On a vu ce vieil homme fatigué distribuer les bons points à la droite Française qui l’encense, et les mauvais à la gauche qui, elle, a eu le tort de peser ses mots avant de défendre un homme dont les déclarations sur les frontières Algériennes avaient été tenues dans un média d’extrême droite. Belle compagnie, pour un défenseur de la « liberté d’expression ».
Mais le public, lui, n’est pas un troupeau. Il lit, il juge, il tranche. Et en achetant cet ouvrage, il aurait donné du crédit à une vision falsifiée de l’Algérie, cette terre de justice et de révolution. Il a préféré se tourner vers d’autres horizons. Laisser Sansal et ses amis Parisiens parler dans le vide.
L’Algérie regarde ailleurs, sereine
Pendant que certains s’émeuvent du sort d’un écrivain qui a choisi son camp il y a longtemps, l’Algérie continue de tracer sa route. Elle sait que son honneur ne se joue pas dans les colonnes des magazines Français ni dans les comptes de vente de Grasset. Son honneur, elle le puise dans son histoire, dans sa Révolution, dans ce combat constant pour la justice et l’intégrité.
Sansal voulait une légende. Il n’a laissé qu’un pamphlet de plus, un cri de colère perdu dans le bruit médiatique. Il a reçu un Million d’Euros, mais il n’a pas l’attention des siens. Il a eu la lumière, mais pas l’amour.
Dans son « enfer carcéral », l’homme a peut-être cru qu’il écrivait l’histoire. Mais l’Histoire, celle qui compte, celle des peuples libres, s’écrit sans lui.
L’Algérie, bastion des révolutionnaires, gardienne des causes perdues, n’a pas besoin de la légende d’un homme qui ne l’a jamais comprise.
« La légende d’un homme ne pèse pas lourd face à la mémoire d’un peuple. »
Par : Abdelkader REGUIG
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