L’Algérie face à 2050 : Pourquoi élaborer un Livre Blanc de la sécurité alimentaire ?

Par : Dr Amina Salhi

L’année 2050 n’est plus un horizon lointain. D’ici là, la planète comptera près de Dix Milliards d’habitants, les ressources en eau seront davantage sous pression, les effets du changement climatique seront plus marqués et les exigences des marchés internationaux continueront d’évoluer.

Dans ce contexte, une question mérite d’être posée : l’Algérie dispose-t-elle aujourd’hui d’une vision stratégique à très long terme exclusivement consacrée à la sécurité alimentaire ?

Au-delà des programmes sectoriels, il pourrait être utile d’engager une réflexion nationale autour d’un Livre Blanc de la sécurité alimentaire élaboré avec la participation des institutions publiques, des universités, des centres de recherche, des professionnels et des organisations concernées.

Un Livre Blanc n’est pas un simple rapport. C’est un document de référence qui permet d’identifier les défis futurs, de proposer plusieurs scénarios d’évolution et de formuler des recommandations fondées sur des données scientifiques afin d’éclairer les décisions publiques.

Ce document pourrait répondre à plusieurs questions essentielles :

* Comment renforcer durablement la résilience alimentaire de l’Algérie ?

* Quels investissements scientifiques seront prioritaires à l’horizon 2050 ?

* Comment adapter les filières agroalimentaires aux évolutions climatiques ?

* Quels métiers et quelles compétences devront être développés ?

* Comment améliorer la qualité des produits tout en renforçant la compétitivité des entreprises ?

Le Livre Blanc pourrait également intégrer des indicateurs de suivi, des objectifs mesurables et des évaluations périodiques, afin que les politiques publiques puissent évoluer au rythme des nouveaux défis.

Une telle démarche favoriserait le dialogue entre les chercheurs, les décideurs, les entreprises et les territoires. Elle contribuerait à transformer les connaissances scientifiques en orientations stratégiques au service du développement national.

Dans un monde où les crises se succèdent, les pays qui progressent sont souvent ceux qui planifient sur le long terme, évaluent régulièrement leurs politiques et adaptent leurs décisions aux réalités nouvelles.

L’Algérie possède des compétences scientifiques reconnues, une jeunesse qualifiée, des ressources naturelles importantes et une ambition de diversification économique. Rassembler ces atouts autour d’une vision commune constituerait un levier supplémentaire pour renforcer la sécurité alimentaire et soutenir un développement durable.

Préparer l’avenir ne consiste pas à prédire demain avec certitude. Il s’agit de créer dès aujourd’hui les conditions qui permettront de répondre avec efficacité aux défis de demain.

Le véritable enjeu n’est peut-être pas de savoir ce que sera la sécurité alimentaire en 2050, mais de décider, dès maintenant, comment nous souhaitons la construire.

Par : Dr Amina Salhi – Alger

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