
Par : Mohammed CHOUAKI
Lors d’un récent voyage en Algérie, Patrick Bruel s’est rendu au cimetière Israélite de Bologhine (Saint-Eugène), dans la banlieue Ouest d’Alger, pour se recueillir sur la tombe de Roger Hanin, qu’il appelle son « papa de cinéma ». Ce moment, chargé d’émotion et de symboles, a marqué la dernière étape d’un retour aux sources après soixante ans d’exil.
Un mentor et un lien entre deux mémoires
Né à Tlemcen en 1949, Roger Hanin, célèbre pour son rôle du commissaire Navarro, est mort en 2015 à Paris avant d’être inhumé à Alger, conformément à sa volonté, aux côtés de son père. Pour Patrick Bruel, lui aussi né en Algérie (à Tlemcen) avant de quitter le Pays à l’âge de 3 ans, Hanin a été bien plus qu’un partenaire de tournage : « Il a été le lien entre les rapatriés et les Algériens, et puis c’était mon premier papa de cinéma », a-t-il confié à France Inter.
Leur rencontre remonte à 1978, sur le plateau du Coup de sirocco d’Alexandre Arcady, où Bruel, alors âgé de 18 ans, décroche son premier rôle en incarnant le fils de Narboni, le personnage joué par Hanin. « Il était mon premier papa au cinéma, la première personne à qui j’ai donné la réplique », a souligné Bruel, évoquant la bienveillance et la pédagogie de Hanin qui lui a « ouvert les portes d’un plateau » et lui a appris le métier.
Un retour aux sources, entre mémoire familiale et mémoire collective
Le voyage de Patrick Bruel en Algérie, réalisé en compagnie de sa mère, l’a conduit de Tlemcen à Oran, avant de s’achever à Alger par ce pèlerinage sur la tombe de Hanin. Dans les déclarations qui ont suivi, il a insisté sur l’accueil qu’il a reçu : « Tu es ici chez toi », lui ont répété des Algériens, une phrase qu’il a dite avoir profondément touché.
Se recueillir sur la sépulture de Roger Hanin a ainsi pris une dimension à la fois personnelle et collective : hommage à un mentor, mais aussi reconnaissance d’une figure ayant incarné, par son parcours et ses engagements, un pont entre la communauté des rapatriés et l’Algérie contemporaine.
Les funérailles Algéroises de Roger Hanin, une première portée symbolique
En février 2015, les obsèques de Roger Hanin à Alger avaient déjà été marquées par une forte symbolique : haie d’honneur de la Protection civile Algérienne, inhumation dans l’intimité familiale au cimetière Israélite de Saint-Eugène, et hommage officiel du Président Abdelaziz Bouteflika saluant « un symbole de l’amitié entre les peuples Algérien et Français ».
Le geste de Patrick Bruel, des années plus tard, réactive cette dimension : il s’inscrit dans un travail de mémoire croisée, où le cinéma, l’exil et les racines Algéroises se rejoignent.
Par : Mohammed CHOUAKI – Lille
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