
Par : Abdelkader REGUIG
Né le 10 décembre 1928 à Meknès, Maurice Buttin était un homme de foi et de combat. Après des études de droit et son inscription au barreau de Rabat en 1954, il défendit dès les heures sombres du Protectorat les nationalistes Marocains. Cette fidélité à la cause des opprimés le conduisit à devenir l’avocat historique de la famille Ben Barka, une mission qu’il porta avec une obstination inébranlable durant plus de soixante ans.
Son plaidoyer aux Assises de la Seine en 1966 dans l’affaire de l’enlèvement de Mehdi Ben Barka lui valut l’exil : le Maroc lui interdit le retour pendant dix-sept ans. Cet exil ne le fit pas renoncer. Il s’inscrivit au barreau de Paris et poursuivit, avec une ténacité rare, la quête de vérité sur la disparition du leader tiers-mondiste, empêchant l’instruction de s’enliser face aux obstructions politiques.
L’artisan d’une paix réelle au Proche-Orient
Dès juin 1967, Maurice Buttin engagea un second combat, qu’il qualifiait de « mission impossible » : la défense des droits nationaux du peuple Palestinien. Aux côtés de Maxime Rodinson, il fut l’un des premiers intellectuels Français à alerter sur le sort des Palestiniens.
Son engagement s’incarna dans la création d’associations de solidarité et, surtout, dans la Présidence du Comité de Vigilance pour une Paix réelle au Proche-Orient (CVPR-PO). Par des conférences, des colloques et des lettres ouvertes aux Présidents de la République, il interpella sans relâche les pouvoirs publics pour la reconnaissance de l’État de Palestine. Jusqu’à ses derniers jours, à près de 100 ans, il publia des ouvrages pour rétablir les faits et promouvoir une paix fondée sur le droit international.
Sa foi Chrétienne profonde fut le moteur de cet optimisme inébranlable. Il voyait dans la reconnaissance des droits Palestiniens un impératif de justice humaine et divine. Cet engagement lui valut d’être fait citoyen d’honneur de la Palestine.
Un héritage de lumière
La famille Ben Barka témoigne de l’homme : plus qu’un avocat, il était un « frère », un ami dont la joie de vivre et l’espérance restent un héritage. En ce 9 août 2026, sa disparition laisse un vide immense, mais son œuvre demeure. « Souhaitant que le Seigneur lui permette de connaître la vérité sur le sort de Mehdi », Maurice Buttin nous lègue une leçon de fidélité : celle d’un homme qui n’a jamais cessé de croire que la justice finit toujours par triompher.
Que son âme repose en paix.
Par : Abdelkader REGUIG
Contact: orarexe@gmail.com
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