
Par : Mohammed CHOUAKI
Une vaste opération de renouvellement du parc national de transport public de voyageurs est en cours en Algérie, avec le retrait définitif des bus âgés de plus de 30 ans et un dispositif d’aides conséquent pour accompagner les transporteurs dans cette transition.
Contexte et lancement de l’opération
Le retrait des bus de plus de 30 ans a officiellement débuté dans plusieurs wilayas du pays, suite aux instructions du président Abdelmadjid TEBBOUNE et du Ministère de l’Intérieur, des Collectivités Locales et des Transports. Cette mesure intervient après une série d’accidents graves, dont le drame d’Oued El-Harrach qui a fait 19 morts, et vise à moderniser le parc national estimé à plus de 84 000 bus.
Le plan Gouvernemental prévoit deux phases : d’abord le retrait sous six mois de tous les véhicules de plus de 30 ans (environ 5 400 à 5 500 bus), puis celui des bus de plus de 20 ans (près de 27 000 unités).
Procédure de retrait et dépôt des dossiers
Les transporteurs concernés — ceux disposant de bus datant de 1996 ou antérieurs — sont invités à se rapprocher des directions des transports de leur Wilaya, du dimanche au jeudi, pour déposer leur dossier de remplacement.
Le dossier doit comprendre :
• une demande de remplacement du bus ancien par un véhicule neuf ;
• la décision d’exploitation des services originale ;
• la carte horaire ou la carte des itinéraires originale ;
• la carte grise originale du véhicule.
Après dépôt, le transporteur reçoit une première attestation lui permettant de déposer le véhicule ancien auprès de la Société Nationale de Récupération (SNRV). Une seconde attestation lui est ensuite délivrée pour engager les démarches d’acquisition d’un nouveau bus, notamment via un financement bancaire auprès d’un opérateur agréé.
Les aides et avantages pour les transporteurs
Pour faciliter le renouvellement du parc, l’État a mis en place un dispositif incitatif complet :
• Aide directe de l’État : 20% de la valeur d’acquisition d’un nouveau bus ;
• Contribution de l’acheteur : 10% du prix du véhicule ;
• Exonération des droits de douane ;
• Exonération de la TVA ;
• Échelonnement du paiement : le montant restant peut être réglé par échéances sur une période allant jusqu’à 10 ans.
Ces mesures visent à alléger la charge financière des transporteurs et à accélérer le renouvellement du parc.
Importation et production locale
Parallèlement, l’Algérie a fixé la feuille de route pour l’importation de 10 000 nouveaux bus, dont 4 680 destinés à remplacer les plus de 30 ans et 5 320 pour le remplacement partiel des bus de 20 à 30 ans. Plusieurs marques internationales ont annoncé leur intention de produire des bus en Algérie, dans le cadre d’une stratégie visant à développer l’industrie locale et réduire la dépendance aux importations.
Contrôle et sanctions
Des commissions mixtes ont été installées au niveau de chaque Wilaya pour inspecter l’état des véhicules encore en circulation. Seuls les bus validés par ces inspections — structure, carrosserie, équipements intérieurs, dispositifs de sécurité — seront autorisés à rouler. Des sanctions sévères sont prévues pour les transporteurs récalcitrants qui ne respectera pas les délais de retrait.
Perspectives
À plus long terme, le Gouvernement ambitionne de renouveler l’ensemble du parc national de bus dans un délai maximal de trois ans, avec un objectif de modernisation, de sécurité accrue et de confort pour les usagers.
Par : Mohammed CHOUAKI – Lille
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