
Par : Mohammed CHOUAKI
Pour la première fois, la Communauté Nationale établie à l’étranger dispose de douze Députés à l’Assemblée Populaire Nationale. Élus début juillet 2026, ces nouveaux représentants ont été installés le 2 août. Retour sur leurs profils, leurs circonscriptions et les enjeux qui attendent cette représentation renforcée.
Une représentation parlementaire inédite
La 10e législature marque un tournant pour les Algériens de l’étranger. Adoptée au printemps 2026, la réforme du régime électoral a porté le nombre de sièges réservés à la Diaspora de 8 à 12, afin de mieux refléter la densité et la dispersion géographique de la Communauté Nationale hors des frontières.
Le 2 juillet 2026, des Millions d’Algériens inscrits sur les listes électorales Consulaires ont été appelés aux urnes pour désigner leurs représentants. Les résultats officiels, publiés au Journal Officiel fin juillet, ont dévoilé la liste des douze Députés qui siégeront à partir du 2 août 2026.
Huit zones, douze élus : une carte électorale repensée
Les douze sièges sont répartis entre huit circonscriptions électorales couvrant l’ensemble des zones de présence Algérienne : plusieurs découpages en Europe, une circonscription pour le Maghreb et l’Afrique, une pour les Amériques, une pour l’Asie et l’Océanie, ainsi qu’un siège pour l’Europe du Sud et un pour l’Europe du Nord.
Cette géographie vise à rapprocher les Députés des réalités locales : services consulaires, investissement, mobilité étudiante, protection sociale, mais aussi questions de double Nationalité et de participation politique.
Les douze Députés, zone par zone
Zone 1 – Paris et Île-de-France
Djelloul Beddari (FLN) et Youssef Djaffar (RND) sont les deux nouveaux Députés chargés de représenter les Algériens de la région Parisienne et de l’Île-de-France, première concentration de la Diaspora en Europe. Leur circonscription couvre notamment les Consulats de Pontoise et l’antenne de Creil, ainsi que Beauvais.
Zone 2 – Nord et Est de la France
Nouar Boukhars (El Moustakbal) et El Djemai Nedjah (RND) portent la voix des communautés établies dans le Grand Est et les Alpes (Chambéry/Grenoble, Besançon). Cette zone, marquée par une forte présence ouvrière et étudiante, est un enjeu clé pour les politiques de retour et d’investissement.
Zone 3 – Sud de la France
Mohamed Abidat (FLN) et Foudil Djoudi (indépendant) représenteront les Algériens du Sud, répartis notamment autour de Saint-Étienne, Vichy et La Grand ’Combe (Gard). Cette circonscription, historiquement très active sur le plan associatif, attend des Députés qu’ils facilitent les démarches administratives et les projets de développement local.
Europe du Sud
Smaïl Belila (FLN) est le Député de l’Europe du Sud, une zone qui inclut l’Espagne, l’Italie, le Portugal et les Pays Méditerranéens. Cette circonscription, historiquement marquée par une émigration ancienne, est un levier pour les questions de regroupement familial, de retraite et de patrimoine.
Zone 4 – Maghreb et Afrique
Abdelmalek Cherifi (FLN), basé en Côte d’Ivoire, est le seul Député élu au titre de l’ensemble du continent Africain (hors Maghreb strict). Sa mission : porter les dossiers spécifiques aux entrepreneurs, commerçants et étudiants Algériens installés en Afrique, dans un contexte de relance des partenariats économiques sud-sud.
Amériques – Montréal (deux sièges)
Abdennebi Dadou (FLN) et Mehdi Houhou (liste indépendante) sont les deux Députés de la Diaspora Nord-Américaine, dont le siège est fixé à Montréal. Ils auront à traiter les questions de double nationalité, de reconnaissance des diplômes et de soutien aux projets de retour au pays.
Asie et Océanie – Doha, Qatar
Mouna Laadjal (El Binaa) représente les Algériens installés dans le Golfe, en Asie et en Océanie. Sa circonscription, très dispersée, concentre des enjeux liés aux travailleurs qualifiés, aux étudiants et aux cadres expatriés.
Europe du Nord – Londres, Royaume-Uni
Fares Rahmani (El Moustakbal) est le Député de la zone Europe du Nord, dont le siège est à Londres. Cette circonscription couvre le Royaume-Uni, l’Irlande et les pays Scandinaves, où la Diaspora Algérienne est plus récente mais très dynamique sur le plan associatif et professionnel.
Des enjeux qui dépassent les clivages politiques
Les douze députés de la Diaspora, issus de formations variées (FLN, RND, El Moustakbal, El Binaa, listes Indépendantes), partagent un agenda commun : améliorer les services Consulaires, simplifier les démarches administratives, faciliter l’investissement et renforcer les liens entre la Diaspora et le Pays.Leur arrivée à l’APN intervient dans un contexte de réouverture du débat sur la place des Algériens de l’étranger dans la vie politique nationale, notamment sur la question du vote à distance et de la participation aux élections Présidentielles.
Un test pour la nouvelle législature
L’installation de ces douze Députés, le 2 août 2026, marque le début d’une nouvelle dynamique parlementaire. Leur capacité à faire émerger des textes concrets, à interpeller le gouvernement sur les dossiers de la Diaspora et à travailler en réseau avec les autres élus sera un indicateur clé de la réussite de cette réforme.
Pour les millions d’Algériens établis à l’étranger, ces douze voix au Parlement sont plus qu’une représentation symbolique : c’est une opportunité de peser sur les décisions qui façonnent leur quotidien et leur lien avec l’Algérie.
Par : Mohammed CHOUAKI – Lille
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