Des agents du renseignement Marocain identifiés parmi les flux migratoires

Par : Mohammed CHOUAKI

La Garde Civile Espagnole affirme avoir identifié, grâce à son système de vidéosurveillance frontalière, des agents des services de renseignement Marocains infiltrés parmi les dizaines de milliers de personnes ayant franchi illégalement la frontière vers Ceuta début août 2026. Selon des sources de l’État-Major de l’Institut armé citées par le quotidien El Español, ces individus ont été repérés en temps réel alors qu’ils se mêlaient aux groupes de migrants, dans une opération que Madrid qualifie de « guerre hybride » orchestrée par Rabat.

Contexte : une crise migratoire sans précédent

Du 30 juillet au 2 août 2026, plus de 70 000 personnes ont pénétré dans l’enclave Espagnole de Ceuta en franchissant la frontière terrestre avec le Maroc, dans ce qui constitue la plus grande entrée massive de migrants jamais enregistrée sur le territoire Espagnol. Le Gouvernement Espagnol a réagi en déployant l’armée et en installant une barrière pneumatique flottante de 500 mètres pour freiner les traversées à la nage. Le Premier Ministre Pedro Sánchez a dénoncé une « violation de l’intégrité territoriale » de l’Espagne, pointant une instrumentalisation politique des flux migratoires.

Les révélations de la Garde civile

Selon les investigations de la Garde Civile, publiées par plusieurs médias Espagnols et relayées dans la presse Algérienne et internationale, les agents Marocains ont été identifiés dès les premières heures du jeudi 30 juillet 2026, grâce aux caméras thermiques et haute définition déployées sur le périmètre frontalier. Ces individus, vêtus en civil, circulaient au sein des foules de migrants, jouant le rôle de guides, collectant des informations et coordonnant visuellement la traversée.

Les autorités Espagnoles soulignent que ce phénomène n’est pas isolé : la Garde Civile affirme avoir déjà détecté la présence de membres des services de renseignement Marocains lors de précédentes crises migratoires à Ceuta et Melilla.

Objectifs présumés de l’infiltration

D’après les sources consultées par El Español, la présence de ces agents avait un double objectif :

• Superviser sur place l’entrée massive de migrants et recueillir des informations en temps réel sur le dispositif de sécurité Espagnol.

• Observer la réponse opérationnelle des forces de sécurité Espagnoles et suivre l’évolution des événements depuis le terrain.

Pour les enquêteurs Espagnols, une opération d’une telle ampleur, qualifiée de « guerre hybride », ne pouvait être menée sans la participation active des services de renseignement Marocains.

Réactions et tensions diplomatiques

Ces révélations interviennent dans un contexte de fortes tensions entre Madrid et Rabat, exacerbé par la crise migratoire et les enjeux géostratégiques autour du détroit de Gibraltar. Certains médias Espagnols désignent Fouad Ali El Himma, proche conseiller du Roi Mohammed VI, comme possible « cerveau » de l’opération, bien que rien n’ait été officiellement confirmé à ce stade.

Du côté Marocain, les autorités n’ont pas officiellement commenté ces accusations, mais la presse Pro-Gouvernementale a minimisé la portée des révélations, les qualifiant de « campagne de désinformation ».

Conséquences humanitaires et sécuritaires

La crise de Ceuta a fait au moins 88 morts, selon des sources policières et de renseignement Espagnoles, et des centaines de migrants se trouvent encore dans l’enclave sans solution à court terme. Sur le plan sécuritaire, l’Espagne a renforcé sa présence militaire et déployé des dispositifs technologiques avancés pour surveiller la frontière, tandis que la diplomatie Européenne s’inquiète d’une possible escalade des tensions avec le Maroc.

En résumé

Les révélations de la Garde Civile Espagnole sur la présence d’agents du renseignement Marocain parmi les flux migratoires à Ceuta confirment, selon Madrid, une stratégie d’instrumentalisation politique des migrations par Rabat. Cette crise, sans précédent par son ampleur, place l’Espagne et l’Union Européenne face à un défi majeur : concilier contrôle des frontières, gestion humanitaire et préservation des relations diplomatiques avec un voisin stratégique.

Par : Mohammed CHOUAKI – Lille

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