
Par : Mohammed CHOUAKI
La diplomatie Algérienne ne se négocie pas au gré des conjonctures. C’est le message clair, presque pédagogique, que porte la dernière prise de parole du Ministre des Affaires Etrangères et de la Communauté Nationale à l’Etranger, Ahmed Attaf, en écho direct aux orientations du Chef de l’État : « La position Algérienne n’est pas dictée par des calculs circonstanciels ni par des rapports de force, mais bien par la légitimité internationale, la légalité et les principes. »
Une boussole, pas un baromètre
Dans un environnement régional secoué par les recompositions d’alliances, les jeux d’influence et les crises en cascade, Alger choisit de se définir non pas par réactivité, mais par référence. La position Algérienne, telle que résumée par la formule « pas de calculs circonstanciels », se veut une boussole : elle indique une direction, pas une adaptation permanente aux vents contraires.
Cette posture s’incarne dans plusieurs dossiers structurants :
• Le Sahara Occidental, où l’Algérie maintient son appui au droit à l’Autodétermination du peuple Sahraoui, en cohérence avec les résolutions Onusiennes et les positions de l’Union Africaine, sans céder aux pressions ni aux tentatives de marchandage.
• Le Sahel, où Alger privilégie les solutions politiques, le dialogue inclusif et le respect des souverainetés, refusant toute logique de blocs ou d’interventions extérieures.
• La Palestine, où la position Algérienne reste ancrée sur la solution des deux États et la reconnaissance pleine et entière de l’État Palestinien, indépendamment des fluctuations diplomatiques régionales.
Fidélité aux principes, marge de manœuvre stratégique
En réaffirmant que sa diplomatie n’est pas guidée par des intérêts immédiats ou des alliances opportunistes, l’Algérie entend :
• consolider sa crédibilité internationale, en apparaissant comme un État cohérent, fiable et attaché au droit ;
• préserver sa souveraineté de décision, en refusant d’être instrumentalisée dans des jeux régionaux ou globaux ;
• envoyer un signal fort à son opinion publique et à sa Diaspora, pour qui la constance diplomatique est un élément de fierté nationale.
Derrière la formule « pas de calculs circonstanciels », il y a donc à la fois une affirmation de principe et une stratégie : celle d’une diplomatie qui assume de ne pas être toujours « dans le coup », mais qui entend rester maîtresse de son cap, de ses alliances et de ses priorités.
Une ligne qui se veut durable
Cette doctrine ne vise pas à impressionner par son intransigeance, mais à durer. En refusant de lier sa politique étrangère à des enjeux de court terme, l’Algérie cherche à se positionner comme un acteur stable, capable de peser sur le long terme, même si cela implique de ne pas toujours être au centre des jeux immédiats.
« Une diplomatie de principes, pas d’opportunités » : la formule pourrait résumer l’ambition d’une Algérie qui entend rester fidèle à son histoire, tout en se projetant dans un ordre international qu’elle souhaite davantage fonder sur le droit que sur la force.
Par : Mohammed CHOUAKI – Lille
Views: 1