
Par : Dr Sofiane CHERFI
Avec la tenue de sa réunion constitutive fin juin 2026 à Alger, le Haut Conseil des Scientifiques de la Communauté Algérienne à l’Etranger est officiellement entré en scène, emmené par des figures de premier plan comme le Physicien Noureddine Melikechi, désigné Vice-Coordinateur.
Une instance placée sous le signe de l’excellence
Créé par décret Présidentiel lors du Conseil des Ministres du 21 juin 2026, ce Haut Conseil a pour vocation de mobiliser l’expertise de la Diaspora Scientifique Algérienne au service du développement national.
Lors de sa première réunion, le 28 juin au Pôle scientifique et technologique Abdelhafid Ihaddaden de Sidi Abdallah, 24 des 31 membres étaient présents physiquement, tandis que sept autres, dont Noureddine Melikechi, ont participé par visioconférence.
La Coordination Générale est assurée par Elias Zerhouni, ancien Directeur des National Institutes of Health (NIH) aux États-Unis, tandis que Noureddine Melikechi en assure la Vice-Coordination, aux côtés d’autres scientifiques de renom comme Belgacem Haba.
Noureddine Melikechi : un profil à la croisée de la science et de la stratégie
Physicien Algéro-Américain originaire de Thénia (Boumerdès), Noureddine Melikechi s’est imposé comme l’une des figures les plus visibles de la Diaspora Scientifique Algérienne.
Formé à l’USTHB avant d’obtenir un Doctorat en optique quantique à l’université du Sussex (Royaume-Uni), il a construit une carrière internationale marquée par :
• la direction du Kennedy Collège of Sciences à l’Université du Massachusetts Lowell (UMass Lowell), où il occupe également des fonctions de haut niveau en matière académique et de recherche ;
• une implication directe dans deux missions martiennes de la NASA, Curiosity et Mars 2020, pour l’analyse spectroscopique des données de la planète rouge ;
• le développement de la technique Tag-LIBS, permettant la détection précoce de cancers et de maladies neurodégénératives par laser ;
• plus de 125 publications scientifiques, 15 brevets et plusieurs distinctions, dont trois prix NASA.
En juillet 2025, il avait déjà initié un partenariat stratégique entre l’Algérie et UMass Lowell, lors d’une réunion présidée par le Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Kamel Baddari.
Des missions claires : ponts, veille et transfert de technologies
Le Haut Conseil Scientifique de la Diaspora a reçu un mandat précis, centré sur trois axes majeurs :
• établir des ponts durables entre les universitaires et chercheurs Algériens de l’étranger et les institutions nationales (universités, centres de recherche, entreprises) ;
• mettre en place une veille scientifique et technologique pour identifier les tendances, les opportunités et les besoins prioritaires de l’Algérie ;
• faciliter le transfert de technologies modernes et de savoir-faire vers le pays, notamment dans des secteurs stratégiques comme la santé, l’énergie, les technologies de l’information et l’industrie.
Selon les orientations Présidentielles, cette instance devra également contribuer à la modernisation de l’université Algérienne, en s’appuyant sur la double connaissance de ses membres : le système universitaire national et les grandes universités internationales.
Une démarche structurante pour la politique scientifique nationale
La création de ce Haut Conseil s’inscrit dans une volonté politique affirmée de « reconnecter » avec les cerveaux Algériens expatriés, longtemps perçus comme une ressource sous-exploitée.
En plaçant cette structure sous la tutelle directe de la Présidence de la République et en lui donnant une grande autonomie d’organisation, les autorités entendent :
• offrir un cadre institutionnel pérenne à la contribution de la Diaspora scientifique ;
• passer d’initiatives ponctuelles à une stratégie intégrée, avec des projets concrets et des partenariats structurants ;
• envoyer un signal fort aux jeunes chercheurs et ingénieurs Algériens, en montrant que l’excellence à l’international peut se traduire par un impact direct au pays.
Avec des profils comme Elias Zerhouni, Noureddine Melikechi ou Belgacem Haba, le Haut Conseil Scientifique de la Diaspora dispose d’une crédibilité internationale immédiate. Reste maintenant à traduire cette légitimité en programmes opérationnels, en co-tutelles de thèses, en laboratoires communs, en incubateurs conjoints et en projets industriels concrets.
Par : Dr Sofiane CHERFI – Villeneuve d’Ascq
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